CHAPITRE PREMIER
Les Ruines.
I. — L’e.Kpi*Jilion scicnli(li]uo on M îsopotamio. — 11. Iæs M onlicuIo3. — III. Causes qui vionnonl cnlravcr les roconsliliitions.
I. — Nous avons déjj\ cité les voyageurs qui, antérieurement à l’expédition dont M. J. Oppert a fait partie, avaient exploré les ruines de Rabylone, et nous avons sommairement indiqué le peu de documents qu’avaient fourni leurs travaux'. C’était à M. Oppert et à ses collaborateurs qu’il était donné do reconstituer, presque en son entier, la topographie de l’antique reine de l’Asie *.
Le 8 août 1851, M. Léon Faucher, alors ministre de l’Intérieur, proposa û la sanction de l’Assera-
' Voyez pages 13 et seq.
- Sir II. Rawlinson onlrepril aussi dos fouilles à llabylone.
blée nationale un projet de loi autorisant le gouvernement à envoyer en Mésopotamie une expédition destinée à l’exploration de ces contrées lointaines. La loi fut votée d’urgence et un crédit de 70,000 fr. affecté aux besoins de la mission. Le P'' octobre de la môme année, l’expédition composée de MM. Fulgence Fresnel, ancien consul de France Bassora; Félix Thomas, grand prix de Rome pour l’architecture, et J. Oppert, savant allemand que la France s'était acquise par la naturalisation, quittait Paris et s’embarquait le 9 à Marseille.
Le 9 juillet 1852 elle arrivait à Hillah*, après
* Ilillah, en arabe I/ellaih-el-feilha, (Ilcilah la Vaste), fut fondée par ScilTcddaulet, vers l'an 1100, à la place de « la ville des Babyloniens, » IloXt; xCiv liaSuXtovitov, » — qu'Arrien distingue soigneusement de la forteresse ou o cité royale, » — de l'un et l'autre côté de l'Euphrate qui suit, à peu do chose près, la mémo direction que du temps do Nabuchodonosor. Elle est une sous -division du paclmlik de Bagdad, mesure à peu près 5 kilom. carrés d'étendue et peut compter de 15 u 18,000 bab. Suivant M. Oppert, Ilillah no serait que le nom d'un ancien quartier de Babylone et renfermerait celui de Ilallal ou llalalal ■ la profane, ■ terme désignant la partie de la ville où demeurait le peuple, la population urbaine, ouvrière, industrielle. • Une étymologie arabe a été proposée, dit M. Oppert, mais nous croyons que ce nom comme celui des autres villes arabes est plus ancien et
un court séjour dans cette ville s’établissait près des ruines, à Djumdjuraah*, et commençait les fouilles.
II. — Les vestiges qui restent de Babylone consistent, nous dit M. Rich, en des éminences do terre formées par la décomposition des bâtiments, déchirées, sillonnées par le temps, couvertes à la surface de morceaux de briques, de bitume et de pots do terre*, de loin elles ne paraissent être autre chose que des accidents naturels du terrain. ** Pas un monument, pas une pierre sculptée, rien ; des mon-
qu'il pourrait môme être babylonien. Un sôjour très-long en Asie ma inspiré plus de respect pour la tradition populaire f,.ron ne lui en accorde généralement on Europe, et m’a démontré que la plupart des noms do lieux, quand ils no sont pas évidemment arabes, sont d'une antiquité incontestable. • Exp. sr. en Méscp., tome I, p. 135.
> Djumdjumah (calvaire) est un petit village situé sur la rive orientale de l’Euphrate, à l'2 kilom. au nord do Ililiah. 11 tire son nom d'une petite ruine voisine qui porto les marques incontestables d'un oratoire mahométan.
* Voyapr. de A/. Hich aux ruines de Babylone; traduit et enrichi d’observations par M. Raimond, ancien consul do Bassora-, Paris, 1S18; pages 180 et seqq.
ccaux de briques au milieu d un désert de sable coupé par des marais fétides'. «
A Djumdjumah, trois grandes collines, proches de la rive orientale do l’Euphrate, frappent les yeux. En allant du sud au nord, elles portent les noms de TeU-Amran-ibn-Ali, el Kasr et Babil.
