‹ Les monuments en Chaldée, en Assyrie et à Babylone, d'après les récentes découvertes archéologiquesChapitre 2 sur 15 · V: pag* K · texte numérisé non relu

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j’envoyai quelques ouvriers pour tâter le terrain dans cette localité ‘

“ Trois jours après, un de mes ouvriers revint de Khorsabad pour me dire qu’on y avait déterré des figures et des inscriptions. La description qu’il m’en fit était si confuse, et je me méfiais tellement des rapports exagérés que je ne voulus pas risquer

‘ « Après s’ôlre dégagé définitivement à Djéziroh des montagnes au milieu desquelles il prend sa source, le Tigre en suit encore la base pendant quoique temps; puis, grossi par les eaux du Peichabour (rivière formée par la réunion du llaizil et du Khabour, qui tous deux descendent des monts Djonds ), il vient baigner l’extrémité occidentale du djébel Zakhô ou montagne de Zaktiô. A partir déco point, les premières élévations qui bordent la chaîne du Curdistan, s’écartant peu à peu, laissent entre elles et le fleuve une plaine dont la largeur augmente progressivement et atteint vis-à-vis de Mossoul environ 10 kilomètres.

« Cette plaine est loin d'étre unie et no présente pas le caractère alluvial qu’olfre la Mésopotamie dans la partie inférieure du cours de l'Euphrate et du Tigre; au contraire, elle est fortement ondulée et sillonnée par les cours qui descendent des montagnes, coulent du nord-est au sud-ouest vers le fleuve, en suivant l’inclinaison générale du lorrain. Le principal de ces cours d’eau est le Khausicr, qui, prenant sa source au nord de Mossoul, dans les montagnes d'Alcosch, vient se jeter dans le Tigre, en traversant l'enceinte môme des antiques murailles de Niiiivo.

« C’est dans cette plaine bornée, à l’ouest par le Tigre, à l'est par les montagnes, que se trouve le monticule de Kborsabad ; »’ est situé prés de la rive orientale du Khausser,

un voyage inutile et aller vérifier moi-même ce dont je doutais.... »

M. Botta envoya un de ses domestiques, avec ordre de lui copier quelques caractères de ces prétendues inscriptions, et ce n’est qu’au retour de ce dernier qu’il se rendit lui-même à Khorsabad, et commença ses recherches.

à 2 kilomôlros de la première chaîne de collines, el à IG kilomètres environ dans le nord- nord -est do Mossoul. »— Solon M. Place, 12 kilomètres. — Voyez, planche P*, l'aspect du monticule do Khorsabad avant les fouilles, d'a])i'ô3 le dessin de l'ouvrage de M. Botta. — M. Rich doit avoir connu ce village ; sur sa carte il cite un village, Kassiroak ; c'est peutêtre là une corruption de Khorsabad, d'autant que l'on n'a connaissance d'aucune bourgade do ce nom. Niebuhrl'a posivement cité; on trouve en elTetdans sa liste des villages situés au nord do Mossoul, et à l'est du fleuve, Khaslabad. Les habitants le nomment indilféremment Khorsabad, Khirtabad, Khorslabad, Khaslabad, Khestéabad. D'après Yacouti, Dicl. Géog., on devrait dire Khourouslàbdz, ce qui signiüerait demeure do Cyrus, si la présence du l et du z, disent les orientalistes, no rendait pas cette étymologio impossible. Peu importe, au surplus, que ce soit, demeure de Cyrus, cela ne peut en rien changer les connaissances si exactes que l'on a sur l'ancien édifice qui, lè, a existé jadis. Combien au reste no trouve-t-on pas, en Mésopotamie, do châteaux, citadelles, palais de Nemrod. Et que s^gtiiliont ces dénominations, sinon que le souvenir de ces rois s'est conservé et que dès lors les indigènes ont donné aux tumulus, aux ruines qu’ils ont retrouvées, les noms de princes devenus légendaires pour eux, comme Odin l'est devenu dans la Scandinavie.

En peu de jours, les fouilles avaient déjà donné de grands résultats, et pour savoir de suite si réellement, comme il le supposait, le monticule renfermait un monument considérable, M. Botta fit creuser un puits à quelque distance de l’endroit où l’on avait commencé les recherches, et « immédiatement, dit-il, je vis paraître des bas-reliefs qui m’offrirent les premières figures complètes'.

Aussi, dès cet instant, les tranchées furent-elles poussées avec la plus grande activité, malgré quelques difficultés causées par la mauvaise volonté du pacha de Mossoul et par les craintes des habitants du village". »

“ Jusque-là, continue M. Botta, les fouilles de Khorsabad, comme celles du monticule de Koyoundjouk, avaient été exécutées à mes frais, et la modicité de mes ressources personnelles m’aurait forcé

' M. Hotta écrivit ii M. Mohl, on date du 5 avril 1843, le résultat de ces premières reclierchcs ; cette lettre, conimuuiquée à l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres le 7 juillet 1813, fut insérée dans \e JounMl^le la Société asiatique de Paris.

