‹ Les moralistes français du seizième siècleChapitre 21 sur 28 · ET NATURE DE SA MORALE · texte numérisé non relu

ET NATURE DE SA MORALE

La première partie contient d'abord le développement de cetle idée que Thomme doit se connaître soi-même et Texposition de la doctrine sceptique.

Avant tout il faut acquérir la connaissance de soi-même. Nous n'avons pas besoin d'apprendre ce qui nous est étranger. Charron ne se contente pas de ppser le principe comme la plupart des moralistes ; il nous dit comment la connaissance s'acquiert, à quoi elle peut servir ; elle s'acquiert par une étude constante et approfondie, en premier lieu du détail, ensuite de l'ensemble ; elle sert à une réfor-

mation et amendement universel, le souvenir de la colère passée, des erreurs où Ton est tombé, des occasions où Ton a manqué de mémoire et de jugement rend doux et humble : « Et voilà justice et paix partout*. » Ainsi Montaigne rappelait ses fautes, en vue ou sous prétexte de se corriger.

D'après Charron, Tétude de soi-même produit nécessairement le scepticisme. L'homme se demande quelle est sa propre nature et d*où lui viennent ses connaissances. Charron commence par dire que l'homme est composé de trois parties ; l'esprit, qui vient du ciel et tend au bien, la chair, qui tend au mal, ràme,qui, indilférenle en elle-même, est constamment sollicitée par l'un et par l'autre*. Un peu plus loin il écrit : « Toute connaissance s'achemine en nous par les sens ; ce sont nos premiers maîtres; elle commence par eux et se résout en eux ; ils sont le commencement et la fin de tout'. » Mais, sur les deux questions, il ne tarde pas à changer d'avis. Il rappelle les interminables controverses des philosophes sur la nalure de l'âme et paraît donner la préférence aux doctrines matérialistes ; puis il conclut en distinguant trois âmes, végétative, sensitive, raisonnable ; celle-ci agit, non, d'après Platon, par réminiscence, « ni, selon Aristote, par réception et acquisition venant du dehors par les sens..., mais de soi et sans instruction, imagine, entend, retient, raisonne et discourt ». Il ne peut plus rejeter assez

* Liv. I, ch. I, 1, 2, 4 et 7. — « Liv. I, ch. ix, 2. — ' Liv. I, ch. xii, 1.

348 LES NOUALISTES FRANÇAIS DU XYl- SIÈCLE.

loin cette fausse opinion que toule connaissance vient des sens ^

Charron n'a pas une doctrine arrêtée et Ton s'étonne de rencontrer dans un livre méthodique des contradictions qui paraissaient toutes naturelles dans les Essais. Quel que soit son principe, il trouve toujours le moyen de rabaisser Thomme et de nier la certitude. C'est aux sens qu'il rattache d'abord nos connaissances, mais aussitôt il les montre faibles ou faux, indignes de confiance*. Dans sa conclusion, il fait une grande place à l'âme raisonnable, à l'entendement, mais Tentendement << va toujours et de tort et de travers, avec le mensonge comme avec la vérité ; il se donne beau jeu et trouve raison apparente partout ». Enfin l'homme désire et cherche la vérité, mais est incapable de la découvrir, ou s'il la trouve par hasard, de la discerner'.

Comment la vérité, ce trésor inestimable, seraitelle livrée à une si chétive créature? Le mépris de l'homme est toujours l'origine ou la fin du scepticisme. Personne plus que Charron n'a injurié l'homme, « la plus calomnieuse et misérable chose du monde, » dit-il, pour résumer dix lignes de métaphores insultantes *. L'impuissance absolue de notre nature est un sujet qu'il aime à traiter ; il en est un peu de lui comme des rhétoriciens qui ont un thème à développer et prennent tout moyen, bon où mauvais,pour faire une composition suffisamment longue, plutôt que raisonnable. 11 ne recule

* Liv. I, ch. XV, 1, 10 et il. — • Liv. I, ch. xn, 5 et 8. — * Uv 1, ch. x?i, 0 et 11. — * LiT. If ch. n, 1.

GUARKON. 340

pas devant les vieilleries ni devant les exagérations. Il en est encore à comparer sérieusement riiomme et les bétes ; il ne tient même pas la balance égale et la fait ordinairement pencher du côlé de celles-ci*.

