‹ Les monuments de ToulouseChapitre 67 sur 84 · HENRI II · texte numérisé non relu

HENRI II

HÔTEL d'Assézat. — Notre temps est dur aux légendes; elles s'épanouissent au souffle de la critique, iTiais la réalité qu'elle évoque à leur place n'a-t-elle pas plus d'attraits ? Naguère encore, c'était un étranger venu d'Italie, en passant par Fontainebleau, le Primatice, qui aurait construit le bel hôtel toulousain pour François I", désireux de l'offrir à sa sœur la reine de Navarre, le lendemain sans doute de la fantaisie qui, sur son ordre encore, avait fait sortir du sol le château de Saint- Elix pour une favorite d'un jour. Ne vaut-il pas mieux savoir que le château a été construit pour Pierre Potier, seigneur de la Terrasse, par l'architecte toulousain Laurent Clary, et le palais superbe par un architecte et pour un marchand, l'un et l'autre Toulousains de même?

La date de i555 inscrite sur la porte de l'escalier aurait du suffire à renverser la légende, si elle n'avait pas coutume de s'embarrasser de si peu. Et de même, le nom de l'hôtel qui, par une exceptioimelle justice, certes bien méritée, a seul conservé celui de son fondateur, connu d'ailleurs pour avoir été mêlé à l'histoire de la ville.

MAISONS ET HÔTELS. /joB

Pierre Assézat, dont le père était venu d'Espalion en Rouergue, appelé par son compatriote Delpech, que l'attirance de Toulouse à ce moment par son Parlement déjà dominateur, son Université célèbre et son florissant commerce, y avait amené, comme Cheverry, du Béarn, comme Bernuy, de Burgos, avait en quelques années acquis une fortune considérable par le commerce du pastel et autres marchandises avec l'Espagne et le nord de l'Europe. Il voulut laisser un témoignage de son opulence par le luxe d'un hôtel écrasant celui de ses rivaux, de Pierre Bernuy par exemple, et l'architecte auquel il s'adressa ne put mieux faire que d'imiter le palais du roi lui-même.

La ressemblance avec la cour du Louvre, que Pierre Lescot venait de livrer aux sculpteurs, frappe dès le premier regard. Les trois ordres superposés, les colonnes jumelles, les fenêtres carrées du rez-de-chaussée et du premier étage, sous une arcade, rappellent le palais parisien et les fenêtres cintrées du second étage, accostées de colonnes composites et d'œils de bœuf qu'on retrouve aussi au Louvre, présentent des lignes architecturales couronnant mieux les façades que les fenêtres carrées, si admirablement relevées d'ailleurs par les sculptures de Jean Goujon et de Paul Ponce. Un bandeau continu sépare les étages.

Une robuste corniche, supportée par des consoles et interrompue par des gargouilles en tête de lion, termine l'ordonnance. Sous les fenêtres inférieures, des jours grillés éclairent les cuisines et les magasins voûtés sous lesquels se prolongent des caves voûtées de même.

Le goût local s'affirme toutefois par la vibrante harmonie des briques rouges avec les ]iierres grises, par la toiture en tuiles romaines et à faible pente, remjilaçant les combles élevés d'ardoises d'au delà de la Loire.

La cage d'escalier en dehors (hi logis est une Iradition du Moyen âge. FJIc irobsiriiail pas les (hstributions inlérieures, prenail Ions les jours iKM-cssaircs et établissait les pahei'S sans embarras. Toutefois, la \is des siècles précédiMils, (jiii pei'inettait

FiG. 236. — Lanterne de la tour d'escalier de l'Hôtel d'Assézat.

d'ouvrir des entrées d'appartements à toutes les hauteurs, fut remplacée par les rampes droites entre deux murs, que la Renaissance renouvelait de l'antiquité romaine. Elles avaient apparu déjà à l'hôtel de Jean de Ulmo, oh elles furent couvertes encore d'une voûte d'ogives, et à l'hôtel de Jean de Bagis. De belles sculptures décorent les abouts des murs et des angles.

FiG. 287. — Plan de riiôtol d'Assozat.

La cage d'escalier en saillie produisait des jeux pittoresques de lumière et d'ombres; elle olïrait encore l'avantage de dissimuler l'irrégularité de la cour. Surtout elle fournit à l'architecte le motif de l'élégante lanterne qui attire les regards dans cette partie de la ville en dominant toutes ses voisines. 11 serait difficile d'imaginoi' une condjinaison de lignes plus harmonieuse, une alliance plus enchanteresse de puissance et de grâce. Quelques éléments renforcés par la brique robuste, les consoles renversées par exompl(\ percées par iiii passage cintré viennent peul-éU-c de la laiilcriic de ( iliaiiihoid, (Taiilres îles clochers d'Espagne et surtout i\o NaNarre.