* Seconde lettre de M. Botta à M. Mohl, en date du 3 mai 1843, communiquée à l’Académie, et insérée dans le Journal de la Société asiatique.

bientôt à les interrompre,... » si le gouvernement français n’était venu en aide à son consul *.

•* Je pus dès lors donner plus d’activité et d’étendue à mes travaux.

“ Ce ne fut cependant pas sans rencontrer des obstacles sans cesse renaissants ; les environs marécageux du village de Khorsabad ont une réputation proverbiale d’insalubrité, qui fut bien justifiée par mon expérience personnelle et par celle des ouvriers que j’employais. Nous en éprouvâmes tour à tour les dangereux effets, et je faillis une fois en devenir la victime. Mais ce fut la moindre de mes difficultés, et la mauvaise volonté de l’autorité locale en était une bien plus inquiétante et bien plus difficile à vaincre. On sait que les musulmans, trop ignorants pour comprendre les vrais motifs de nos recherches scientifiques, les attribuent toujours à la cupidité , seul mobile de toutes

’ M. Boita cilo, comme lui étant venus en aide : M. E. do (ladalvène, alors directeur de la poste française à Constantinople ; MM. Mohl, Vitet et Letronne, qui intercédèrent près du gouvernement français; et c'est M. Duch&tel, ministre do l'iiitérieur, qui, par décision du 24 mai 1843, mit à la disposition de M. Botta une somme de 3,000 francs.

leurs actions. Ne pouvant s’expliquer les dépenses que nous faisons pour déterrer des débris antiques, ils croient que nous cherchons des trésors. Les inscriptions que nous copions avec tant de soins sont ù. leurs yeux des talismans qui gardent ces trésors, ou qui indiquent où ils se trouvent; d’autres, qui se croient plus habiles sans doute, ont recours pour expliquer nos recherches à une supposition plus bizarre encore ; ils s’imaginent que leur pays a appartenu anciennement aux Européens, et que ceux-ci cherchent dans les inscriptions des titres constatant leurs droits, à l’aide desquels ils puissent un jour revendiquer la possession de l’empire ottoman.

« Ces absurdes préjugés ne pouvaient manquer d'influence sur le caractère cupide et soupçonneux de Mehmed-Pacha , alors gouverneur de la province de Mossoul ; et il ne tarda pas à s’inquiéter de mes recherches, qu’il avait cependant d’abord autorisées. Préoccupé de l’idée des trésors cachés dans les ruines que je déterrais, il se contenta d’abord de faire surveiller mes ouvriers par des gardiens, et de se faire apporter les moindres objets do métal que

les fouilles mettaient à découvert; il soumettait ces débris à toutes les épreuves possibles, pour s’assurer qu’ils n’étaient pas d’or ; puis, s’imaginant que, malgré cette surveillance, les hommes que j’employais pouvaient lui soustraire des objets précieux, il menaçait de les mettre à la torture pour les forcer à lui révéler l’existence de ces trésors imaginaires ; aussi plusieurs fois mes ouvriers furent-ils sur le point de m’abandonner , malgré les assurances de protection que je pouvais leur donner, tant ils connaissaient bien le caractère cruel de Mehmed-Pacha. Ce fut une lutte de tous les jours, des négociations sans cesse ù. recommencer; et le dégoût m’aurait peut-être forcé à tout abandonner, si je n’avais pas été encouragé par la certitude que j’avais acquise de l’intérêt extrême de ma découverte. Les travaux, souvent interrompus par ces tracasseries, avancèrent cependant peu à peu jusqu’au commencement du mois d’octobre 1843, époque à. laquelle le pacha, obéissant peut-être à des insinuations parties de Constantinople, m’interdit formellement de continuer les fouilles. Il lui fallait un prétexte ; mais un gouverneur turc n’en

manque jamais, et voici celui qu’il inventa. Avec sa permission expresse, j’avais fait bâtir à Khorsabad une petite maison pour m’y loger quand j’allais visiter les ruines. Le pacha prétendit que cette maison était une forteresse élevée par moi pour dominer le pays ; il informa son gouvernement de cette circonstance, et mes innocentes recherches prirent subitement les proportions d’une question internationale.

« Je ne perdis pas de temps pour faire lever cette interdiction; par un courrier expédié le 15 octobre 1843, j’informai M. le baron de Bourqueney, ambassadeur à Constantinople, de ce qui se passait, et je le priai de demander h la Porte les ordres nécessaires pour que je puisse continuer librement dos travaux exécutés alors par ordre et aux frais du gouvernement français ; en attendant le succès des démarches de l’ambassade, j’eus beaucoup de peine à obtenir de Mehmed-Pacha qu’il ne fît pas démolir ma maison de Khorsabad ni remplir les excavations, qu’il affectait de considérer comme les fossés de ma prétendue forteresse. Il finit cependant par m’accorder un délai, espérant que ses mensonges

