‹ Les monuments de ToulouseChapitre 66 sur 84 · J-2 LES .^lO.NUMENTS DIÎ TOLLOLSC · texte numérisé non relu

J-2 LES .^lO.NUMENTS DIÎ TOLLOLSC

en i53o, avait élevé au revers des altières murailles d'aspect féodal la tourelle d'escalier oîi s'épanouit une des premières et des plus belles œuvres de l'art nouveau.

La porte s'encadre dans deux pilastres couverts de ramures et de figurines. Au-dessus du linteau, deux lions héraldiques de superbe allure et de facture énergique se dressent en appuyant leur patte non sur un blason, comme on pouvait s'y attendre, mais sur une urne funéraire, parce que le président venait de perdre son fils. C'est au-dessus qu'apparaît le blason familial, une tour d'armes parlantes, surmontée de la devise en fins caractères sur une banderole : Esto mihi Domine tiirris fortitudinis a facie inimici. La nouvelle construction qui remplaçait l'ancienne tour d'escalier et en avait utilisé les portes ne fut pas achevée. A côté, on voyait une fenêtre en croix, Qnement sculptée, , sur le mur fort inutilement démoli sur une longueur de 3 mètres pour le percement de la rue Ozenne, car on sera obligé de le rebâtir pour l'alignement de la rue !

HÔTEL Maynier et Jean Burxeï. --^ Un autre Roquette possédait la maison d'angle slu^ la rue du Vieux-Raisin, aujourd'hui de Languedoc. En i52i, elle appartenait à l'avocat Béringuier- Mayhier, capitoul en i5i5, mort en i52o. 11 éleva le pavillon qui, SLU' la rue d'Aussargues, sépara les deux façades, et ouvrit les deux petites fenêtres sur lesquelles on lit la légende qui constate ses succès et ses profits oratoires : Toguti Maynerii sedes.lingiia constnidx flore ni. Il était ainsi fier de son œuvre et semblait prévoir la renommée qu'elle garderait (fins Favenir pour avoir ouvert une noLivelle voie à l'architecture toulousaine. Il construisit la tourelle d'escalier, la porte couverte des orucmcnlations de ramures, avec la devise au-dessus du linteau en anse de panier qui exprime l'essor intellectuel et artistique de l'humanisme naissant : V'wUar iinjeiiio cœlera inurtis eriint. Mais l'habileté du sculpteur pour faire courir rornenientation exquise des enroulements de rinceaux entre les délicates moulures des portes

MAISONS ET HOTELS. SjO

et des fenêtres ne se maintient plus lorsqu'il traite la l'orme humaine, ainsi que le montrent les petits génies supportant un blason. Béringuier- Maynier ouvrit aussi les fenêtres analogues de la travée voisine et celles qu'on voit sur la façade du jardin (aujourd'hui rue Ozenne), l'une avec ses initiales, surmontée de deux cintres en forme de coquilles.

Le corps de logis entre les deux tourelles d'escalier, reconstruit de façon vulgaire indigne d'elles, devait être élevé dans le même goût.

En i5/i7, l'hôtel fut vendu au greffier civil Jean Burnet, qui conqiléta la cour par les deux ailes sur lesquelles s'ouvrent les fenêtres encadrées de cariatides sculptées dans un sentiment de vie intense avec une science consommée de l'anatomie, œuvre d'un arl fougueux, vraiment dranialiqne selon le caractère spécial de la scul|)liire loulonsaine à ti-avers les siècles. An-dessus de ces figures de si forlc saillie, des balustres roiiiieiil Télage siipc'ricur et, sous ra|)|)iii des caitoiiclies sciiIpU's, i-('piés('iil('iit (les peisoimag'es inylliologicpies.

. — (laiiiilido façade de .1 . !■

(rnnc

FiG. 212. — Façade clevcc par Jean Burnct, à droite dans la cour.

FiG. ai/i.

Un cùlé de la clicniinéc.

Des arcatures à consoles Iréflces, tradition des màclîicoulis Aoisins de lliôtel de Tornoër, couronnent richement les niurs. La galerie au milieu de laquelle s'ouvre la porte d'entrée unit les deux ailes sur la rue. Elle est ornée aussi de sculptures toufliies avec ligures mythologiques, cartouches décoratits et blasons des Burnet, un dragon ailé. Une terrasse disposée au-dessus, entre deux pavillons aux lignes harmonieuses, complète le séduisant ensemble de cette cour qui unit les caractères de la Renaissance dans les premières origines à Toulouse avec cenx de ses dernières années.

