‹ Les monuments de ToulouseChapitre 68 sur 84 · HENRI IV ET TEMPS MODERNES · texte numérisé non relu

HENRI IV ET TEMPS MODERNES

Après le grand effort de la Renaissance, l'art monumental tou lousain parut se reposer. Les églises et les grands édifices publics étaient construits. Les principaux hôtels des familles enrichies par le commerce s'offraient à celles qui s'illustraient par des charges de judicature, et désormais ce seront surtout les parlementaires qui, aux deux derniers siècles de l'ancien régime, élèveront les belles demeures qui décorent les rues de la ville.

HÔTEL Massas. — L'hôtel du conseiller au Parlement de Massas, entré en charge en 1672, rue de la Dalbade, n° 29, montre dans une cour fort remaniée, oii l'on a même déplacé la porte, des fenêtres encadrées de moulures fines et nettes, mais fort maigres. C'est la fin d'un style. L'hôtel passa ensuite aux d'Aldeguier, qui firent construire l'aile gauche, où l'on voit sur l'une des fenêtres la date de ï6o3. Quatre arcades en anse de panier montées en briques avec cinq pierres taillées en pointe de diamant étaient surmontées d'une galerie reposant sur des consoles dont l'une est conservée près de la porte. Sur la courbe, une tête à longues oreilles avec chevelure et moustache en ramures et feuillages imitées de l'art antique au-dessous est enlevée par un ciseau vigoureux et précis.

HÔTEL DuMAY ET AUTRES. — Lcs galcncs de la cour d'Antoine Dumay, capitoul en 1601, rue Dumay, n° 3, se composent d'arcades en brique avec clefs de pierre reposant sur des colonnes de pierre à robustes chapiteaux doriques. Des pilastres de briques alternées de pierres taillées en pointe de diamant s'élèvent audessus du joint des arcades. La tourelle d'escalier dans l'angle s'élance d'un cul-de-lampe à godrons et larges moulures appuyée

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sur une tête hardiment ciselée. Sur le linteau de la porte, l'inscrijotion : Tempore et diligencia semble symboliser l'ascension lente mais sure de la bourgeoisie travailleuse à la noblesse capitulaire .

On voit des galeries analogues dans la cour de la maison d'Olivier Pastoureau, rue Pharaon, n" 3, et dans celle d'une maison de la rue Nazareth, n" 28, que l'on aperçoit maintenant de la nouvelle rue Ozenne. D'élégantes ornementations rappelant la Renaissance courent sur la frise.

Une façade somptueuse de la maison construite en 1623 par Pierre Gomère, capitoul de la Daurade, rue Saint-Rome, n" 3, montre les riches fenêtres en croix et la porte très bien conservés. Son frère, Géraud Gomère, capitoul en i6i3, avait fait construire la maison de la rue des Ghanges, n" 27, où l'on A'^^oit trois fenêtres à meneaux, absolument semblables à ceux d'une maison récemment démolie rue Malaret et dont l'une est conservée au Musée.

La maison de la rue Darquier, n" 10, rappelle cette maison disparue et caractérise de même l'époque Henri IV.

Deux portes avec pierres en pointe de diamant, rue Rémusat, n° 35, et rue du Taur, n° 8, datent aussi de ce règne. Sur la dernière est tracée, entre des marbres taillés en boules et en pointes de diamant, la devise empruntée encore à l'antiquité : Ne te qusesieris extra.

11 convient de rappeler que la cour du Gapitole date de i6o2-t6o6.

Les luttes de la Réforme avaient épuisé le pays. L'insécurité des personnes et des biens, les dépenses de guerre amenèrent une décadence qui se prolongea longtemps malgré le règne réparateur d'Henri IV. Les guerres religieuses se continuèrent d'ailleurs en Languedoc jusqu'en 1628. L'installation de l'intendance à Montpellier, et par suite la tenue constante des États dans cette ville anioindriient encore considérablement l'importance de Toulouse. L'intendant Lamoignon de Baville constatait

que le coiTimerce y était devenu presque nul. Les étudiants jadis si nombreux désapprirent le chemin de ses écoles comme les gens de négoce celui de ses comptoirs. Les guerres de Catalogne, et plus tard celles de la succession d'Espag-ne, accablèrent encore la province par le passage continuel des troupes.

HÔTELS DE l'EsTANG, DuRANTI, DE CaMINADE, DU BoURG, DES CHEVALIERS DE jNIaLTE ET AUTRES. QuclqUCS llÔtcls COUStruitS

pendant le dix-septième siècle indiquent cependant la transformation successive des formes architectLirales.