obtiendraient du crédit î\ Constantinople, et que la Porte approuverait sa conduite. Les moyens qu'il employa pour parvenir à ce but étaient très-curieux, et me donnèrent l’occasion d’apprendre comment il se fait que ce gouvernement turc soit constamment trompé sur ce qui se passe dans les provinces de l’empire. Par une longue expérience, les habitants de Mossoul savaient que Melimed-Pacha ne reculait devant aucun moyen pour arriver h ses fins ; aussi la crainte les rendait-elle dociles à ses volontés. Il força d’abord le cadi de Mossoul à aller à Khorsabad, et à rédiger un rapport mensonger sur l’étendue de ma forteresse ; ce rapport fut envoyé à Constantinople, accompagné d’un plan imaginaire propre à donner l’idée la plus effrayante de cette humble chaumière. Puis il fit rédiger une pétition contre la continuation de mes recherches, et força les habitants de Khorsabad à la signer; cette pétition fut également envoyée à Constantinople.

Pendant tout ce temps, Mehmed-Pacha ne cessait de protester devant moi de sa bonne volonté, m’assurait qu’il était étranger aux difficultés que je • rencontrais, et me donnait par écrit les ordres les

plus favorables, tout en menaçant ensuite les habitants du bâton s’ils avaient le malheur d y obéir. Un trait seul de cette longue comédie peindra la manière dont Mehmed-Pacha jouait son rôle. Je lui dis un jour que les premières pluies de la saison avaient fait tomber une partie de la maison bîUie à Khorsabad. Il se mit à rire de l’air le plus naturel ; et, s’adressant aux nombreux officiers qui l’entouraient, il leur dit : - Voyez quelle est l’impudence des habitants de Khorsabad : ils prétendent que le consul de France a fait construire une redoutable forteresse, et un peu de pluie suffit pour la démolir. Je vous assure, monsieur le consul, que si je n’avais, peur de vous faire de la peine, je les ferais tous mourir sous le bûton ; ils le méritent bien pour avoir osé vous accuser. «

Durant cet intervalle, un nouveau crédit* avait été alloué à M. Botta, et le dessinateur qu’il attendait avait été nommé sur la désignation de l’Académie. C’était M. Flandin qui, déjà, avait rempli une semblable mission en Perse, avec M. Coste*.

• Décision des 5 et 12 octobre 1843.

* E. Flandin et Pascal Cosie, Voyage en Perse, 1840 et 1841.

« En môme temps, MM. les ministres décidèrent que toutes les sculptures dont l’état de conservation permettrait le transport seraient envoyées en France, et qu’une publication spéciale ferait connaître au monde savant le résultat de mes découvertes. Mais il restait ù, obtenir le consentement de la Porte ; et les personnes qui ignorent les ressources que le mensonge fournit à la diplomatie ottomane auraient peine à s’imaginer toutes les difficultés que l’ambassade de France eut à vaincre pour décider le divan à ne plus faire semblant de croire à ce fantôme de fortifications soi-disant élevées par le consul de France à Mossoul. Quelques obstacles plus réels, et fondés sur des particularités de la loi musulmane, s’ajoutaient d'ailleurs à ce ridicule prétexte. Le village de Khorsabad était b:Ui sur le monticule qu’il s’agissait de déblayer; il fallait obliger les habitants à transporter ailleurs leur domicile et à démolir leurs anciennes maisons. Or la loi ne permet pas d’empiSter sur des terrains propres à la culture, et l’espace destiné au nouveau village ne pouvait par conséquent être pris sur les terrains de cette nature qui entouraient le monticule. L’in-

sistance de M. le baron de Bourqueney triompha des répugnances de la Porte. En vertu d’une convention spéciale, les habitants de Khorsabad furent autorisés à me vendre leurs maisons, et à aller s’établir momentanément au bas du monticule'. On me permit de conserver la maison cause de tant de débats, jusqu’il la fin des travaux.

«* Les fouilles furent permises à condition do remettre ensuite le terrain dans son état primitif,, pour que le village pût être rebâti sur le même emplacement; enfin un commissaire de la Porte fut envoyé â Mossoul pour prévenir de nouvelles difficultés. Mais cette négociation, rendue interminable par le mauvais vouloir du divan, avait pris plusieurs mois, et ce ne fut que le‘4 mai 1844 que M. Flandin, arrivant à Mossoul, put m’apporter les firmans demandés par moi en 1843.

«* Rien ne, s’opposait donc plus â la reprise des travaux ; j’avais â ma disposition des fonds suffi-

• Avant les fouilles do Boita, le village de Kliorsabad s’élevait sur le sonriinet môme du monticule, et se composait de cent cinquante petites maisons ou chaumières coiivorlos de toits do chiame et bâties, comme celles du i»ays, do briques séchées au soleil.