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Le portique de Faile du sud est encore une tradition de l'âge antérieur. Ces portiques, que l'on appelait aussi cloître ou piliers, servaient de promenoirs aux maîtres du logis dans des temps où l'on sortait peu de chez soi, d'abri pour les arrivants et parfois de dépôts. Ils étaient toujours clos du côté de la rue, conlraire-

FiG. 238. — La coui-sière unissant les deux corps du logis: à gauche, la travée voûtée du passage.

ment à la loggia italienne, et quand ils étaient surélevés, comme celui de l'hôtel d'Assézat, les marches qui lui donnaient accès partaient du milieu de la cour. Enfin, ils étaient surmontés, le plus souvent, de galeries qui unissaient les ailes du logis.

A l'hôtel d'Assézat aussi, le portique monumental aux quatre

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belles arcades sur colonnes doriques, supportant une frise ornée de trigiyphes, devait être certainement surmonté de deux étages de galeries. La belle demeure décorée d'une ornementation traitée avec tant de finesse, dans sa sobriété, qui laisse aux grandes lignes le rôle principal et dominateur, n'aurait certainement pas négligé cet élément de construction dans lequel la Renaissance déploya le plus de luxe et où les maîtres du logis se plaisaient à étaler les plus belles pièces de leur mobilier et leurs plus précieuses œuvres d'art. Il est évident aussi que Pierre Assézat avait l'intention d'élever au levant une aile semblable aux deux autres. Les murs d'attente et les colonnes engagées aux angles l'indiquent nettement. Mais de graves événements arrêtèrent l'achèvement du plan grandiose. Pierre Assézat se jeta ardemment dans les luttes de la Réforme qui agitèrent Toulouse pendant plusieurs années. Il était des capitouls de i56î dont l'élection fut cassée par le Parlement. Condamné de nouveau en 1669, il vécut hors de Toulouse pendant dix ans; mais, rentré dans la religion catholique, gracié, il revint mourir dans son hôtel le 20 août i58i.

Sa fortune amoindrie et son ardeur éteinte ne lui permirent pas de reprendre les constructions interrompues. Ses deux fils, Bernard et Pierre, qui possédèrent l'hôtel après lui, ne les reprirent pas davantage, mais élevèrent sur la petite place la grande porte surmontée d'un étage et firent courir au-devant du mur qui la suit l'élégante coursière supportée par de riches consoles en pierre ornées de superbes enroulements, qui ne permet plus de regretter l'inachèvement du premier projet.

Ces constructions, d'un style vigoureux et large, présentent le caractère de l'époque Henri IIL

En même temps fut construite la travée du passage vers la seconde cour couvert d'une curieuse voûte à compartiments et orné au-dessus de la porte d'une tête énergique, opposée au cygne du blason familial qui se montre au dehors. Et de môme, au-dessus du portique, l'étage au\ pilastres plats et aux trois

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fenêtres dont les encadrements élégants encore, mais grêles, ne répondent plus à la robuste majesté des arcades inférieures.

La cour n'en offre pas moins un ensemble harmonieux et pur qLii lui mérite une place éminente dans Fliistoire de l'art français.

Un bail de construction découvert par M^"^ Douais dans les registres du notaire porte, en date du 26 mars i555, que Jean Castagne, dit Aycot, maître-maçon de Toulouse, s'engage à construire la maison de noble Pierre Assézat, ce soubs les articles qu'il a dict avoir faits escrire et ordonner à M^ Nicolas Bachelier ».

Ce n'est qu'mi titre, un sommaire, et nous ne connaissons pas encore le bail à besogne de l'hôtel d'Assézat, spécifié et détaillé comme le sont d'autres baux du même maître d'oeuvres pour des hôtels toulousains retrouvés par l'érudit prélat. Il autorise toutefois à admettre que Nicolas Bachelier fut l'architecte du bel hôtel.

Il faut aussi lui reconnaître une rare maîtrise de son talent et une puissance sur lui-même vraiment extraordinaire pour varier et perfectionner ses productions. La majesté de l'ordonnance, le jet des profils si puissant, l'ampleur des détails et la magnificence de l'ensemble sont en effet fort au-dessus de ses autres œuvres connues : la porte du Gapitole, les fenêtres de la cour de l'hôtel de pierre, la frise de la porte de l'Esquile par exemple, élégantes et fines sans doute, mais plutôt grêles et de mince essor. Un architecte conserve d'ordinaire dans ses créations diverses un caractère personnel qui les signale k tous les yeux et en vérité il n'y a rien de commun entre la cour de l'hôtel de Bagis et celle de l'hôtel d'Assézat.