Le tumulus d'Amran* a la forme d’un trapèze dont les deux côtés parallèles ont 500 et 300 mètres de longueur, tandis que la largeur mesure jusqu’à 400 mètres. Sa plus grande élévation est de 30 mèti’es. Sur tout le pourtour, de larges ravins l’entament; un, entre autres, le divise en deux parties.
A 700 mètres d'Amran , et séparé par une vallée profonde, se dresse el Kasr*. Cette ruine se
* M. J. Menant, I.es Ecritures rvnéilormes, page \‘>1.
* Suivant la Iradiiioii, Amran serait lo nom d'un fils d’Ali tut^ dans le lieu de la ruine avec sept de ses compagnons. 11 e.xisto là encore un sanctuaire ou Kouhbeh qui est dédié ù Ainran; lo tombeau du fils d’.Ali est au-dessous dans un caveau. Suivant MM. Rich et Opperl, les hommes qui demandent l’accompliss' ment d'un désir attachent un ruban à la balustrade de l'intérieur de la coupole : quand ils ont atteint leur but, ils le détachent et se montrent reconnaissants envers lo gardien du tombeau.
* El Kasr ou chiUeau. Les Arabes nomment encore ce lu-
compose d’un assemblage do cônes, — au moins 300, dit M. Oppert, — dont les bases forment, dans leur ensemble, une figure presque carrée aux angles faisant face aux points cardinaux. Elle a G40 mètres de long sur 548 de large ; sa hauteur peut être de GO pieds.
Enfin, tout ù. fait au nord, c’est Babil'. « Qu’on se figure une masse énorme de ISO mètres de longueur et de 40 de hauteur, tout accumulée par la main de l’homme, dans un terrain parfaitement plat et dont l’aspect fait ressortir encore davantage la grandeur écrasante de cette ruine. Vers les côtés nord et ouest Babil est endommagé. Il y manque tout le coin du nord-ouest, de sorte que le plan actuel représente un trapézoïde assez informe. Dans la partie septentrionale du côté ouest, une langue
mulus Mudjeiibelt, mot ijui j'iovient, scion M. Fresnel, de la prononciation babylonienne do tnukailibeh diminutif do mnkloubah, la ruine.
' La plupart des devanciers de M. üppert, M. LayurJ excepté, avaient appelé cette ruine .Vudjelibeli, mais son seul nom est liabil. L’appellation de mudjeliLch « ruine, petite ruine, » est donnée du reste par les indigènes à tous les tuinulus qui les frappent parleur construction particulière.
se détache du reste de la ruine ; elle est formée par une vaste incision (ou un golfe, si je puis dire ainsi,] qui, par la pente douce quelle offre, donne l’accès le plus facile à la plate-forme déchiquetée de ce monceau de briques... Une autre incision se trouve au sud de la première ; on peut également monter par là avec facilité. Arrivé en haut, on trouve un petit plateau accidenté; la première chose qu’on aperçoit, c’est une sorte de plaine qui a près de 70 mètres de large et qui montre beaucoup de traces d’excavations de chercheurs de briques ' . »»
En dehors de ces grands groupes, en différents endroits, on peut encore remarquer des ruines plus ou moins considérables. La plus importante est : el Ilomeira la petite rouge « située à 700 mètres à l’est du Kasr, composée de quatre tumulus parfaitement séparés et s’étendant dans un demi-cercle de 300 mètres environ.
Enfin, dans le lointain, au nord-est de Ilillah, à 14 kilomètres de cette ville, on distingue une ligne de petites élévations répandues sur 3 kilomètres de
* M. J. üp|)ort, lirp. sc. en Misop., tome I, page IC8.
distance; les plus remarquables se nomment el Khazneh^ et Tell-Bender'^.
De lautre côté du fleuve, sur la rive arabe, à 12 kilomètres de Hillah, dans la direction ouestsud -sud-ouest se trouvent d’autres ruines encore ; les plus imposantes sont celles de Tell- Ibrahim -el- Khalil* et du Birs-Nimroud
Tell-Ibrahim mesure de l’est à l’ouest, à la base, plus de 500 mètres ; sa partie haute forme un plateau de 300 mètres de long sur 150 et 200 de largo ; il atteint en certaines parties plus de 20 mètres d’élévation. Situé a côté du Birs-Nimroud, il est écrasé par ce dernier dont la hauteur va jusqu’à 150 pieds.