Jean Burnet compléta dans la grande salle de son hôtel la cheminée dont Béringuier- Maynier avait dressé les montants avec enroulements de ramures. 11 fit sculpter la moitié supérieure, plus chargée, oi^i des petits génies portent son blason, qu'il couronna d'un fronton surmonté d'un autre génie dominateur et l'arcade en retrait. Les deux renaissances s'unissent ainsi sur cette cheminée comme dans la cour de l'hôtel. La Renaissance fût l'ère des belles cheminées. Plusieurs sont" encore conservées à Toulouse, mais les toits plats de tuiles n'ont pas donné l'occasion d'élever les élancements des cheminées . extérieures et les lucarnes qui décoren t si élégamment les combles aigus des

maisons et châteaux du centre ou du nord de

la France., i

IIÔTEL BE Pins. — Bientôt après les pre-

MAISONS ET HOTELS

mières apparitions de la Renaissance aux hôtels de BéringTiier-Maynier et de Tornoëi% Jean de Pins^ évèque de PJeux, faisait construire, vers i53o, à la rue des Meilles-Hunyères , plus tard des Chapeliers, aujourd'hui de Languedoc, un hôtel dont les arcades cintrées de la cour à pénétrations encore gothiques, accostées de tètes en saillie, yiennent d'être utilisées pour la décoration de deux cours nouvelles, l'une à la même place, l'autre à la rue Saint-Etienne, n" lo. C'est comme un symbole de l'alliance entre les deux arts, celui qui finissait et celui qui montait sur de nouveaux horizons radieux. Le poète Jean Voulté, dans son admiration pour la maison de l'érudit prélat, son ami, la comparaît à rOlympe, exprimant ainsi l'ivresse des humanistes pour les expressions nouvelles des sentiments littéraires et artistiques.

Jean de Pins mérite bien que les lignes consacrées à son bel hôtel soient accompagnées de quelques autres sur lui-même.

Ce Toulousain fut une de ces intelligences à vaste envergure que produisit le seizième siècle. Né en 1/170, il étudia dans sa ville natale, à Poitiers, Paris, Bologne, fut ordonné en 1/197, l'L^^iiit à Bologne oi^i il consacra encore cinq années à perfection ner ses connaissances littéraires et juridiques. Louis XII le nomma conseiller-clerc au Parlement de Toulouse, François P' le charoca de soutenir les droits de la France

Vu:. .'uS.

Moiilanl (le la chcniiiR'C.

StS

dans la çlisnission avec le Pape qui aboutit an concordat de i5i6, pnis le délègue à Aeiiise oii, and)assadenr clairvoyant, il réussit

FiG. Tifi. — T'n nngle do la cour de l"F](Mcl do Pins, i53o.

à délacluM' les \énitiens de la maison (rAulriclie; ambassadeur à liome, il réussit égalenieiil, et Tévùcbé de iiieux lui fut attribué

par François I" reconnaissant. Mais avant de se rendre à son diocèse (i523), il apporte à Fontainebleau la collection de tous les manuscrits grecs et latins qu'il avait recueillis de toutes parts en Italie, et avec Lascaris et Budé forme la Bibliothèque du roi. A Toulouse, oii il se rendait souvent, où il mourut le jour de la Toussaint i537, il fut l'ami des humanistes qui dirigeaient dans la cité palladienne la plus vive impulsion que l'esprit français eût reçue depuis le christianisme. Il aima les arts autant que les lettres. On n'est pas surpris de le voir faire appel, pour la construction de son logis, à notre grand architecte de la renaissance, Nicolas Bachelier. C'est grand dommage que l'on n'ait plus que des débris épars.

HÔTEL d'Ulmo. — C'est encore vers la môme époque que s'éleva à la vieille rue de Guilhem-Hunault, devenue la rue Ninau par la contraction du moindre effort, l'hôtel que possédait récemment encore la famille de ScAdn. Il a été souvent cité sous ce nom qui est celui d'un Toulousain honoré par le succès de ses études à Vieille-Toulouse où il révéla une inscription romaine des plus antiques de la Caule, puis aux arènes romaines de Blagnac dont il put, en fouillant largement, relever le plan et indiquer la date.

Le registre inanusci'it, orné des portraits en aquarelle des parlementaires peints sous la direction d'Hilaire Pader et plusieurs môme par lui, attribue l'hôtel à Jean de Ulmd, qui lui aussi avait transformé, en le latinisant, son nom d'Olmières. Le magistrat, devenu quatrième président à mortier par la résignation de son parent Georges d'Olmières, avait été déjà en mauvaise postui-e avec le l^arleinent lorsqu'en i536, après de nouvelles malversations, il fut condamné à ôtre dégradé, mis au pilori de la place Saint-Georges et emprisoimé au château de Saint-Malô. Faut-il voir une marque des premières difficultés avec ses collègues dans l'inscription an-dessns de la porte d'nne lom'elie d'escalier, à gauche de l'enti'ée : Diiriiin ixilicncid fraïKjo'.^ Le profil en médaillon an-dessus semble hien èlre de ce moment, maigre son

encadrement un peu lourd, mais il paraît aussi n avoir pas été fixé d'abord à cette place. L'hôtel a été en effet fort remanié.