La supériorité peut s'expliquer, il est vrai, par l'imitation de la cour du Louvre, imitation sans servilité d'ailleurs, puisque des éléments nouveaux furent introdiiits.

L'hôtel est bien conservé dans son ensemble. On est frappé de la finesse même des détails dans les sculptures autour des portes et leru^ menuiserie même, dans les poignées et les entrées de serrures, œuvres vraiment de bijouterie, dans les

chenaux de plomb et les épis de la tourelle, toutes choses qui montrent le raffinement avec lequel la recherche d'art fut poursuivie.

L'hôtel continua d'appartenir pendant deiix siècles aux descendants de Pierre Assézat qui presque tous entrèrent au Parlement. Le dernier d'entre eux mourut en 1788. Sa nièce, Antoinette, seule héritière de la famille, épousa Bernard de Picarel, gentilhomme de l'Albigeois, qui ajouta à son nom celui de la puissante famille toulousaine.

Mais l'hôtel avait été déjà vendu, le 20 août 1761, par Jean-Pierre d'Assézat de Mansencal , conseiller au Parlement, à Joseph Marcassus de PuymaLU'in.

Le baron de Puymaurin, justement modérateiu^ en cette année de l'Académie royale de peinture et de sculpture dont il venait de dresser les statuts, reprit et décora en style LoLiis • XVI les appartements du premier étage. Mais l'enlèvement des meneaux et l'allongement des fenêtres furent les seules altérations que subit le monument.

L'hôtel devint ensuite la propriété de la famille Sabatier, puis.

FiG. 24i. — Terme dans l'escalier.

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en 1816, de la famille Gèze. En 1895, M. Ozenne, président du Tribunal de Commerce, l'acheta pour en faire don à la ville de Toulouse, à la condition d'y loger les six principales Sociétés savantes. Son exécuteur testamentaire, M. Antonin Deloume, Doyen de la Faculté de droit et membre lui-même des Académies, avec un goût très sûr prit soin de faire consolider l'édifice et de supprimer de très fâcheuses additions modernes. Mais la pluie et les gelées menacent beaucoup de pierres vieilles des belles façades. « Cette demeure a été faite si grande, disait Lacordaire en parlant de Versailles, que les arts seuls ont été jugés dignes d'y habiter. » Le généreux donateur a pensé que le joyau de l'art monumental à Toulouse compléterait sa destinée glorieuse en abritant les lettres, les sciences et les arts. C'est dans cette pensée qu'il le nomma « Hôtel d'Assézat et de Clémence Isaure ».

Ainsi sont venues demeurer dans le palais de l'institut toulousain l'Académie des Jeux Floraux (Compagnie du Gai savoir en i323, plus tard Collège de rhétorique. Jeux Floraux dans les premières années du seizième siècle , Académie par lettres patentes du Roi en 169/i)', l'Académie royale des sciences fondée en 1751, la Société de médecine de 1801, la Société archéologique du midi de i83i, l'Académie de législation de i85i, enfin la Société de géographie de 1881, exclusivement désignées dans l'acte de donation.

Conformément aux intentions de M. Ozenne, l'hôtel d'Assézat et de Clémence Isaure, administré par un Conseil formé des douze délégués des six Académies et Sociétés, peut accueillir les divers congrès d'intérêt général qui viennent siéger à Toulouse, et contribuer aux progrès des lettres, sciences et arts.

« Je demande, avait déclaré le bienfaiteur de Toulouse, qu'il ne soit jamais traité de questions politiques ou leligieuscs, car j'aime tout ce qui réunit les cœurs et je déteste ce qui les divise. ))

L'Administration municipale fut autorisée, en mars 1908, à accepter ce noble Jiéritage.

FiG. 2.'iy. — Poi'lc de rilùtcl de (jailliuinic Molinier.

HÔTEL Guillaume Molinier. — L'année après que fut commencé l'hôtel d'Assézat, se terminait celui de Guillaume Molinier, par la porte sur la rue de la Dalbade, oîi sa date est inscrite sur deux cartouches. Mais le conseiller au Parlement en avait confié la construction, dès i55o, à Raymond Bossac et à Jean Molière,

FiG. 3A4- — Détails de la tourelle de l'Hôtel de G. Molinier, d'après une lithographie de Boilly.