sants pour achever le déblai du monument tout entier ; M. Flandin était arrivé pour dessiner, les bas-reliefs, et je pouvais en outre compter sur son assistance active et cordiale. Je pris en conséquence toutes les mesures nécessaires pour commencer im-

médiatement et pousser activement les travaux. Il fallait d’abord débarrasser le terrain des maisons qui le couvraient ; ce fut chose facile, et je n’eus point de peine à contenter leurs humbles propriétaires, qui désiraient eux-mêmes le déplacement du village, et se trouvaient heureux de l’opérer à mes dépens. Mais il fallait encore désintéresser les propriétaires ou plutôt les usufruitiers du terrain sur lequel devait être bâti le nouveau village ; et leurs prétentions étaient siexhorbitantes qu’elles auraient absorbé une grande partie des fonds qui m’avaient été alloués, si le pacha, en me rappelant par hasard une des singularités de la loi turque, ne m’avait fourni lui-même un moyen de les forcer à modérer leurs demandes ^ . *»

< «< Dans les pays musulmans, il n'y a pas do propriété véritable, mais un simple droit do possession payé chaque année par une redevance. Tout le sol destiné à la culture, à

Cette dernière difficulté vaincue, M. Botta ayant trouvé, par suite do malheureuses circonstances qu’il rappelle, le nombre d’ouvriers nécessaire ‘ , recommença les fouilles si longtemps interrompues par toutes ces entraves, ce fut au mois de mai 1844, et ne les arrêta plus qu’à la fin d’octobre de la même année.

A cette date, M. Botta, considérant comme complète l’exhumation do ce qui restait du palais de Khorsabad*, songea à envoyer en France les sculptures et les bas-reliefs les plus importants qu’il avait rencontrés. Ce ne fut pas encore sans peine qu’il y parvint. Vers la fin de décembre 1846, ce-

l’exceplion des jardins et des vergers, appartient à un ôtro abstrait, représentant la communauté musulmane, et représenté lui-môme par le souverain. Celui-ci, n'étant en quoique sorte qu’un tuteur, dispose du sol dans l'intérét de la société qu'il personnilie , mais il no peut l'aliéner par une vente à perpétuité. II no peut Jamais faire que des concessions temporaires en échange d'une redevance annuelle ou d'un service à rendre. Quelquefois, il est vrai, ces concessions so transmettaient par voie d'héritage ou de vente ; mais c'était un abus, une véritable infraction à la loi. »

‘ Le triomphe des Curdes sur les Nestorions.

^ 1.63 fouilles cependant étaient bien loin d'ôlre totales, nous le verrons, mais elles avaient mis au jour la partie la \

plus riche du palais.

pendant, la gabare le Cormoran arrivait heureusement au Hàvre, où était débarquée, puis transportée au Louvre, sans accident, la première collection d’antiquités assyriennes qui eût encore été apportée en Europe*.

Les Chambres, sur le rapport de M. Crémieux, ayant voté le projet de loi relatif à la publication des matériaux recueillis par MM. Botta et Flandin, ces derniers donnèrent au monde savant le magnifique ouvrage connu sous le nom de Monxment deNinive.

III. — Mais les intérêts de la science ne pouvaient laisser les Anglais indifierents. A leur tour, ils entreprirent des travaux de même nature.

« M. Layard, dit M. Place, explorateur ardent et intelligent, travailleur infatigable, à son retour d’un voyage de deux ans dans le Khouzistan, avait visité les travaux de M. Botta, et reconnaissant la

' M. Place ne fui point aussi licureux dans ses envois que M. Botta; la plupart des bas-reliefs qu’il avait expOdiôs pour la France, ül naufrage et fut i)erdu dans le Tigre. Heureusement la photograpliio les avait conserve^s. — Les sculptures et bas-rcliofs envoyt^s par M. Botta se peuvent voir au musée du Louvre ( musée assyrien ).

richesse du filon nouvellement ouvert, il s’était initié aux moyens de l’exploiter. Encouragé par l’ambassade d’Angleterre à Constantinople et par les Trustées ’ du Musée Britannique , il reprit les fouilles do Koyoundjick *, après avoir constaté que M. Botta, absorbé par le palais de Khorsabad, avait abandonné le premier de ces monticules. Lui aussi ne tarda pas à découvrir des lignes de basreliefs; elles l’introduisirent dans un nouveau palais, à la suite duquel il rencontra d’autres édifices sur la même éminence «

’ Administra leurs.

' Koyoundjick, dont les coristrucUons ont faH partie do Ninivo, est situé sur la rive orientale du Tigre, entre Khorsabad au nord et Nemrod au midi; le Khausscr, qui tout près de là se jette dans le Tigre, travei*so les ruines. Nous avons vu déjà que Niebuhr avait parlé de ce village, Kouïo~ Djouk, comme il le nomme (do Koyoun, brebis); que Rich l'avait cité do môme ; et qu'Ainswortli nous avait donné la description des ruines qu'il nomme Koyunjuck (petit agneau) : • Une énornle masse de forme irrégulière, ayant 43 pieds anglais do haut, (le pied anglais = 30 cenli. 47,) 2563 yards, (le yard = 0 ra. 914,) de circonférence ; ses côtés sont escarpés, le sommet en est plat. On y trouve do bonnes briques, des poteries couvertes d'une fine écriture cunéiforme ; on la voit surtout quand les débris ont été lavés par de fortes pluies. »

' ® Minive et l'Assyrie par M. Place; publié par ordre do l'Empereur. lmp. lmp'*, 1867, 3 v. in-fol.,on coursde publication.