' Lo Trésor.
* Tumulus du porl. — El Ehasneli, Tell-Iie.nder et les ruines environnantes induiucnt, scion M. Oppert, la. place où s'éleva la ville do Culha.
^ La colline d'Abraham.
* Citadelle, ch.'ileau de Nemrod. — Tell-Ibrahim cl lo Birs sont situés sur remplacement de Borsippa comme l'a prouvé la découverte d’un tombeau babylonien, dans lequel, au dessus de la tôle du défunt se trouvait un petit g.itoau en brique noire, de 5 centimètres do largeur cl de longueur el daté do Barsip, le trentième jour du sixième nmis de la seizième année de Nabonid, roi de Babylonc.
Le Birs-Nimroud est une colline oblongue dont la base peut avoir 228G pieds. A son aspect, tous les explorateurs des contrées mésopotamiques se sont arrêtés surpris ; et, en effet, les débris dont il est jonché, sa forme pyramidale, les traces du feu du ciel qui, par places, l’ont vitrifié, les profonds ravins qui, comme autant de cicatrices, le sillonnent, la désolation que tout le pays environnant respire, rien ne lui manque pour fixer les regards.
Telles sont les traces dernières de « la Grande Ville « comme disait Strabon.
III. — Mais par quel concours fatal d’événements ne trouve-t-on plus qu’une immense solitude, de vastes champs semés de débris la place de Babylone, la riche, la commerçante, l’industrieuse cité ; fl la place de ces monuments qu’elle montrait avec orgueil et qui semblaient, si l’on en croit les anciens, destinés à braver les siècles?
Parcourons les auteurs et nous pourrons assister, pour ainsi dire, à cette transformation.
Si l’on veut avoir la représentation exacte de la
vio des peuples, on n a qu’à considérer la vie humaine. Sans parler des moments de crise, de lutte, de transition qui sont le fait de l’une comme de l’autre, la nation ainsi que l’homme a son enfance, sa jeunesse, les commencements ; elle a son Age mùr, l’apogée ; sa vieillesse, la décadence. Or, dès la fin du règne de Nabuchodonosor, il était manifeste que la puissance de Babylono touchait à sa fin. Le Grand-Roi lui-mèrae, en mourant, avait prédit la chute de l’empire. Des bruits menaçants s’étaient répandus dans la ville ; on avait appris qu’un nouveau peuple dominateur se révélait, que le royaume desMèdes était ébranlé déjà par ce peuple naguère son vassal ; et il suffisait d’un esprit clairvoyant aux prophètes d’Israël pour voir que Babylono aurait bientôt le sort qu’elle avait fait subir à Jérusalem. “ Descends, assieds-toi dans la 'poussière, s’écriaientils, vierge fille de Babylone, assieds-toi par terre et non sur un trône, fille des Chaldéens ! On ne t’appellera plus délicate et voluptueuse. Prends les meules et mouds du blé; ôte ton voile et relève ta robe ; découvre ta cuisse pour passer les torrents ; montre ta nudité, que l’on voit ta honte ! «
“ Dans une nuit de réjouissances et de festins, ce sont encore les prophètes qui parlent, cette fille de voleurs va être pillée. «
Cyrus est aux portes de la vi’^e... On sait ce qu’il advint.
L’œuvre de destruction commence. « Le marteau qui avait brisé tant de trônes est brisé à son tour, ♦* dit M. J. Ménant '.
Babylone n’est plus qu’une satrapie de l’empire des Perses.
Sous Darius, avec un roi quelle se donnera, Nidintabel, “ qui se disait Nabuchadanachara fils de Nabonis*, »» elle cherchera à reconquérir son ancienne splendeur. Vains efforts. Une seconde fois elle succombe, et pour la punir, ses hautes murailles sont en partie rasées, trois mille de ses principaux habitants sont mis à mort \
* M. J. Menant, les Ecrilvrcs cvnéifonues. page 1^3.