Cekii cle Christophe de TEstang-, conseiller-clerc au ParleiTient en 1637, évêque de Carcassonne de 1602 à 1621, rue Saint- Jacques, conserve encore des ornementations de la Renaissance. Il a d'ailleurs été fort remanié ' une de ses portes avec bossages vermiculés est bouchée, ainsi que plusieurs fenêtres. C'est, depuis i854, l'hôtel du recteur de l'Académie.

Un hôtel des premières années du dix-septième siècle indique aussi la transition entre la Renaissance et les temps nouveaiix. Il est aujourd'hui peu connii, bien que dans un qiiartier très populeiix. Il se dissimule, à la rue Gambetta, derrière les arcades de la place dii Capitole et disparaîtra bientôt. Il fut construit par Jean de Maleprade, sieiu^ de Gagnac, capitoul en 1699 et en 1607. Les deux façades cle la cour sont éclairées par des fenêtres dont les iTieneaLix en croix ont disparu, sauf dans une cle celles de la seconde cour. Les montants et les linteaux s'alternent de briques et de pierres, les unes ornées de fleurons, les autres en bossages. La porte de l'escalier dans l'angle de la cour est surmontée d'un linteau avec trigiyphes. Les rampes droites de l'escalier conduisent à une galerie joignant le corps principal à celui qui se prolonge vers la riie Mirepoix. Dans une salle du rez-de-chaussée, à gauche, une cheminée en stuc porte les statiies de Minerve et de Pomone, et, dans les volutes d'un fronton curviligne, le blason de la famille, un chêne aA^ec les trois étoiles en chef caractéristiques, souvent aussi avec le croissant entre

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elles, des armoiries capitulaires. Tout cela, malheureusement, est condamné à disparaître bientôt.

On voit des fenêtres analogues à celles de cet hôtel sur la

FiG. 253. — Puils de la rue du Musée, réceiiinieut enlevé.

façade de la ronr de l'hôtel Duianti. Mais la farado sinla rue de ce nom, d'aspect Hciiii lA , icssenrble h celle (rnii château dans la campagne. Le mascpa.' cl les deux consoles de la porle montrent le caractère de ce temps. La riche alliance très ornemcnlée

/|3o LES MONUMENTS DE TOULOUSE.

de la pierre et de la brique, les fenêtres encore peu hautes, car elles ont été allongées plus tard, les deux tourelles en angle coiffées d'ardoises, leurs ouvertures de formes Aariées, la corniche saillante Taccusent de même. L'hôtel paraît être une transition entre les dernières fantaisies de la Renaissance et les temps nouveaux qui s'approchaient.

L'hôtel appartenait, à l'époque probable de sa construction, au trésorier de France Causse* en i6/i5, au président de la première chambre du Parlement François de Rességuier qui le tenait de son père et qui mourut sur son siège le 19 février 1694. Est-ce le financier, est-ce le parlementaire qui éleva Fhôtel? Ce fut probablement le premier, bien que le retard des styles dans notre province puisse permettre de l'attribuer au second.

Dans la cour de la maison de la rue des Tourneurs, n" ^o, se montrent les portes à l'ornementation touffue, de l'hôtel de Caulet, seigneur de Gragnague, conseiller au Parlement en i635, président à mortier en i65i. Ce fut plus tard l'hôtel dePalaminy. C'est alors que la porte extérieure de l'Hôtel fut démolie et réédifiée en façade dans la cour.

Un hôtel, rue Espinasse, n° 5, fut construit aussi dans le milieu du siècle par un autre président à mortier, Philippe de Caminade, qui avait acheté deux maisons sur son emplacement le 2^ février i6/i6. Une heureuse proportion entre les pleins et les ouvertures à la courbe supérieure en anse de panier, la porte principale en assises de pierre et de briques, deux autres portes plus petites dont le linteau est siuniionté par un épais boudin de briques, une corniche puissante et les toits en saillie donnent à l'enseiTible un aspect de calme robustesse.

Les épais boudins de briques apparaissent dans la cour de l'hôtel du Bourg, place Saintes-Scarbes. Les encadrements des fenêtres, montés en assises, alternés de briques et de pierres, se prolongent sur la hauteur de la façade par des pilastres formant ainsi un trumeau vertical, d'effet décoratif obtenu à peu de frais, qui devint d'usage commun. Les puissantes consoles du balcon

complètent le caractère. La cage d'escalier présente un aspect assez monumental avec ses larges degrés et son palier assis sur un double arceau de voûte reposant à son milieu sur une clef pendante. Mais il ne fut peut-être construit que par Gabriel Amable du Bourg-, conseiller aux requêtes en 1693.