FiG. 217. — Porche de l'Hôtel de Jean de Ulmo, rue Ninau.

Joseph de Malafosse Tattrilniait à Pantaléon Jaulbert, tiersprésident de iBaS à i5/i7, qui le posséda ensuite, fit peut-être

FiG. 218. — IIôIpI de Aiiiaiid de l')i'ii(('llcs. cnpildul. vers i5'i'i.

coiistriiiro le porche et mourut en i5'i8. 11 fut édifie crabord dans la première période de la renaissance toulousaine. L'escalier à double volée droite, couvert au dernier étage d'une voûte

FiG. ■in). — ll(~)tol de Brucelles, porte de la lour.

encore gothique, est le premier (jui remplace à Toulouse la vis du Moyen âge dont on a au im excellent spécimen dans l'hôtel de Tournoër. Le porche élégant qui le précède est un charmant

MAISOiSS ET HOTELS.

morceau avec ses colonnes ioniques et son dôme surmonté d'un vase de fleurs.

Il peut très bien être attribué à cette époque. Il couAdent de signaler au-devant de lui les deux pierres qui servaient de montoirs et aidaient les magistrats à grimper sur leurs mules , et aussi les larges éteignoirs aux côtés de la porte pour Textinction des torches.

Les fenêtres ont perdu leurs meneaux en croix. Il ne reste "que les consoles en pierre au-dessous des bandeaux, analogues à celles des fenêtres de l'hôtel de pierre qui date de i538. La construction est très sobre, a part le porche.

Elle a été d'ailleurs très modifiée.

La galerie au-dessus de la porte d'entrée joignant les deux ailes est analogue à celle de l'hôtel de Jean lîuniot. Elle est soutenue aux extrémités par deux trompes. On y accède par une tourelle latérale et par le corps de logis du sud.

Le ])i('ini(M' pi'ésident de Ficubel, iiioil (Ml i()i(», ('(lilia

FiG. 2r>o. — llôlcl (le Bnu^cllcs. la lour.

LES iMONmlENTS DE TOULOUSE.

le fronton central auprès duquel s'élève dans Fangle une tourelle sur trompe de la preuiière constructiou.

HÔTEL DE Brucelles. — Les tourelles d'escalier que s'empressaient d'élever les capitouls, le plus souvent marchands enrichis par le traA^ail, comme pour remplacer les tours féodales abattues par Simon de Montfort, caractérisent en effet surtout le quartier du négoce. La plus élégante est celle d'Arnaud de Brucelles, rue des Changes, n° 28. La porte timbrée des armes parlantes du capitoul entré en charge en i54/i, les deux ailes d'un vol, est surmontée de six fenêtres au-dessus desquelles s'élancent des figures à mi-corps qui semblent inviter à entrer. Des galeries à fines balustrades joig-nent l'escalier à un second corps de logis sur lequel s'ouvrent des larges fenêtres encadrées de pilastres cannelés plus lourds. Cette riche ornementation est enfermée dans une cour très exiguë.

(( Étroit espace », disait Joseph de Malafosse, qui nous paraît aujourd'hui bien insuffisant. C'est que l'on ne poLivait guère

FiG. 221, — Hôtel de la Alamniye, galerie.

MAISONS ET HÔTELS. 385

songer à s'établir au large dans cette rue où se prenaient des changeurs. Le plan adopté est, au reste, celui de toutes les maisons marchandes du quinzième siècle, Viollet-le-Duc Ta parfaitement résumé : façade sur la rue avec boutique et couloir latéral dégageant une cour intérieure ; au fond de cette cour, deuxième corps de logis parallèle au premier ; dans un angle, tour d'escalier reliée par des galeries aux divers étages du corps contre lequel elle n'est pas accolée. C'est un étonnement profond qui vous saisit lorsque, au sortir de l'étroit couloir. Ton se trouve en face de cette haute tourelle s'enlevant au-dessus des toits du quartier, étayant de mignonnes fenêtres et des bustes qui ressortent vigoureusement sur le rouge de la brique.

HÔTEL DE LA Mammye. — Trois étages de galeries plus solennelles, d'allure purement classique par l'ascension traditionnelle des trois ordres, se déploient aussi sur une cour étroite de la rue de la Dalbade, n" 3i . Elles sont dues à Guillaume de la Mammye, conseiller au Parlement de iBaS à i566. La tour d'escalier à vis qui les précède conserve sous la niche, pour le lumignon, une chauve-souris en cul-de-lampe d'un charmant travaih Des pénétrations gothiques persistent aussi dans les deux travées des galeries.

Les galeries de la Mammye comme la cour de Pins et autres hôtels sont en pierre, luxe très grand dans notre ville. On est déjà loin des œuvres d'art des architectes gothiques qui les premiers avaient orné de quelques lambeaux de pierre ciselée le rouge des murs de briques.