M. Layard n’a retrouvé que peu do choses, — une statue et un obélisque brisé, — de la première Ninive détruite en 788 avant notre ère. Mais il n’en fut pas de même do la seconde.

Le roi Sennachérib ou mieux Sinakhérib ‘ , (Sin — le dieu lune — a multiplié les frères,) fils et successeur de Sarkin nous apprend, dans une inscription, qu’il refit de Ninive la reine de l’Asie : “ J’ai relevé, dit-il, tous les édifices de Ninive Ma Royale Cité. J’ai reconstruit ses rues anciennes ; j’ai élargi les plus étroites ; j’ai fait de la ville entière une cité resplendissante comme le soleil. J’ai construit, selon le vœu de mon cœur, un palais en albâtre et en cèdres, et j’y ai mis- la commémoration de mon nom. Ce palais, M. Layard la découvert. Il avait, dit-il, huit acres ^ en superficie et 80 composait de trois cours carrées autour desquelles étaient rangées les salles de réception, les appartements et les chambres destinées au service.

A côté de ce palais, surgirent bientôt d’autres

• Régna de 702 à 680.

* Nous parlerons plus loin do Sarkin.

’ L’acre = 40 ares 47 centiares.

constructions, et M. Layard ne tarda pas à reconnaître qu’il avait devant lui un second édifice « élevé sur une terrasse dont la forme était celle d’un T gigantesque. « C’était l’habitation d’Assourbanipal ‘ . Comme dans tous les palais assyriens, on a retrouvé des taureaux allés à face humaine, et des bas-reliefs nous retraçant des scènes de chasse, des sacs de ville, etc., mais les sculptures d’Assourbanipal sont les plus fines et les mieux achevées de toutes celles qui nous viennent d’Assyrie. Enfin, entre toutes choses précieuses, nous devons citer les tablettes de terre cuite que M. Layard a rapportées à Londres et qui provenaient d’une bibliothèque que le roi avait établie dans son palais ‘.

‘ Assourbanipal ou mieux Assour-idanna-palla, Assour a donné un lils, ou lila donné d’Ai^sour, lils ol successeur d’Assarhaddon (C80-GC8), a régné de 6G8-G60.

* G’élaituno singulière bibliothèque que celle de Ninive.Ello se composait do tablettes de terre cuite, plates, carrées, chargées sur leurs deux faces d’une écriture cunéiforme cui'sive, ûno, serrée, que l'on traçait sur l'argilp fraîche encore. Un livre était formé par la réunion de tablettes numérotées. On empilait les unes sur les auffes les pages d'un mémo ouvrage, et chacun avait une case à part dans la bibliothèque. M. Layard a rapporté de nombreux débris, lis sont conservés 'maintenant au Musée britannique. On a reconnu, d'après ces tablettes, l'existence d'une encyclopédie gram-

« Les succès accrurent l’ardeur do M. Layard continue M. Place. A six lieues au sud deKoyoundjick, il explora un groupe de collines désigné encore sous le nom significatif de Nimroud ou Nem-

maticalo traitant dos difTicultés do l’('crilare et de la langue» d'un lexique de la langue casdo-scythique avec le sens do scs mots en assyrien ; de dictionnaires ; de traités de droit privé ; de livres do chronologie; de manuels d'histoire de Ninive et de Babylone ; de livres de géographie, de statistique, de mythologie, d'astronomie; d'encyclopédies; de collections d'hymnes; de traités d'arilhn;étique qui prouvent que c’est à la civilisation do la Mésopotamie (jue Pythagore emprunta le système de sa table de multiplication ; de catalogues d’observations stellaires et planétaires. Et ce qui est bien plus curieux encore, c'ost que la bibliothèque de Ninive était publique ; on y venait travailler comme on vient dons les nôtres ; telle a été en effet la pensée de son fondateur. Qu'on lise plutôt cette formule placée h la (in d’un traité d’encyclopédie grammaticale : « Palais d’Assourbanipal, roi du monde, roi d'Assyrie, è qui le dieu Nébo et la déesse Tasmit (déesse de la science) ont donné des oreilles pour entendre et ouvert les yeux pour voir, ce qui est la base du gouvernement, ils ont révélé aux rois mes prédécesseurs cette écriture cunéiforme, la manifestation du dieu Nébo, du dieu do l'intelligence suprême : je l’ai écrite sur des tablettes, Je lai signée. Je l’ai rangée, Je l'ai placée dans mon palais pour l'instruction de mes sujets. ■ Dans ces livres, il y a plus de deux mille ans, les étudiantsde Ninive venaient puiser la sflencedes hommes et des choses, aujourd'hui, dans ces mômes livres, nos assyriologues travaillent, apprennent, et d'après eux, autant que d'après les inscriptions et les monuments, nous font connaître l’hisloire et la vio du peuple assyrien.

rod ; et ses nouveaux travaux ne furent pas moins heureux que les précédents ' . «

Les collines de Niraroud® recélaient dans leurs flancs plusieurs palais. Le premier, “ le grand palais de Chalah, ” avait été construit vers Tan 1060 par Salmanasar III, puis rebdti par AssournasirpaP, fils du valeureux Teglatli-Samdan (929-923,) et le prince y avait écrit « là gloire de son nom. « M. Layard en a exhumé, et les grandes collections de l'Europe possèdent des bas-reliefs remarquables par la bande d’inscription gravée sur le corps des personnages et qui partout reproduit le même texte, de gigantesques taureaux ; des lions colos-

' M. Place, op. cil.