Incapable de savoir, incapable d'agir, voilà ce qu'est l'homme sous Tempire de cinq vices : vanité, faiblesse, inconstance, misère, présomption*, dont chacun est représenté tour à tour comme le plus essentiel à notre nature et le plus honteux. Pour démontrer notre faiblesse, Charron nous fait ce singulier reproche de ne pouvoir réunir en même temps toutes les vertus, celles du célibat et celles du mariage, la constance qui sied à la pauvreté et celle qui est propre à la richesse'.

Commencer un livre de philosophie en nous annonçant que nous ne saurons jamais rien de certain I Enseigner la morale en se retirant les moyens de discerner le bien et le mal ! Nous engagera la contemplation de nous-mêmes, en nous prévenant qu'il n'est pas de tableau plus repoussant à voir I

Est-ce donc pour exalter l'autorité que le philosophe rabaisse la raison, et, s'il nous refuse tout moyen de découvrir la vérité par nous-mêmes, estce pour nous réduire à la recevoir d'autrui ? Tel est quelquefois le dessein d'un pieux scepticisme qui ne comprend pas que Tautorité croule avec la raison et que l'homme ne peut croire sans se demander quels motifs il a de croire. Tel n'est pas le plan

* Liv. I, ch. Yiir. — « Liv. I, 1, 2 et 5. — IJv. Il, 1 et 2. —

'" Lv. î, (Il IV. 4.

de Charron, quoiqu on ait pu le croire longtemps. Il n'oublie pas son caractère de prêtre catholique ; il met hors de toute atteinte les vérités révélées, qui méritent une foi entière ^ Mais il ne songe nullement à profiter de ses conclusions sceptiques pour absorber la philosophie et particulièrement la morale dans la théologie. Il nous recommande de joindre la piété à la vertu, en montrant que, séparées, chacune d'elles est imparfaite, mais ne veut pas qu'elles soient confondues Tune avec l'autre, que Tune soit donnée pour ressort à Tautre. La prudhomie qui vient de la religion lui parait fausse et dangereuse ; il rappelle les excès produits par un zèle malentendu.

Quantum relligio potuit suadere malorumf

Il lui reproche d'être intéressée : a Je veux que sans paradis et enfer on soit homme de bien ; ces mots me sont horribles et abominables: si je n'ctois chrétien, si je ne craignois Dieu et d'être damné, je ferois ou ne ferois pas cela. » Le bien doit être fait pour lui-même. Enfin la religion, qui est révélée, est née plus tard que la prudhomie qui est naturelle, et c'est de celle-ci qu'il faudrait faire sortir celle* là».

Cette indépendance, dirons-nous cette priorité ? réclamées pour la morale n'ont pas peu contribué à faire révoquer en doute la foi religieuse de Charron. Sur les problèmes communs à la philosophie

* liv. I, ch. TU, 7 ; liv. II, ch. u, 4. — * LU. II, ch. t. 25-29.

CHARRON. 35 i

et à la religion, par exemple, sur l'immortalité de Tâme, il ne soumet point la décision qu'il donne en philosophe aux dogmes de l'Ëglise. Dans la Sa- (jesscj il professe une soumission absolue à la religion chrétienne, mais il explique comment les dogmes de toutes les religions naissent et finissent, les trouve, sans exception, a étranges et horribles au sens commun, » se moque de la prétention qu'ils ont toujours de venir de Dieu, laisse aux simples une foi qu'il trouve d'ailleurs fort mal assurée, puisqu'elle ne décide personne à régler sa vie d'après ses convictions*. Dans le livre des Trois véritésy il cherche bien à démontrer qu'il y a un Dieu, que la religion chrétienne est seule vraie, que seul le catholicisme la contient dans toute sa pureté, mais c( la bonne foi avec laquelle ce savant homme représentoit toute la force des objections contribua puissamment à faire douter de son christianisme; il est certain qu'il n'énervoit point les difficultés des libertins ». fiayle, qui s'exprime ainsi, n'en dit pas moins : a 11 est aisé de prouver, tant par ses écrits que par ses actions, qu'il ne doutoit point des vérités du christianisme '. » Il faut en croire, non-seulement ses déclarations répétées, mais le zélé avec lequel il entreprit, dans les Trois vérités^ l'apologie du christianisme et répondit aux réfutations dirigées contre son livre, par les succès qu'il obtint dans la chaire chrétienne et qui lui attiraient les offres les plus séduisantes de tous les évéques,

* Uv. n, cb. y, 2 et 5. — *Bayle, Dict,, r Charron. Cf* M. Sainte-Beuve. 1. c.