HÔTEL DE CiiEVERRY. — A la ruc Malcousiuat, n° /i, le conseiller au Parlement de Gheverry transforma, bientôt après i/i35, l'ancien logis des Buisson par deux corps de bâtiments percés de fenêtres à double étage de colomiettes, remplacées sur une fenêtre (le la premièi'e coin; i)ar de Unes cariatides.

HÔTEL DE Berîvuy. — Mais deux hôtels plus importants datant du règne de François I" signalent le début du style nouveau et le développement d'un art monumental spécial à Toulouse, Thôtel

de Beriuiy et riiôlel Jean de Bagis.

FiG. 22 2. — La devise des Bernuy : si deus puo kobis.

Toulouse, destinée par sa situation géographique à devenir une ville d'entrepôt, attira des commerçants des pays voisins. Vers la fin du quinzième siècle, Jean de Bernuy vint de Burgos pour entreprendre le fructueux négoce du pastel, qui lit donner aux contrées des pays toulousains et albigeois où il s'exei'çait, le nom de pays de cocagne, des coques, coco5, petits amas odorants, semblables à des gâteaux, de la précieuse crucifère, exposés au soleil pour les faire sécher. Mais au pastel se joignaient dans les caves du riche marchand plusieurs autres produits de vente et d'échange.

Il se logea dans le mouton, vis-à-vis l'église des Jacobins, cerné par les rues Peyrolières, plus tard des Balances, Bretonnières, aujourd'hui Lakanal, et Malbec. Dès i5o/i, il passa un bail avec Guillaume et Jean Picart père et fils, et Aymeric Cayla,

MAISONS ET HÔTELS

maîtres maçons, pour la construction d'une maison avec salles voûtées, fenêtres sculptées et créneaux.

l'ii;: :>.■>::>. — l'oilc de ril('i(('l lîci-iii

De celte |)r('iiiirr(' consliiiclioii rcsieiil la Ijk-.kIc sur la nie, le couloir Aonl(' (|iii coiidiiil à la seconde cour, la lourc'lle (Tescalier et la façade de celle cour e\|)os('e an le\anl, nionlr;

-a ni

FiG. 324. — Tour d'escalier, ancienne cour Bernuy.

encore ses faux mâchicoulis que devaient SLU^nionter les créneaux disparus.

La porte présente en effet les caractères du temps de Louis XII, arcade en anse de panier surmontée d'un arc en accolade encadrée de pinacles prismatiques. Dans le tympan, un petit ange déploie Line banderole sur laquelle est inscrite la devise des Bernuy : Si Deus pro nobis, et au-dessous, deux autres angelots soutiennent un médaillon avec le monogramme du Christ, remplacé depuis peu par une 'f^i tête insignifiante qui figure singulière- §lrJÏ: Il ment entre les pointes de la couronne d'épines. Au-dessus des crosses gothiques de l'arc se détachent les têtes saillantes hors des murs cjue les premières années du siècle multiplièrent comme une invite hospitalière, image aimable de la Renaissance séductrice. On voit deux portes d'ordonnance analogue, l'une de profds amaigris à la tourelle d'esca- H lier dans la cour de la maison de Pierre Seguy, seigneur de Chaussas, petite rue Saint-Rome, n" A*, l'autre, celle de la Trésorerie, et aussi a Pamiers, dans l'ancienne maison d'aspect encore gothique et montrant de même des têtes émergeantes.

Trois fenêtres à meneaux en croix et une plus petite surmontent la porte, et au-dessus s'ouvrent trois petites baies carrées.

MAISONS ET HOTELS. 889

Le couloir, voûté crogives, a perdu ses clefs pendautes, mais non ses calots, traités avec une vaillante finesse dans les formes de la Renaissance, supportant les retombées, en unissant les deux arts.

La tourelle hexagone d'escalier s'ouvre par une porte en anse de panier, reconstruite, et s'éclaire par des fenêtres hardiment percées sur l'un des angles, et une figure engageante s'échappe au-dessus de chacune d'elle. Cette disposition singulière s'adapte ingénieusement à l'éclairage de toutes les marches de la vis tournante et n'en laisse aucune dans l'ombre. On la retrouve dans quelques autres escaliers de cette époque et jusqu'à la fin du siècle sur celui du conseiller au Parlement de Guillermy, rue Nazareth, que la percée de la rue Ozenne vient de mettre en vue.

La balustrade, en saillie sur une collerette de faux mâchicoulis, se compose d'élégantes arcatures de gothique finissant. Des gargouilles rejettent l'eau tombant sur le dallage. De ce sommet l'on jouit d'une vue curieuse sur la grande église dominicaine et les nombreuses tourelles capitulaires du quartier. Une tourelle ronde monte, à la hauteur de la troisième fenêtre, au-dessus d'une trompe dont un amour supporte les voussures. Elle se termine par une flèche aiguë.