FiG. 254. — liaison de 1G35 environ (récemment démolie, rue Malaiet), avec sa mirandc au troisième étage.

Les constructions toulousaines étaient en clTet en retard sur celles du nord de la France cl Ton est porté à les attribuer à une époque antérieure à celle ini elles s'élevèrent. C'est ainsi que C. Daly classe dans le style Louis Xlll l'hôtel de la place

FiG. 255. — Rue Pharaon, 17, dix-septième siècle.

Saint-Barthélémy, 11° 16, construit par Nicolas de Paucy, conseiller au Parlement en 1698. 11 a conservé les ferronneries et les boiseries de la porte encadrée par les montants et le cintre

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en assises de pierres et de briques en bossage. La petite porte audessus de laquelle s'ouvre un oculus ovale entre des feuillages est aussi fort élégante.

Un archéologue du nord attribuerait volontiers de même à l'époque Louis XIII Fhôtel de la rue Mage, n° ii, qui fut construit par Bernard Daignan d'Orbessan, entré au Parlement en i652. La porte est ornée d'une frise sculptée reposant sur deux termes engainés d'une ferme exécution. Deux vases de fleurs à panse arrondie les surmontent. Les fenêtres en assises alternées sont unies sur la hauteur de la façade, non par un simple inontant de briques, mais par un panneau plein qui forme avec elle un trumeau en saillie de la base au faîte. Les fenêtres du rez-dechaussée d'un des côtés de la porte ont été allongées. On tenait encore à cette époque, si proche de celle qui avait été si troublée, à se tenir au-dessus et à l'abri de la rue.

L'hôtel de Pierre de Boissi, conseiller au Parlement en 1690, rue des Regans ; celui du banquier Gabriel Bertrand, rue Peyras ; celui encore d'un autre conseiller au Parlement, rue des Arts, n^ 10, dont les boiseries de la porte sont conservées, montrent les dispositions d'aspect noble et robuste encore adoptés dans les dernières années du siècle.

Plusieurs maisons toulousaines éclairèrent leur dernier étage par de petites fenêtres cintrées formant une frise élégante au sommet des façades. Ainsi, celle de la rue Pharaon, n" 17, modeste, mais non sans caractère, avec ses hautes fenêtres, sa porte en pierre, accostée de l'arcade de sa boutique, et, dans la cour, ses galeries à robustes balustres renflés.

Mais le plus bel hôtel construit au dix-septième siècle est celui des chevaliers de Malte, rue de la Dalbade, dont le grand prieur, Antoine de Roubin-Graiison, demanda les plans en 1G68 à Jean- Pierre liivals. Il fut terminé vingt ans après [)ar François-Paul de Béon, qui avait éle\é le portique au fond de la cour, où l'on voit à l'une des clel's de voûte son blason auv vaches de lîéarn.

Il l'appelle les palais de Rome, avec ses fenêlres aux fronlons

triangulaires et curviligTies alternés, dont François de San Gallo avait donné le premier exemple au palais Farnèse ; sa porte, que surmonte encore la croix de Tordre, en ferronnerie; son large vestibule voûté et son escalier monumental. La corniche saillante, dont les lignes sont interrompues par des mascarons, complète la noble allure de la façade.

Mais elle a été défigurée et transformée en façade de caserne, lorsquen i84o la Société de commerçants en draps, qui avait acheté Thôtel, ajouta à ses sept fenêtres un nouveau corps de logis semblable, remplaçant l'ancienne chapelle démolie. On aurait dû élever un bâtiment de forme différente et ne pas dénaturer Fancien en lui enlevant l'harmonie de ses proportions. L'adjonction se reconnaît à l'absence des merle ttes marines qui reposent sur le bandeau du dix-septième siècle et dont l'architecte du nôtre ne comprit pas sans doute le sens héraldique.

HÔTELS d'EsPIE, de PuYVERT, de BONFONTAIN . . . , DU DIX-HUI- TIEME SIÈCLE ET LEURS FERRONNERIES. DÔS Ic UlilieU du dix-

huitième siècle, Toulouse reprit sa prospérité. Les guerres ne s'étaient pas continuées. Le canal du Languedoc ramenait dans l'antique capitale le transit des marchandises. La culture agricole progressait, SLirtout par l'établissement des prairies artificielles, imité de l'Angleterre. Aux travaux publics, la façade du Gapitole, l'ouverture des jardins, se joignirent la construction d'hôtels particuliers d'aspect nouveau.