mieux encore, par sa propre vie, par son obstination à entrer en religion pour acquitter un vœu, jusqu'à ce que le double refus des chartreux et des cél estins, motivé sur son âge avancé, l'en eût dégagé au jugement de trois casuistes, par ses dernières dispositions, par sa dernière prière dans la rue de Paris où il tomba frappé d'apoplexie et ne songea qu'à se recommandera Dieu. Chez lui, comme chez Montaigne, plutôt encore chez lui que chez Montaigne, on trouve un partage de l'âme entre la foi chrétienne et le scepticisme philosophique, partage fort inégal dans ses écrits, au moins dans le Traité de la Sagesse^ oix ce dernier domine pour ainsi dire exclusivement, non moins inégal peut-être dans sa conduite, où la première devait l'emporter sans difficulté.

Si la parole de Dieu, qui donne la foi religieuse, ne donne pas la foi philosophique et les règles de la morale, à quelle autre les demander? Toutes les opinions sont reçues par autorité ; mais le sage ne se laisse pas dominer comme le vulgaire^ Charron se moque « des religions, lois, coutumes, sciences, prétextes, menaces, promesses mortelles et immortelles' », de ceux qui s'arrêtent au jugement commun, (( aux opinions et lois municipales du lieu où ils se trouvent dès lors qu'ils sont éclos' ». Il ne respecte ni la tradition ni le consentement général * ;

« Liv. I; cb. XVIII, 4. — * Liv. I, ch. xvi, 4. — *Liv, I,ch. xxxix, 1. — * Voy. le cil. xLviii du liv. I, où Charron, exagérant comme d'habitude, une pensée de Montaigne, se livre à une violente dialribe contre le peuple, traite le vulgaire de bête sauvage et conclut en disant: vox populi, vox siuUarum.

ceux qui lo suivent « regardent plus l'utilité que la vérité* ». A vrai dire, si les esprits ne sont pas tout à fait élevés ou tout à fait bas, la liberté de jugement les perd, a et en particulier les hommes d'une commune suffisance sont plus gens de bien, meilleurs citoyens, sont plus souples et font plus volontiers joug aux lois, aux supérieurs, à la raison, que ces tant vifs et clairvoyants qui ne peuvent demeurer en leur peau'». Mais qu'importe a celui qui cherche la vérité sa propre utilité ou celle du public? La liberté de jugement, c'est-à-dire le sceptiscisme, « est la doctrine et la pratique de tous les sages, grands et habiles esprits », même de ceux qui se prétendent dogmatiques '. Ils se bornent à ne troubler pas le monde et le laissent gouverner à ceux qui partagent ses croyances *.

Quel fondement Charron va-t-il donner à la morale? Ce n'est ni la révélation, toute-puissante et infaillible, mais dans les seules matières de la religion ni la raison individuelle, toujours faillible au contraire, encore moins la tradition et le consentement universel ; un sceptique ne saurait davantage démontrer la nécessité delà vertu par l'immortalité de l'âme. Cette immortalité « est la chose la plus universellement, religieusement et plausiblcment reçue par tout le monde (j'entends d'une externe et publique profession, non d'une interne, sérieuse et vraie créance), la plus utilement crue, la plus faiblement prouvée et établie par raison et

* Liv. I, ch. XXXIX, 1. — * Liv. I, ch. xti, il. — ' Liv. II, ch. II, 2. — ♦ Liv. I, ch. XXXIX. 1.

moyens humains* «.Charron nous recommande, il est vrai, de nous préparer à mourir, en détruisant nos vices, mais sans nous solliciter à la conversion par l'attente ou la menace d'une autre vie*. Nous savons d'ailleurs qu'il repousse comme intéressée une vertu qui tend à mériter le paradis et à fuir Tenfer. Encore moins nous propose-t-il d'être bons, parce que nous trouvons ici-bas notre avantage dans la bonté. Comme son maître, il ne tient pas pour vertueuses les actions, « que le profit, la gloire, la coutume et autres telles causes étrangères nous ont induits 5 faire '. » Nous avons cru reconnaître que Montaigne ne cherchait pas en dehors de lui-même le fondement de sa morale, qu'il se bornait à rejeter comme excessif tout ce qui lui semblait trop difficile, et à mettre sur le premier rang les vertus- qui s'accordaient le mieux avec ses propres dispositions. Charron ne saurait pousser l'imitation jusqu'à faire de son maître le type de l'homme parfait et de l'exemple donné par lui l'unique raison du bien. A ses yeux, « le ressort de la prudhomie , c'est la loi de nature, c'est-à-dire l'équité et raison universelle qui luit et éclaire en un chacun de nous * ». L'idée est empruntée, soit à Montaigne, soit plutôt aux stoïciens, car l'auteur ajoute que ce sont « Tordre et la police générale du monde » qui prescrivent d'être homme de bien*. L'expérience seule nous révèle cette nature. Elle est bien en nous-mêmes, mais nous Taltérons entièrement par nos passions, par