Le calcaire de Roquefort a beaucoup souffert des pluies d'ouest, et les pierres de la porte ont dû être remplacées. 11 venait du confluent du Salât et de la Garonne, et fut employé presque uniquement pour les moiRunenls loulousains, jusqu'aux jours où les chemins de fer ont amené gi'ès et calcaires de régions plus lointaines, surtout le calcaire de Pons eu ('Jiareiile-lnférieure.

Une façade, où l'on voit des fenêlres en croix, a été a\euglée en partie par la reconstruction moderne du corps de logis qui la joignait à la lonr d'escalier. La belle jioi'te, encadrée par nne robuste torsade et des guirlandes d(> branches érodées, a élé ainsi mutilée. An-dessns des nioulnres, s'inq)ose an\ r(\i;ards le superbe lion enroiM(' dans la handerole qu'il serre dans ses

Sgo

griffes et où s'inscrit en fins caractères la devise Si Deiis pro nobis. C'est un des plus beaux morceaux de la sculpture toulousaine, mais il paraît être venu d'une autre place.

FiG. 225. — Un angle de rilôtel Bernuy, cour d'enlrce. (Date i53o gravée sur le soubassement de la première colonne à gauche.)

La prospérité de Bernuy s'accroissait. Il avait été nationalisé

MAISONS ET HOTELS

en 1009 et était devenu seigneur de Paleficat et de Lasbordes. Il s'était allié à Tune des plus puissantes familles toulousaines en épousant Marguerite du Faur. Après Pavie, il servit de caution à François P"".

Il voulut augmenter la splendeur de son hôtel et, en i53o, ainsi que l'indique une date inscrite sur le stylobate d'une colonne à droite de la porte, il fit construire par le lapicide Louis ^ Privât les façades intérieures de la cour d'entrée.

Les deux qui restent sont d'une élégance exquise. Sur le revers de la façade, une porte cintrée accostée de deux colonnettes aux fûts très ornementés, une arcade et une logette pour la cage de l'escalier sont surmontées d'une galerie avec balustres finement ouvrés et trois arcatures inégales faisant communiquer les deux corps de logis latéraux. Les cours de Toulouse de la Renaissance montrent des variétés très artistiques de ces galeries , ])our lesquelles les maîtres de maison prodiguaient le plus de recherche et de luxe. Au-dessus, une frise est ajourée de trois œils-de-bœuf, et une galerie ouverte, avec balustres de bois, se continue par celle du corps de logis voisin. Elle régnait autrefois sur les ([iialre côlés de la cour.

Eu équeire avec celle façade, celle

I)('lails d'une colomiclle.

og:

qui est exposée à roiiest s'ouvre, au rez-de-cliaiissée, par uuc graude arcade surbaissée butaut contre les murs du sud el du nord, couverte d'une voûte à caissons avec clefs pendantes normales à la courbe. Deux fenêtres carrées à meneaux en croix, encadrées par des colonnes composites cannelées, s'épanouissent

¥iG. 227. — IIôlcl Bcrnuy, arcaturc de la cour d'honneur.

entre les balustres et la frise, et la façade se couronne par la galei'ie à balustres de bois. Deux têtes d'homme et de femme faisant flotter des banderoles se détachent dans les écoinçons de la grande arcade. La porte au-dessous d'elle, donnant entrée dans le couloir YOLité d'ogives, s'encadre dans des montants et une corm'clie ornementés par le goût le plus raffmé du style François l". La richesse et la délicate élégance s'unissent dans cet ensemble, qui vient d'être sobrement restauré — ou plutôt consolidé — ]iar M. Baudot, architecte des monuments historiques, el (\u'\ a été moulé tout entier pour le Musée du Trocadéro.

Le nom du maître de l'œuvre, Louis Privât, est purement français, comme presque tous ceux qui ont été récemment retrouvés dans les registres de l'hôtel de ville, et même méridional. L'artiste a puisé aux mêmes inspirations qui guidaient ceux des bords de la Loire, mais il n'était pas aussi habile constructeur qu'élégant ornemaniste. La voûte de la grande arcade s'était affaissée; les joints de la pierre, au lieu d'encadrer les caissons, comme une

FiG. 228. — Sous la grande arcature, personnage inconnu.

menuiserie, passent parfois au milieu et sont ainsi en désaccord avec l'appareillage. Les architectes de la Renaissance ne surent pas toujours conserver les fortes et logiques méthodes de la construction gothique et les adapter à leurs conceptions nouvelles.

Sous la voûte de cette grande arcade, dans une situation bien choisie, est un buste de personnage sculpté avec grand soin au milieu d'un caisson. C'est une exception dans la voûte. Toutes les autres rosaces sont des reliefs inspirés d'imitations llorales.

Ce buste serait-il un portrait d'artiste, l'architecte ou le sculpteur, serait-ce celui de Bernuy?