Celui que le comte d'Espie fit bâtir à l'angle des rue Mage et d'Aussargues, en s'aidant de la direction de l'architecte Labat de Savignac, mais en conservant la liberté de ses conceptions personnelles, entre autres la substitution aux planchers de bois de voûtes de briques posées à plat, fait admirer la noble simplicité de son ordonnance. Celle des façades est commandée par les dispositions intérieures; ainsi, le beau salon avec fenêtres sur la cour et le jardin s'annonce par le pavillon central avec ses trois fenêtres cintrées au rez-de-chaussée, séparées par des

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pilastres ioniques, celles de l'étage avec pilastres corinthiens surmonté cFun fronton. La brique indigène continue à fournir rornementation par ses ciselures et ses traits nets.

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[.'k; .,'^C). — ll(')lcl (le l'aiild. nie Na/arclh. di'-liiiil. i Louis Mil.)

l/li(M('l de la iiie r.()ii(|iiirf("s, iT' 8, coiislniil par l'i'.UK'ois de lioiix, inar(|iiis de PiiwcrI |)i(''si(l('iil à iiutrlicr en ly'i-"), niorl en 1781, d'après les plans aussi de l.abal de Saxignac, pins liaiino-

nieux encore peut-être par la variété de ses étages en galeries cintrées au rez-de-chaussée, les hautes fenêtres au-dessus et le couronnement en œils-de-bœuf. La large porte d'entrée en biais sur

FiG. 257. — Hôtel de Ricaud, rue Nazareth, détruit. (Louis XIV.)

la rue, pour facihter Fentrée des carrosses, de môme que celle de l'hôteUrEspic, porte à sa clef une tète sculptée, vraie œuvie d'art, comme celles qui figurent aux clefs des arcades des galeries.

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Les nombreux hôtels de style dit Louis XVI attestent la prospérité de Toulouse dans les dernières années de l'ancien régime. On les rencontre dans tous les quartiers et jusque dans le faubourg Saint-Gyprien. Le plus digne d'être signalé par l'entente harmonieuse de la façade, la finesse des détails, surtout celle des ferronneries des balcons, est celui que fit construire, en 1771, à la rue Saint-Etienne, n° 28, le marquis Philippe de Bonfontan.

Le balcon est signé : Ortet, /eci7 anno 1771.

Il convient de remarquer, au sujet de cette date, que les styles auxquels on a donné le nom de nos rois ne peuvent être classés rigoureusement entre l'année de leur avènement et celle de leur mort. La marche de l'art, si rapide qu'elle soit en France, procède par d'insensibles transitions. Ainsi, sur les balcons de cet hôtel, les feuilles ornementales s'infléchissent entre les tiges épanouies en coquille de goût Louis XV et les grecques et les postes du style suivant.

La façade reprendrait sa vraie beauté si l'on enlevait les odieuses boiseries des boutiques qui cachent une suite d'ouvertures encadrées de pilastres et ornées d'une tête sculptée semblables à la porte. Plusieurs belles maisons de la ville sont défigurées par des boiseries qui pour la plupart dissimulent des arcades.

La même alliance de style se retrouve dans la rampe d'escalier et les balcons, avec motif central, en forme d'urnes, de l'ancien hôtel de Saint-Jory à la rue Groix-Baragnon, reconstruit vers 1770, et, plus tard, hôtel de Gastellane, aujourd'hui hôtel de Gampaigno. Et ainsi encore dans la rampe d'escalier des Dominicains datée de 1773', sur celles de l'hôtel de Gary, rue Ninau, construit à la même époque par le comte de Paulo".

Les appartements spacieux et d'un seul étage, disposés pour les réceptions, répondent à l'appel de la belle porte d'entrée, d'aspect hospitalier, en retrait sur la rue, entre deux courbes, accostée de deux pavillons avec terrasses, comme la porte de rhôtel de Gampaigno.

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MAISONS ET HÔTELS. 43c|

S'il est une porte plus belle encore, c'est celle de l'hôtel de Veye, rue Perchepinte, n° a/i, construit pour le conseiller au Parlement de Gastelpers, par l'architecte Labat de Savignac. Ses lignes de grande et ferme envolée, les panneaux qui l'accompagnent et les balustres qui la couronnent font d'elle un morceau de haut goût.

Vis-à-vis de l'hôtel de Veye, celui que fit construire Marie- Antoinette de Carion de Muriel, baronne des Etats du Languedoc, épouse d'Augustin Spinola, marquis du fief impérial d'Arquata, étale une façade correcte et grave et une rampe d'escalier où s'enroulent des guirlandes autour de vases antiques et oii la grâce prête un sourire à la robustesse.

Elle est due à Joseph Rose qui exécuta aussi deux rampes plus somptueuses encore : l'une, en 1770, à l'hôtel Saint-Laurens, aujourd'hui hôtel de Puymaurin, à la rue de Languedoc, n° 3li ; l'autre, la plus belle, d'une riche composition, à la rue des Couteliers, n° 45.