* L'Inscription de Bi-Suloun nous dit : « Celui-ci csl Nidintabol qui a fait un mensonge, il disait ceci ; Je suis Nabukhadanacbara, fils de Nabonis et jo suis le roi do Babylone. <>
* Nous avons écrit Thistoiro de coUc révolte dons un livre
Xerxès pillera ses palais. Il ne craindra pas de mettre la main sur la statue d’or du dieu Nébo. Il démolira les temples, et la destruction sera telle, qu’IIérodote, quelques années plus tard, ne trouvera plus rien à nous dire de la demeure fameuse de Bel-Mérodach‘.
Quel intérêt au surplus pouvaient prendre les rois de Perse à cette ville du passé ?
N’avaient-ils pas les villes, berceaux de leur race, Suse, Persépolis, la villa persane par excellence? Et qui plus est, soit par prudence, soit par esprit de nationalité, ne devaient-ils pas s’appliquer à la rendre déserte ?
C’en est fini du royaume de Perse , voici venir la conquête macédonienne.
« Les Perses détruisirent une partie de la ville, nous dit Strabon, le temps détruisit l’autre et ’l fut aidé par les Macédoniens ’ . »
intitulé: Nidinlabel, la Perse ancienne; 1 vol. grand in-8, Paris, 18G8, A. Durand et Pédonc-Lauriol.
‘ Le temple do Bélus fut détruit par Xerxôs. Strabon XVI, 1 ; — Arrien, Anab. III, IG et VII, 17, nous rapprennent.
* Slral.on XVI.
Que si maintenant, nous suivons les récits de Strabon, ceux de Diodore, nous verrons Alexandre, malgré tous les soins qu’il prend pour faire accepter les vainqueurs par les vaincus, malgré tous les bras que la conquête amis à sa disposition, contraint à renoncer, tel est leur état de ruine, à la restauration des temples ‘ ; puis, dans un accès de douleur, faisant démolir dix stades du mur de la ville pour élever la terrasse de quatre stades carrés sur laquelle va se dresser le bûcher d’Héphestion *.
L’ère des Séleucides est arrivée.
« Les ruines de Babylone s’accrurent bien vite, continue Strabon, surtout depuis que Séleucus Nicator eût fortifié Séleucie sur le Tigre, à 300 stades de Babylone. Ce souverain et ses successeurs eurent une grande prédilection pour Séleucie et y
> ■ Alexandre avait l'intenlion de rétablir le temple de Bélus, dit Strabon, XVI, l. mais rcnlreprise demandait beaucoup de travaux et de temps, car il aurait fallu deux mois et dix mille ouvriers pour enlever seulement les décombres.» Cf. Arrien, loc. sup. cil.
* Diodore XVII.
transportèrent leur résidence. xVussi est-elle devenue plus grande que lîabylone’ . «
Mais ce n’était pas assez encore de Séleucie pour ruiner une ville comme était celle des Clialdéens. Ctésiphon s’élève ; « A la place de Babylone, dit S. Jérôme, Ctésiphon et Séleucie devinrent des villes remarquables chez les Perses* . «
Naguère, on pouvait dire de Babylone ce qu’Ezéchiel disait d’Assour : - Elle était comme un èrèz au Liban; ses branches étaient belles, touffues, répandant l’ombre; il était haut et sa chevelure s’élevait entre les rameaux serrés® .
Mais déjà, à l’époque où vivait Diodoro, «* une petite partie de la ville seulement était habitée, le reste de l’espace compris dans ses murs était converti en champs cultivés. ♦> Et Strabon pouvait s’écrier à quelques années de là : « ()n peut appliquer à Babylone ce qu’un poète disait de Mégalopolis en
> Slrabon XVII; — Pline, fJist. Nal., VI, 2C
* Saint Jérôme, m cap. 13 d’Isaïe.
* Ezéchiel, c. 31, i. 3.
Arcadie : La grande ville n’est pli’s qu’un grand disert :
Epr,u.i« MeY<*Xiri Ijtiv r, MsYotAK] IloXtç*. »
Bientôt ** il ne reste plus que les murailles de cette reine de toutes les villes que le soleil avait jamais éclairées*. *•
Elle devient un parc où les rois chassent les bêtes fauves; S. Jérôme nous l’apprend, il le tenait d’un témoin oculaire, d’un religieux persan *.