* Les collines de Nimroud, Chalah, sont situées à 30" latitude no.rd et 43® 2T longitude est do Greenwich, à 3 ou 4 kilomètres de la rive gauche du Tigre, à peu près à la môme distance de la rive droite de TAbou-Selmen, presque au sommet de l’angle formé par la jonction de cos deux rivières ; à neuf lieues au sud de Mossoul, à 14 lieues peu près de Khorsabad, en ligne droite. D'après la carie de M. Layard.

’ Assournasirpal, le Dieu Assour protège son ûls (923- 899). M. Layard a décrit 1e palais (nord-ouest) de ce roi et en a donné le plan. — Comme à Koyoundjick, un observatoire existait dans ce palais. Cette Tour à étages s'élevait à l'angle nord-ouest du monticule sur lequel se dressait le palais ; un peu plus à l’est, il y avait un temple.

saux portant des inscriptions au-dessous de leurs jambes ; une stèle, actuellement à Londres, nous redisant les campagnes du roi. La statue d’Assournasirpal y fut aussi découverte, elle est au Musée Britannique, et sur la poitrine on lit cette inscription : “ Assournasirpal, grand roi, roi puissant, roi des légions, roi d’Assyrie ; fils de Teglath-Phalasar, grand roi, roi puissant, roi des légions, roi dAssyrie ; fils de Houlikhous, grand roi, roi puissant, roi d’Assyrie. — Il posséda les terres depuis les rives du Tigre jusqu’au Liban ; il soumit à sa puissance les grandes mers et tous les pays depuis le lever jusqu’au coucher du soleil. »» Le prince est représenté debout, tenant une faulx d’une main, et de l’autre une massue : c’étaient bien là les attributs qui convenaient à ce roi dont : “ La figure s’épanouissait sur les ruines et qui trouvait sa satisfaction dans l’assouvissement de son courroux ’. »»Sur le monticule du palais se dressaient aussi une tour à étages et un temple. Ce même roi avait, à Ninive, construit un temple à Beltis, — la mère des

’ Inscription gravée sur une stèle élevée sur remplacement d'une ville rasée par lui.

dieux ; — à Chalah, un temple à Ninip-Samdan, — l’Hercule assyrien ; — et à Ninive encore, élevé un obélisque monolithe’ de 12 à 13 pieds anglais de hauteur et de deux pieds de largeur à la base.

Le second palais que M. Layard rencontra à Chalah, et que l’on désigne sous le nom de palais central, avait été élevé par le fils d’Assournasirpal, Salmanasar V * ; une stèle en basalte conservée au Musée Britannique nous a initié aux guerres que ce prince avait entreprises.

Enfin un troisième palais ^ a été reconnu. Il est l’œuvre d’Assarhaddon, ce monarque qui s’intitulait ; “ roi d’Assyrie, vicaire de Babylone, roi d’Egypte,

• Ou mieux une stèle.

- Régna de 899-870. — Le palais de Salmanasar s’élevait à côté du premier sur la môme plate-forme. Ce palais central a tellement soulTert, — on suppose qu’Assarhaddon s'est servi, pour construire son palais, des matériaux de ce dernier, — qu'il a été impossible d'en donner le plan. Salmanasar acheva le grand temple de Nin commencé par son père.

^ Ce palais était biUi à l'angle sud-ouest du monticule de Nimroud. A l’ouest, dit M. Layard, il louchait ou Tigre, et au sud à la vallée formée par le terrent de Shor-Derroh. Los limites do ce palais, sur les côtés sud, ouest et est, sont incertaines ; le côté est n’a pas été exploré en totalité ; quant aux côtés sud et ouest, ils ont été rongés par les eaux du Tigre et duShor-Dorreli.