La cage d'escalier de l'hôpital Sauta-Cruz, à Tolède, construit peu d'années auparaAant, offre des ressemblances avec la cour de Jean de Bernuy. Il n'est pas impossible que Louis Privât l'ait Aue. Les communications artistiques entre les deux royaumes étaient constantes à cette époque, ainsi qu'au Moyen âge, comme le montrent plusieurs cathédrales, de celle de Saint-Jacques de Galice à celle de Léon et de Pampelune.

Si l'art français de la première Renaissance puisait déjà dans l'antiquité quelques-uns de ses éléments, il les interprétait et les transformait pour les plier à des goûts nouveaux, loin de les copier servilement, comme il arriva bientôt. En s'inspirant, il demeurait original. Les pédants ne s'y trompaient pas, et l'humaniste Boissoné, visitant l'hôtel avec la reine de Navarre, ne manquait pas d'observer qu'il était bâti contre les règles de Vitruve.

Le fds de Jean de Bernuy vendit l'hôtel en i556, à Antoine de Clary, receveur général des finances du roi à Montpellier, pour la somme de 20.000 livres tournois. Dix ans après, comme il était loin d'être payé, l'acheteur le revendit à Jean de Gamoy, ancien capitoul, agissant pour lui et ses deux associés, Delpech et Madron, qui, pour faciliter l'établissement du collège des Jésuites, chassés de Pamiers, le cédèrent à la ville.

Des difficultés entre les acquéreurs et Jean de Bernuy, qui avait reçu le même nom que son père, puis avec sa fille Aldonce, mariée à Guy de Castelnau et de Glermont, retardèrent l'ouverture du collège. La chapelle, dédiée à saint Jean, fut construite, sous la direction du P. Edmond Auger, dans l'espace occupé aujoLird'hui par la cour de récréation s'ouvrant sur l'impasse des Jacobins, et bénite le 3 septembre 1675. La grande porte sur le pan coupé vis-à-vis l'abside de la grande église, construite en i6o5, est surmontée d'un fronton brisé disposé en perspective, conception bizarre mais qui s'adapte à ce fragment de façade fuyante, l'accentue et lui donne comme un mouvement.

MAISONS ET HOTELS

HÔTEL DE PIERRE. — TouloLisG aiicieiiiie, ville de briques, ne possède que cette seule maison avec une façade de pierre; il n'est donc pas surprenant qu'elle ait pris et gardé le nom de cet appareil inusité qui attirait l'admiration.

Mais l'hôtel a une double origine, et la dualité de sa construction est très apparente.

La cour, essentiellement toulousaine, montre ses façades de briques constellées de fenêtres avec encadrements de pierre, mais dont les meneaux en croix ont disparu.

?sous savons aujourd'hui, après les découvertes de Joseph de Malafosse et de M»" Douais, qu'elles furent élevées par le conseiller au Parlement

Jeau (le Hagis, qui, le 5 mars lo^y, conchil un l)ail avec Nicolas Bachelier et Jean (1(3 Lescale, « maislies Mhu.oiiniers de Tholose, pour la coMsIniclioii (rniic maison axec feiKHres et crozées à raiitif|uc )).

Fjg. 229. — Uôlcl Jean de Bagis, Portail de N. Bachelier,

Nicolas Bachelier paraît, en effet, a\oir été Fintroducteur à Toulouse de riniitation directe de l'art classique , et c'est de cette initiative que lui vint sa haute renommée. Il créa, et pour la première fois peut-être dans l'hôtel de Bagis, l'ornementation mariant, avec tant de bonheur et de simplicité à la fois, les tons chauds de la brique méridionale avec les colorations grises de la pierre. On la vit bientôt se multiplier dans la ville et aux environs même.

Elle apparaît au château de Pibrac en lb^^y reproduisant, au début de cette seconde époque de la Renaissance, les formes de l'antiquité. Les fenêtres montrent deux étages de colonnettes, les inférieures doriques, les supérieures généralement ioniques, celles-ci remplacées quelquefois, comme à l'hôtel de Bagis, par de simples pilastres cannelés. Mais, au-dessous de leurs bases, apparaissent les giittse, souvenir encore des frises antiques. Des fenêtres analogues avaient peut-être précédé, peu après 1 535, à l'hôtel de Cheverry, rue Malcousinat, celles de l'hôtel de la rue de la Dalbade. De plus, la cour est ornée d'une belle porte, s'ouvrant sur la

FiG. 23o. — Cariatide du Portail.

MAISONS ET HOTELS

cage d'escalier, encadrée par des termes barbus et surmontée d'un fronton avec des génies ailés portant des écussons.

C'est une œuvre Araiment artistique, d'une belle ordonnance et d'une mâle exécution.