On lui doit encore la rampe et les balcons de l'hôtel Descoffres, rue Montoulieu-Vélane, n" i [, et la belle grille du cours Dillon, dressée en i7<S4, aujourd'hui devant le square du Musée, où elle a perdu son caractère d'autant qu'elle a été privée de ses roues à bouquet, de ses gerbes de fer et du fameux artichaut relégué dans le jardin du musée Saint -Raymond où il se dresse comme une inquiétante énigme.

L'art de la serrurerie, qui avait produit tant de chefs-d'œuvre au Moyen âge et à la Renaissance, atteignit son plus liant degré d'élégance et de perfection an temps de Louis XVI, et l'on sait que le roi s'éprit lui-même de passion pour cet art diflicile.

On voit encore des balcons en style pur et fin à l'hôtel du conseiller au Parlement Amable de Calelan, rue de la Dalbade, n" 18. La façade est d'une correcte élégance exquise. On ne saurait imaginer des pi<)|)()ili(»iis plus Iiannoiiieiises et plus justes que celle de ses deux hiigcs poi-lcs cocliéies, ses hautes fenêtres du premier étage ac('om[)agnées d'encadrements et de pilastres et

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de ses fenêtres plus petites du second couronnées par une corniche a modillons.

De nombreux hôtels du style Louis XVI se présentent au

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FiG. 260. — Rue de la Dalbade, 18. (Louis XVI.)

promeneur dans toutes les rues de la ville ; ainsi à la rue parlementaire de la Dalbade ; ainsi à la rue Fermât, celle du conseiller au Parlement de Boyer-Drudas, remarquable par sa sobre et pure ordonnance, et sa belle cage d'escalier. On reiTiarque encore les logis de la rue du Sénéchal, n"' 5 et 9; ceux de la grande rue du faubourg Saint-Cyprien, n° i5 surtout et n° 21 ;

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celui de la rue des Changes, n° 09, construit par un marchand.

L'époque révolutionnaire et la première moitié du dix-neuvième siècle ont laissé pende maisons de construction artistique. Il suffit de citer, pour les années de la Monarchie de Juillet, la maison du houlevard Saint-Aubin, n" -5, due à l'architecte Yirebent, qui fut appelée la maison modèle, mais dont la riche harmonie a été altérée par la surélévation des deux paAillons latéraux, et la maison de Tarchitecte Urbain Vitry, allée Lafayette, n" 3, d'une ordoimance élégante et logique avec son robuste soubassement, ses lenétres cintrées du premier étage et le second en retrait sur une loggia accostée de deux paAillons en saillie. Ce logis vient de subir aussi de graves altérations.

Aujourd'hui les architectes s'efforcent d'échapper à la banalité et à la monotonie par des combinaisons nouvelles, parfois un peu saugrenues. 11 devient délicat d'en parler. Ils sont dignes de louanges, toutefois, ne serait-ce que pour avoir rendu aux façades toulousaines l'harmonieuse et vibrante alliance de la brique apparente et de la pierre, de la pierre blanclie arrivant facilement aujourd'hui de diverses carrières lointaines. Mais les nouvelles briques n'ont plus l'éclat vermeil de celles d'autrefois cuites au feu de bois, et trop souvent, en restaurant les vieux édifices, on fait peindre la tranche des briques; la belle patine, œuvre de l'air et du soleil, est effacée et ne peut plus se former sur le vulgaire enduit qui se salit rapidement.

« Tliolosa luihel jxildlici iniilld. oclo par<vcias, est pulcvior Luleiid. Thoîose eslail Imstie (h' sajnns, il ij a 10 ans: le feu s'y pril, il hriisld (SOO maisons: depuis ils oui Ixtsli de briipu's el de UKU-bre. C'esl ht plus belle ville de France, (le sonl des palais que les inaisoiis. »

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Henri Grah-lot, Nicolas Bachelier, iujagier et maçon de Toulouse au seiziènu- siècle, x\n-398 |). in-8",

LKS MONUMENIS \^V. TOUI-OLSG.

SIGNUM LEOMS

SIGÎSUM ARIEÏIS

HOC FUIT FACÏUM

T (ulosœ ?

TEMPOIŒ

JULII CESAIUS

V^^lMm'!' — Bas-rolicf eu marbre blanc qu'on admirait avec d'autres à l'exléricLir de Saint-Sernin. aujouid'bvii au Musée de Toulouse.

FiG. 260. — Tailloir d'un chapiteau roman.

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