de Méroë et de Coush. « — « Dans le mois propice, au jour heureux, nous dit-il, jai kUi au-dessus de ces soubassements de magnifiques palais pour la demeure de Ma Majesté. Le grand palais de 85 mesures en longueur et de 30 grandes mesures en largeur, je lai achevé. J’ai entouré les colonnes en cyprès dont la solidité a été éprouvée, avec des ronds en argent et en fer. J’y ai disposé et distribué des taureaux et des lions en pierre, apposés face à face. L’un veille sur la victoire, l’autre accomplit les œuvres du roi qui les érige tous deux. »> C’est sous ce roi et sous son fils Assourbanipal que l’art assyrien a fait preuve de la plus haute perfection. Malheureusement, î\ la mort de ce dernier prince, en 660, il ne restait plus è la capitale de l’Assyrie que 54 ans d’existence; et Assarhaddon, en élevantces constructions, ne pensait pas davantage à cette fin prochaine que Sennachérib, quand, vers 690, il écrivait sur les murs de son palais de Ninive : « Ce palais vieillira et tombera en ruines dans la suite des jours. Que mon successeur relève les ruines; qu’il rétablisse les lignes qui contiennent l’écriture de mon nom ; qu’il restaure les peintures ; qu’il net-

toie les bas-reliefs et qu’il les remette en place ! Alors, Assour et Ishtar écouteront sa prière. Mais celui qui altérerait mon écriture et mon nom, qu’Assour le grand dieu, le père des dieux, le traite en rebelle ; qu’il lui enlève son sceptre et son trône ; qu’il brise son glaive ! ^

D’autres ruines encore nous rappellent le nom do M. Layard ; ce sont celles de Kalali-Scliergat * : «Elles ressemblent en tout à celles deNimroud*. *» Parmi les découvertes qui y ont été faites, nous citerons la longue inscription gravée et se répétant sur quatre prismes de terre cuite qui avaient été enfouis qux quatre angles du grand temple consacré à Assour ’. Cette inscription embrasse tout ,1e règne de Teglath-Plialasar P’’, qui, d’après les calculs de M. Oppert, aurait brillé vers l’an 1250 avant

* Les ruinoB do Kulali-Scherghat sont situées à prés do 25 lieues en ligno directe au sud de Kliorsabad, sur la rivo droite du Tigre.

* On peut ajouter, à celles de Kliorsabad : grande butte carrée, surmontée d’un cône ou pyramide, do longues lignes do petits monticules entourant un espace (pindrangulnire.

* Le texte de rinscriplioa do 'rcglalh-lMialasar a été publié parMM. Uawlinaonet Norris,dans The C une iforminscri plions of IV’wtcmdsia; London, 18G1, ia-fol.,vol. I, pl. 16, C’est cetto

notre ère Le roi non-seulement nous raconte toutes ses victoires et nous initie à l’administration de son royaume, mais encore nous parle des monuments qu’il a élevés, — les temples d’Ishtar, de Bel et de II, et des divinités protectrices d’Ellassar, les palais pour son usage, les forteresses qui devaient garder son territoire, — et nous énumère les restaurations qu’il a faites d’anciens édifices, — les temples d’Anu, d’Iva etd'Assour*.

inscription quia servi, en 1857, h ce concours ouvert devant la Société asiatique de Londres sur la proposition de M. Fox Talbot, et qui a donné lieu aux quatre traductions do MM. Fox Talbot, Rawlinson, Hincks et Opperl. Depuis, en 18(>5, M. Oppert en adonné uno traduction française dans les

Annales de Philosophie chrclienne.

' Cette inscription est ainsi datée : « Dans le mois de Kusalla (Chisleu), le Î9* jour de Tannée présidée par Ina-iliyapallik, le grand chef des esclaves du palais. » Le roi nous dit dans cette inscription qu'il n'a fait que relever un temple dédié au dieu Oannés (Ann) par Ismidagan, TOI ans après sa première construction. Ismidagan aurait donc régné vers Tan 1951 avant notre ère, date qui nous reporte à Tépoquo de la domination chaldécnno.

*La colline de Nebbi-Younas, comprise dans l’enceinte do Ninive, renferme aussi des ruines de palais ; mais la superstition des Arabes qui pensent que là est le tombeau do Jonas, a empéché jusqu'ici les Européens de l'explorer. M. Loyard n'y put faire qu'une légère excavation qui mit au jour quel- • ques fragments portant le nom d’Assarhaddôn. Après lui, les Turcs ont, à leur tour, quelque peu effleuré le monticule et y

« Les diverses publications des découvertes de M. Layard , en attirant sur son nom une juste

ont rencontré quelques constructions et débris portant les dates d'IIoulikhous III, l'époux do la reine Sammouramit, (851-822 ,) de Sennachérib et d'Assarhaddon. — Le roi Iloulikhous semble avoir de plus biti quelques chambres sur le monticule de Nimroud; mais elles sont de petite dimension, sans sculptures, les murs n'y sont revélus que d’un simple stucage sur lequel des peintures à fresque forment des dessins, tels que des carrés et des cercles. — Le palais d'Assarhaddon à Nebbi-Younas, devait être considérable et magnifique. Le roi avait réuni des matériaux sans nombre, bois, pierres , métaux ; il pouvait commander à une quantité incalculable de travailleurs, et 22 rois de Syrie, ses tributaires, lui avaient offert tout ce qui dépendait d'eux pour la construction de ce palais; cos rois étaient: Baal de Tyr, Manassé do Juda ; Cadumuhu d'Udumi ; Musuri de Mabili, . . . bil do Gaza; Milinli d'Ascalon; Itiizu doMigron; Iskiasap de Hyblos; Kulu-Bal d'Arvad ; Abibal d'Usimuruna ; Pudu-11 de Bit-Ammon; Numilkud'Asdod ;Ægislusd'Idalium ; Pythagore de Cilium; Ki... de Salamine ; Itu-I)agon do Paphos; Irilus de Solium ; Damastes do Curium ; Kumisu do Tamassus ; Damusu d'.\mathonto; Unagusu do Liméno ; Buli d'Upri. Voyez üppert. Inscript, des Sargonides, p. 58.

