CHAPITRE PREMIER
Aspect général des ruines Chaldéo-Assyriennes.
Le voyageur qui porte ses pas dans les contrées si désolées, autrefois si florissantes, où furent Ninive et Babylone, ne tarde pas à remarquer, de quelque côté qu’il se dirige, et souvent assez proches les uns des autres, des monticules auxquels il ne saurait donner aucune raison d’existence, au milieu des plaines mésopotamiques, s’il ne se souvenait que l'homme a passé là.
La plupart sont coniques et élevés à peine de quelques mètres au-dessus du sol ; plusieurs ont été explorés et le peu de découvertes qui a été le résultat de ces fouilles n’a pu renseigner sur ce qu’ils ont été jadis.
Ces tertres indiquent-ils la place de petites habitations de colons? — Ont-ils été destinés seulement à la transmission de ces signaux que nous trouvons mentionnés chez quelques historiens anciens? — Devons-nous y voir ces relais de poste dont nous parle Hérodote ’ ? — On l’ignore.
Mais, à côté de ces derniers, se présentent des élévations de terrain, non plus coniques, m'ais affectant la forme de terrasses à quatre pans et à surface plane, et si, parfois, ces pans ne sont point rectilignes dans toute leur longueur, affectent de côté ou d’autre de profondes échancrures, les fouilles vous disent bientôt qu elles sont dues aux formes primitives des constructions.
C’est qu’en effet là furent des palais et des temples, les demeures des dieux et les demeures des rois.
Sous de semblables monticules ont été retrouvées en Assyrie : Ilisr-Sarkin (Khorsabad) ; Ninive, ou plutôt les palais de Ninive (Koyoundjick, Nebbi- Younas) ; Chalah (Nimroud); Assur ou Ellassar
, ’ Voyez Hérodote, VIII, 98 ; — Eschyle, tragédie des Perses, vers 250 et seg. ; — Xénophon, Cyropidie VIII...
(Kalah-Scherghat) ; — en Chaldée : Babijlone, (Birs-Nemrod , Kars, Mudjellibeh, Amran^...); Arach, TErech de la Bible (Warka) *; Clialanné (Mougheïr)’; Larsam, probablement la Larangka de Bérose, la Larissa d’Apollodore (Senkereh); Nipour (Niffer) ; Sippara, Sepharvaïm * de la Bible, l’Héliopolis des Grecs (Soufeira) ; d’autres encore. Le sol Assyro-Chaldéen en présente plusieurs centaines qui, jusqu’alors, n’ont point été ouverts, mais on a tout lieu de supposer que leurs flancs recèlent d’autres temples, d’autres palais, d’autres cités encore.
‘ Voyez plus loin, Bahijlone, le résultat des recherches de M. Üppcrl.
‘ Ces ruines ont été décrites avec soin par M. Loflus. Chaidæa and Susiana, pp. 1G7-170* M. Loltus les explora it on 185i.
* Voyez M. Loftus, op. cil., pp. 128 et seqq. — M. Taylor explora aussi ces ruines en 1854.
* Remarquez la terminaison afm, signe du duel en hébreu ; il y avait en effet deux Sippara, une sur chaque rive de l'Euphrate.