Peu à peu les murailles tombent en ruine ; avec ' le temps, l’Euphrate dont le lit se comble, se fait un autre cours \ et, en ces lieux, il ne reste plus
* Sirabon, X\'1, 1.
* Pausanias, m Arcad. : • Illaautem Dabylon quas unquam sol aspexit vrbiuin maxima, jam prxter tnvros nihil habel reliqui. •
^ Saint Jérôme, m cap. 13, 20 et 21 d'Isaïo : Didicimus
a quodam [mire Elamila qui de illis finibus eyrediens, nunc Jerosolym'* vilam exigit monacliorvm, venationes regias esse in Dabylone et omne generis beslias murorum ejus ambilu tantum contitien. »
* A l’est du cours antique. C’est seulement (.aelque temps avant la fondation d'IIillah quo l’Euphrate rentra dans .son lit primitif. — Strobon donne au fleuve un stade de largeur
qu’un mince filet d’eau qui, coulant à travers les masures et ne trouvant plus de pente d’écoulement, se change en marais *.
Les Arabes apparaissent. Ils fouillent les monticules, creusent des tranchées pour extraire les briques cuites. Ils ne s’inquiètent pas de ce que les tumu- # lus peuvent recéler de richesses archéologiques dans leurs flancs; pour eux, ils ne sont que des carrières dans lesquelles ils trouvent des matériaux tout préparés qui vont servir à la construction de villes, telles que Bagdad, Cufa, Hillah, Mesched- Ali
Des siècles se sont écoulés, l’exploitation dure encore*.
Ninive, la cité guerrière, avait soulevé tant de
à Uabylonc; Rennell, environ 45U piuds anglais; Niebuhr, 100 pieds danois ; Rich, 450 pieds anglais. Sa profondeur est do deux brasses et demie ; son courant de deux nœuds environ.
‘ Théodoret, in cap. 50, .38 et 39 de Jérémie: Euphralet
fjuondam urbem ipsam mcitiam divUlebat, mine avlein fluvius converstts est in aliain viam et per riulera minimus aquanun mcalns puil. »
* Voyez notre texte, page 12 et note U
haines qu’au jour des représailles, rien n’avait été laissé debout; la ville avait été rasée, les habitants dispersés dans les bourgades voisines. Babylone avait été la cité des dieux; quand son heure de décadence fut arrivée, elle put trouver encore dans le respect religieux que son nom rappelait une sorte de protection contre les colères *.
Les excavations faites sans soin, sans ordre*; la masse énorme des monticules, leur composition ; le long espace de temps qui s’écoula entre la chute de l’empire de Babylone et la ruine définitive
* « Mais elle a expié cruellement sa grandeur, dit M. Mé* nant, Les Ecrit, cuncif. ; mémorable exemple des vanités de la terre, elle a donné son sang et ses trésors é ses premiers vainqueurs ; chacun est venu lui arracher un lambeau de sa gloire et du ce colosse à la tête dor, il no reste plus cachés dans les sables du désort que lee pieds d'argile sur lesquels on va lire les étonnants récits do l'époque la plus glorieuse de son histoire. ■
’ ■ On comprend combien ce travail des hommes a dû accélérer les ravdges du temps, dit M. Mènent Les Ecrit, cunéif.^ p. 117; aussi ces grands palais qui faisaient la gloire de la Ville éternelle no marquent plus leur place sur le sol que par des monceaux de décombres dont les besoins du moment changent souvent la forme et la position. — Cf. M. Op*
de la ville sont autant de causes qui n’ont pas permis des reconstitutions aussi sérieuses qu’ont été celles des monuments do Ninive.
Ici, ce n’est plus, comme quand il s’est agi de la cité assyrienne, le sol seulement que l’on doit consulter, mais encore et surtout les inscriptions, les auteurs.
péri, Bxp. $c. en Mésop., tome I, page 142 : « Les chercheurs (le tuiles, — M. Oppert parle ici du Kasr, — en dérangeant un monceau de briques pulvérisées ont fait d'une colline une vallée et d'une vallée adjacente une colline. Pondant des siècles le Kasr a. été Touillé... • Le mémo fait se présente pour Aviran; voyez M. J. Oppert, loc. svp. cH., page 1G7 ; voyez encore, page 149.