La porte occupe la place entière de l'étroite façade. Deux colonnes corinthiennes en saillie encadrant le cintre orné d'une tête de lion à sa clef. Elles supportent une frise sur laquelle se détachent, comme des gemmes, des ovales, des losanges et des boules de marbre. Au-dessus des satyres, des masques et des figurines, entourant aussi une boule de marbre, accostent deux termes, un homme et une femme, entre lesquels des cabochons de marbre brillent encore, et l'ensemble de cette luxuriante ornementation est couronné par un attique oii, entre deux fenêtres cintrées, d'autres satyres d'allure mouvementée soutiennent un blason ou un monogramme martelé. Au-dessus de deux vases à tête humaine, se lisent, avec la date i556, sur des cartouches la devise stoïcienne svstine abstine, qui jure singulièrement au milieu de l'exubérante profusion de sculptures dont les

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innombrables détails, toutefois, ne nuisent pas à la nette unité de l'ensemble.

Après avoir traversé une petite cour, où l'on remarque à gauche une façade à pilastres doriques, puis un couloir sous un corps de logis, on voil se développer une grande cour sur laquelle s'ouvraient, naguère encore, quelques fenêtres semblables à celles de la cour de l'hôtel de Bagis. La plus élégante est heureusement restée, après avoir perdu cependant ses meneaux, à côté de l'exquise tourelle supportée par un cul-de-lampe, l'un des meilleurs morceaux de la sculpture toulousaine de la Renaissance, Trois amours, jouant avec des guirlandes , gambadent dans des attitudes de grâce légère et variée.

Leurs formes se pi'é-

sentent avec des contours purs et gi-as à la lois, et ils sou! bicu supérieurs h ceux de riiôlel Ma^'iiier. Ils sCnroulent auloiu' du

FiG. s^S. - La lourclh^ de ril(Uol de (i. Molinior.

petit monument entre les godrons inférieurs et la frise, supportée par de robustes consoles rassurant le regard, puisque la tourelle s'élance au-dessus.

La salle, éclairée par la riche fenêtre, où Taccolade gothique transformée par Tart nouveau reparaît couronnant la frise,

FiG. 246. — Galerie dans la petite cour d'entrée de l'Hôtel Mansencal.

conserve une cheminée d'une riche ornementation comme la porte. Au sommet. Hercule, entre deux colonnes, enchaîne, par les paroles qui s'échappent de ses lèvres, deux foules d'auditeurs accourant à sa parole. Deux têtes d'empereur se profilent au-dessus des groupes. Au-dessous, entre deux frises fleuries, un bandeau porte une de ces inscriptions chères aux renaissants, mais qui contraste avec l'ensemble païen de la décoration : charitas nunqiiam excidit.

Un dessus de porte contemporain, dans l'étroite cour de la modeste maison d'Antoine Tournier, procureur au Parlement, capitoul en i553, rue Espinasse, n° 4, montre deux angelots d'une aussi artistique exécution, supportant un blason avec

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armes parlantes et un ATai calembour ; un étourneau et une moitié de roue : Tour n'y est. Deux inscriptions inspirées de même par l'antiquité, selon le goût des renaissants , accostent le blason : Post fanera virtiis, Nosce te ipsum.

Vis-à-vis cette humble demeure se dresse Faîtière tour de l'hôtel du premier président Mansencal, mort en i56i. Elle surgit d'une cour étroite dont les façades , couronnées d'arcatures rappelant les mâchicoulis, s'éclairent de fenêtres en colonnettes entourées elles-mêmes de cadres à crossettes. Sur la tourelle d'escalier montée sur une trompe, six fenêtres s'échelonnent, présentant sur leurs colonnettes la superposition classicp le des ordres et donnant un jour continu. Elle se

terniinc |)ar une \<)ùl(' à ner\nirs re|)()sanl snr ini pilier cenlial avec cliapitcan coi-inlliicn el cnlahlenicnl.

Dans la corn-, [yna galerie avec deux arcalures inégales joint les deux cojps de logis. Sur le jardin s'étalait une façade monumentale avec arcades superposées encadrées par des pilastres de

Tour cl lourellc do rHôlcl Marisoncal.

FiG. 348. — Hôtel Buct, rue de la Pomme, cour.

briques. On disposa quelques aunées plus tard, dans les cintres dont elles suivirent la courbe supérieure, des fenêtres élégantes

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encore, surtout celles du dernier étage, avec leurs arcades géminées, mais alourdies par d'énormes crossettes. Cette façade a été éventrée par la construction de la chapelle des Dominicains.