Il est certain que Nicolas Bachelier en fut l'auteur. Si nous sommes loin de connaître tous les détails de sa vie, nous ne pouvons ignorer qu'il fut sculpteur, comme ingénieur et architecte. Catel a cité le retable qu'il sculpta pour l'église des Gordeliers ; Dupuy Dugrez celui de l'autel de paroisse de Saint- Etienne , représentant l'Assomption de la Vierge, dont il reste peut-être deux têtes au Musée , l'une d'un vieillard barbu, l'autre d'un jeune homme — saint Jean sans doute — appuyé contre une colonne ; M^" Douais un retable encore à la chapelle de l'Immaculée-Conception de la Daurade, et M. le comte de Pibrac trois (( images » pour Notre- Dame du Taur.

Bachelier aljaiidonna (Irliiiitivement la vis toiiinanlc (Ui

Moyen âge pour les rampes droites outre d(Mi\ nuus, dont on avait déjà vu un exemple à l'iiôtel de Jean do II 1110.

Vu:, •y.h. — Carialidc du Porlail.

La façade sur le jardin en terrasse au-dessus du petit bras de la Garonne est plus simple. Ce corps de logis montre quatre étages de ce côté, et les deux inférieurs, jusqu'au niveau de la cour, sont voûtés.

L'hôtel a conservé, dans une salle du rez-de-chaussée sur la cour, un élégant et fin linteau de cheminée sur lequel des figurines s'enlacent avec des feuillages enroulés et que supportent des colonnes doriques jumelles. Cet accouplement de colonnes était cher à Bachelier, comme on le voit à Fancienne porte du Capitole aujourd'hui au Jardin des Plantes. Mais ce linteau fut alourdi plus tard, de même que tout l'ensemble de l'hôtel, par une épaisse statue de Pomone escortée d'amours bouffis, comme avait été surchargée par Jean Burnet la cheminée de Béringuier- Maynier.

Jean de Bagis mourut en i5/io, et, le 27 octobre 1601, l'hôtel fut acheté par le riche apothicaire Nicolas Guerrier, dont la fdle, Gabrielle, épousa François de Clary, juge mage en la sénéchaussée de Toulouse.

Élevé en 161 1 à la première présidence, le nouveau chef du Parlement voulut embellir fastueusement l'hôtel dont il était devenu possesseur, et il en transforma le caractère.

Le goût délicat et mesuré de la Renaissance s'était altéré. Il se portait vers les décorations pompeuses, qui s'entassaient sans obéir aux convenances de la construction.

Le Premier Président commença par reprendre deux façades de la cour et par les surcharger de pilastres cannelés supportant une large tablette sur laquelle il projetait évidemment de dresser des statues. 11 disposa sur le mur, comme pour les encadrer, des pierres à bossages en forme d'arcatures.

Tandis qu'il faisait exécuter ces décorations, on découvrait dans la Garonne, après une rupture de la chaussée (hi Bazacle, des colonnes de grandes dimensions et des fragments de marbre, débris d'iin temple antique. Il se lit adjuger plusieurs de ces plaques et, avec le culte passionné que l'on rendait alors aux anti-

MAISONS ET HOTELS

FiG. 282. — Ilùlel de Bagis, Clicminco, François V' cl Louis \1I[.

qiiiU's l'omaiiKS, il s'omprossa (l(> l\\vv ers |)la(|iios canvos ou losaiioc'os sur les larades de la coin- cl ne manqua pas cic les 011cadicr dans un assemblage de leles, de liguies couchées el do

feuillages cVun goût commun et d'une exécution épaisse. Des tablettes, au-dessus, étaient destinées à recevoir des bustes. La décoration, ainsi complétée, eût été vraiment magnifique.

Parfois, à l'époque précédente, on avait aussi orné de marbre les portes des édifices, comme on peut le voir à la porte voisine de l'hôtel de Felzins ; mais on les taillait avec plus de goût, en fragments plus petits, en forme de cabochons ou de pointes de diamant.

C'est surtout sur la façade de l'hôtel que se déploya le faste ampoulé des vanités parlementaires et de l'exubérance qui se manifestait à ce moment dans la littérature comme dans l'art.

Elle se compose de huit traA ées séparées par des pilastres cannelés interrompus, à la hauteur des fenêtres de l'entresol, par des trophées d'armes alternés avec des guirlandes de fruits, couronnés par de larges chapiteaux où l'aigle aux ailes éployées, pièce principale du blason des Glary, s'étale entre des feuillages corinthiens.

Les pilastres ne s'élèvent pas jusqu'à la corniche, mais en sont séparés par un attique dans lequel s'ouvrent les fenêtres du second étage. Une large bande horizontale règne ainsi à la partie supérieure de l'édifice et rompt la monotonie qu'aurait présentée la série des pilastres parallèles s'ils avaient atteint la ligne du toit. Trois bandes d'architrave et de robustes consoles soutiennent la corniche, très saillante, qui projette ainsi de belles ombres. Des frontons, alternativement curvilignes et triangulaires, surmontent les travées et, entre eux, de belles têtes de lions servant de gargouilles accentuent la ligne sinueuse en lui donnant de la fermeté.