Nous mentionnerons encore, les ruines do A'aramtes, à environ 2 lieues à l’ouest du Ghazir (Bumandus.) — M. Layard les a reconnues contemporaines de celles de Khorsabad et n'a faitque les effleurer : «And the Assyrianongin oftiic ruin was proved by the inscription on the bricks contained the name of the Khorsabad King. » « L’origine assyrienne do ces ruines était prouvée par les inscriptions gravées sur les briques et redisant le nom du roi de Khorsabad . » — Celles d'Af- Hather, qui se reconnaissent à la teinte jaune d’or du calcaire de celte contrée. Al-Hathcr est, sans doute, l’Hatra d’Ammien-Marcollin XXV, 8, où Trajan et Sévère failliront

renommée, sont venues ajouter de nouveaux documents à ceux qui s’accumulent sur l’Assyrie * . Après M. Layard, les explorateurs anglais continuèrent pendant plusieurs années sous la haute direction du savant colonel Rawlinson mis en mesure, par sa copie de l’inscription trilingue de Bisoutoun de fournir les premiers éléments de la lecture des caractères cunéiformes. Le musée de Londres s’est enrichi de nombreuses sculptures trouvées par lui et par ses collaborateurs ...»

périr avec leur armée. M. Layard ne les a vues qu’en passant. Ainsworlh et Ross ont donné le plan et une courte notice de ces ruines dans le Journal of the Geoÿraphical Society, — Celles de Djoubbarah, de Khan, etc...

’ Austen Layard, Nineveh and Us remains, wilh an accounl of a vüil to the Chaldxan Christians of Kurdistan, and the Yezidis or Deuil JForshippers, and an inquiry inlo the manvers and arts of the ancient Assyrians ; London, 1849,2 vol. gr. in-8®, flg.;— 2* édition, London, 1854, 2 vol gr. in-8*,llg. et cartes. — Second expédition of the mins of Nineveh and Dabylon,tuUh travelsin Armenia, Kurdistan and theDesert;'London, 1853, 2 vol. in-8", cartes, fig. — The Monuments of Nineveh from drawings made on the spot... Londonl849,2 vol. gr. infol., planches. — Etc...

* H.-C. Rawlinson, The persian cuneiform inscription at Behistun, decyphered and translated with a Memoir; London, 1848, in-8». — M. J. Oppert a donné une traduction complète do cette inscription dans le tome II , m fine, de son Expédia tion scientifique en Misopotamie.

Et, parmi ces derniers, M. Place cite le regrettable M. Loftus’ et un jeune dessinateur de grand mérite M. W. Boutcher *.

IV. — Les fouilles de Khorsabad étaient interrompues depuis huit ans, quand, en 1851, le Gouvernement français chargea M. Place de les reprendre. Le consul de Mossoul les continua jusqu’en 1855, et se trouva en mesure, à la suite de cette période d’années, de fournir des matériaux beaucoup plus abondants que ne l’avait pu faire M. Botta, dont les recherches n’avaient duré que quelques mois.

M. Victor Place, intrépide et habile explorateur, a retrouvé tout le palais de Sarkin, plus de deux cents chambres. M. Botta n’avait reconnu que la résidence officielle du monarque, M. Place a mis au

’ ^ti/.Loflus, Travels and researches in ChaMxa and Susianat vnth an accomt of excavations at Warka, the Erech, andNimrod, and Sfauh... ; London, 1857, grand in-8*, cartes et flg.

* Avec lesquels M. Place se félicite d'avoir entretenu les meilleurs rapports. — M. Layard do son côté n’eut pas toujours à se louer de ses concurrents et eut souvent 4 vléplorer les pertes que lui causèrent la jalousie de rivaux, « l/iê jea~ lousy and compeiUion of rivais.»

jour les immenses dépendances, le harem, les logements des officiers, les cuisines, les magasins, un temple et une tour semblable à celle de Babylone, qui s’élevait dans l’enceinte du palais. Il a exécuté le plan non-seulement de ce palais, mais encore de la ville d’Hisr-Sarkin qui en était voisine et que le roi avait construite en même temps que son habitation. Tl a retrouvé des peintures, des statues, des ornements, des instruments de toute sorte. — M. Place a pris la vie assyrienne sur le fait*.

C’est le résultat de toutes ces recherches, de tous ces travaux dont, en fait d’architecture, nous allons donner un aperçu.

• Los nriagniflques résultats des recherches de M. Place sont consignés dans le grand ouvrage, déjü cité, Ninive et l’Assyrie.

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