Il convient de joindre aux constructions du temps d'Henri II la porte de l'Esquile, par Bachelier, qui date de i557, et dont la sobre finesse contraste avec les prodigalités d'ornements de la porte contemporaine de l'hôtel de Gaspard Molinier ; une petite

FiG. 2/19. — Hôlel Buet, croisées^dans la cour,

porte autrefois de l'hôtel du conseiller au sénéchal de Vésa, vis-à-Ais l'hôtel Maynicr, transportée aujourd'luii dans la cour de l'ancien noviciat des Jésuites, au quai de la Daurade, surmontée d'un (l'il-de-bœuf et thi IVoiiloii aux li'ois croissants, semblable à celui de l'Esquile; une cli.ii manie porte dans le jardin du n" .'J de la rue Fermât 5 des lenèlres en nionlants de bois analogues à celles de l'Jiôlel de pierre, nie Saint-Kemésy, devjmt le chevet de la Dalbade, eL rne des (llianges; enlin, au moins le

souvenir de la belle porte du Consistoire, dressée en i553 par Guiraud Mellot et récemment vendue. (Ci-dessus, p. 247.)

Mais il faut encore classer dans Fépoque Henri II, comme l'avait pressenti Joseph de Malafosse, Thôtel dit Hôtel Buet, dont C. Daly publia la porte gravée en la datant du temps d'Henri IH. M. Chalande vient en effet d'apprendre par les registres cadastraux, que Jean de Bernuy avait acquis la maison aux héritiers de Jean Vine avant iBSg, qu'il Favait fait reconstruire aussitôt par Nicolas Bachelier, et qu'après sa mort elle passa à Guillaume de Bernuy, baron de Villeneuve et greffier au Parlement, qu'il avait eu de Marguerite du FaLu\ Sa fdle Marguerite épousa, le 1 5 juillet i55d, le conseiller au Parlement Simon Buet. Le blason martelé des Bernuy se distingue aii-dessus de la porte.

Les fenêtres à deux étages de colonnettes et corniche sont surmontées de masques et souteniies de profds grimaçants, adossés sous l'accoudoir. La corniche repose sur des modillons uniformes. La porte, fort monumentale avec ses deux grandes colonnes corinthiennes, est accompagnée d'une fenêtre ornementée, couronnée par un fronton courbe qui a pu donner l'illusion a C. Daly. Une vaste cheminée du temps d'Henri IV, odieusement coupée par un plancher, orne la salle du premier étage.

L'art délicat et fm de la Renaissance déclinait. Après son premier essor ail temps de François 1", ses riches développements sous Henri H, une troisième période s'annonce à l'hôtel Mansencal, par ses fenêtres alourdies et accompagnées de crossettes. De larges pilastres cannelés remplacent les sveltes colonnettes ; les pilastres tronqués se multiplient. On en avait vu déjà dans l'escalier de l'hôtel d'Assézat, supportant les arcs, oii ils se justifient du moins par la nécessité de ménager l'espace; mais, à cette place même, des consoles auraient été plus à propos.

On voit aussi des pilastres coupés fort illogiques et d'un désagréable aspect dans la cour de GLiillaume de Saint-Germain, capitoul de la Daurade en lôSg, rue des Changes, n" 16. Les monogrammes du Christ, dans des cartouches entourés de fleu-

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FiG. aou. — Cour de ril(Hel SaiiiL-Gcrniaiii, angle iiorti.

rons, au-dessus des portes, sont caractéristiques de celle époque. Mais la cour a reçu surtout une décoration fort pittoresque par

FiG. a5i. — Cour de FHôlel Saînt-Germain, ano:lc sud.

les trois étages de galeries ou plutôt de coursières avec balustres de bois, et les deux escaliers à limons droits et balustres semblables en diagonale aux angles. Les rampes se fixent d'un côté sur les murs, de l'autre sur un noyau hardiment posé en dehors. Ils

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prouyent la solidité des assemblages de bois, car le noyau de riin d'eux est absolument en Fair et rien n'a bougé depuis plus de trois siècles.

Les fenêtres s'encadrèrent à ce moment de larges pilastres remplaçant les montants plus fins propagés par Bachelier, comme on le voit à l'hôtel du procureur général Claude de Saint- Félix, rue Saint-Remésy, n° 1 1 , où elles conservent cependant entre les pilastres les deux étages de colonnettes ; à celui d'Auger-Ferrier, rue Saint-Rome, n° 89, où elles s'accompagnent de masques et de ramures.

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