Cette façade est une imitation manifeste de celle que Jean BuUant avait élevée, un demi-siècle auparavant, au petit château de Chantilly, imitant lui-même l'ordonnance du palais Valmanara, de Vicence, que Palladio venait d'élever. C'est Jean Bullant, en effet, qui, suivant le maître italien, introduisit en France les colonnes ou les pilastres gigantesques dont l'influence devint si

4oi

unherselle et si funeste. Mais les pilastres de l'hôtel de Clary furent disposés plus heureusement que ceux de Chantilly. S'ils chevauchent comme eux sur deux étages, ils ne coupent pas du

moins la hellc ligne de l'entablement.

FiG. 233. — Poilail extérieur do l'IIùlcl de Bagis.

L'avant-corps des deux portes complète l'accent de la façade

et en rompt ruiiiformitc. Entre les colonnes corinthiennes, dont

les lai-ges coriiiclics devaient aussi peut-être recevoir des stalues,

deiiv groupes, Vpolloii et Merem'e, \liiier\e el .luiioii, soiilieu-

nent le blason des Clary et le monogramme de l'auteur, d'une restauration récente.

Colonnes et pilastres peuA ent être considérés comme les contreforts des voûtes qui recouvrent les travées du rez-de-cliaussée. L'ordonnance, si bien entendue pour Teffet décoratif, est ainsi fort logique.

La lourdeur que l'on reproche à cette façade frapperait moins si l'on pouvait la voir avec plus de reculée que la largeur de la rue ne le permet. Elle apparaîtrait alors avec toute sa richesse, qui n'exclurait ni l'élégance ni l'harmonie.

La porte est double, avec l'une des deux simplement simulée, parce que l'hôtel est bâti sur un périmètre aux lignes obliques et que l'architecte voulut une cour exactement carrée. Une porte ouverte sur le milieu de la façade n'aurait pas été dans l'axe de la porte de l'escalier. Même avec cet artifice, le désaccord d'équerre n'est pas absolument corrigé, mais il est peu apparent.

L'hôtel, avec ses quatre grands corps de logis, est le premier de l'époque de la Renaissance qui ait été construit avec un projet de locations d'appartements.

M. Calvet-Besson l'acheta en i855 et s'appliqua aussitôt à terminer les sculptures de la façade, dont la plupart n'étaient qu'épannelécs. On ne voyait qu'un seul bas-relief au premier pilastre vers la rue des Couteliers, et nulle des allèges des fenêtres n'était ouvrée. François de Clary, accablé par la mort de son fils, s'étais démis de sa charge en iGi5.

Les sculptm-es en bas-relief ajoutées au-dessous des fenêtres par M. Calvet-Besson amenuisent la majestueuse façade. Le restaurateur fit poser au-dessus des portas de côté deux: plaques de marbre sur lesquelles il résume, k sa façon, l'histoire de l'hôtel. L'une nous apprend que les restaurations nouvelles furent dirigées par M. Vitry et exécutées par M. Calmettes, mais l'autre ne contient guère que des erreurs.

Si nous savons aujourd'hui que N. Bachelier fut en iSSy l'architecte de l'hôlel de Jean de Bagis, nous ignorons encore le nom de

MAISONS ET HOTELS

celui qui transforma l'hôtel par les ordres de François de Glary.

Est-ce Pierre Souffron qui dirigea ces travaux? C'est possible, ATaisemblable même, mais pas sûr encore. Souffron continua et termina la construction du pont de Toulouse de 1097 à 161 2, et résida dans la ville j)endant vingt ans. Catel dit formellement que Souffron céda au Premier Président, pour son hôtel, des pierres destinées d'abord au pont monumental. Il est vraisemblable, d'ailleurs, que le fastueux magistrat ait choisi, pour terminer son hôtel, l'architecte le plus en renom à cette époque.

Il est possible aussi que le sculpteur Arthur Legoust, Artus, selon le vocable populaire adopté à Toulouse, soit l'auteur des statues de la façade. Il sculptait en i6i5 la porte de l'Arsenal au Capitole, et, en 1625, la statue du président de Lestang, à genoux devant la Vierge, que l'on voit à Saint-Etienne.

Ce qu'il y a de sûr, c'est que François de Clary ne put employer, pour cet ouvrage, Antoine Guépin, qui n'était qu'un enfant en 161 1, si toutefois il était né.

■».;a?.i(59Wj;';^ï^'ç>;':;

FxG. .'^3/4. — Ilùlol de Pierre AssczaI, i555. Palais des anciennes Académies el Sociétés savantes depuis 1897.

FiG. 200.

llùlel d'Assézat. dessus de fenêtre dans la cour.

Page 1