* Liv I, ch. XV, 15. — • Liv. II,' ch. xii, 1 et suiT* — • Lit. II, ch. lu, 2. — * Ibid., 4. — » Liv. II, ch. v, 29. j

CHARRON. SSB

notre folie ; nous la faisons disparaître sous la cérémonie et la loi de civilité. Pour la trouver et la comprendre, l'esprit doit être parfaitement libre, « uniyersel, » connaître tout, accepter tout ; le défaut ordinaire des hommes est de n'admettre que ce qui se passe chez eux et de leur temps*, de rejeter comme fausses les choses qu'ils n'enlendent pas *. Or c( l'enseigne et la marque d'une loi naturelle est l'université d'approbation ». Dégageons -nous des préjugés, abandonnons ce qui est à nous seuls, cherchons les principes admis par tous. Par malheur, la corruption de l'humanité est telle, qu'il n y en a guère qui soient universellement reçus '. Une dernière ressource nous reste : descendons jusqu'aux bêtes pour savoir d'elles quelle est notre loi*.

0 surprises de l'imitation! Le sceptique nous parle de la raison universelle ! Les stoïciens ne déclaraient pas l'homme incapable de connaître la vérité ; ils enflaient l'âme en lui promettant qu'elle s'élèverait jusqu'aux dieux. Il est dangereux d'emprunter à l'un les prémisses, à l'autre les conclusions. Cette raison universelle , est-ce en nous qu'elle se trouve? mais notre entendement, faillible par essence, ne saurait nous assurer que nous la découvrons. Si c'est « à l'approbation universelle » que nous la demandons, il faut donc nous fier à cette voix du peuple qu'on nous disait être la voix des insensés. Supposons -la reconnue d'une manière

* Liv. Il, ch. iT, 5. — « Liv. I, ch. vu, 7. *- ' Cf. IW. II, cli. vin. 4 — * Liv. II, ch. III, 7-9.

55t) LES MORALISTES FRANÇAIS DU XVI* SIÈCLE.

certaine, Charron ne nous apprend pas pourquoi nous devons lui obéir.

Nous ne sommes pas réduits à croire sans examen ce qu'il nous dit de sa propredoctrine. Quand il étudie le détail de la vertu, il se contente moins de la conformité à la nature, quMl n'obéit à cette moralité qui est en chacun de nous ; il croit peutêtre consulter la raison universelle, mais il suit plutôt sa propre conscience, dont le témoignage serait au besoin rectifié et complété par la conscience d'autrui, par l'opinion générale, malgré son dédain proclamé pour la prudliomie ordinaire, « tant prêchée et recommandée du monde* ».

Aussi ne trouvons-nous pas en lui d'ordinaire un rigoureux stoïcisme. Quand il se met en contradiction avec le monde, ce n'est point parce qu'il fait paraître la vertu plus difficile, c/est quelquefois pour la dégager d'obligations imposées par un préugé, telles que la chasteté du langage et des vêtements ; c'est le plus souvent pour rendre l'homme sage et heureux en le débarrassant des travaux, des ennuis, des chagrins que les autres subissent, acceptent ou recherchent.

En effet. Charron enseigne la sagesse et non-seulement la vertu. La prudence et la prudhomie sont « deux choses les meilleures et plus excellentes, et les chefs de tout bien, mais, seules et séparées, sont défaillantes, imparfaites. La sagesse les accouple'. » Ce n'est pas le propre d'un moraliste sévère que de

* Liv. TT, cil. HT. 3 — ^Préface.

déclarer la vertu imparfaite, si elle n'est jointe à Thabileté de la conduite. Charron prescrit également à rhomme d*ôlre vertueux et d'être heureux.

Il n'est pas étonnant que la prudence tienne dans le livre une place égale à celle de la vertu. Nous n'avons pas à examiner spécialement les conseils qu'elle suggère. Nous les retrouverons plus d'une fois en étudiant les préceptes de la morale proprement dite ; ils ont souvent pour office de restreindre l'application de ceux-ci. Une question générale se pose dès à présent. L'honnête et l'utile s'accordent le plus souvent ; ainsi a un grand et principal expédient pour se bien comporter en l'adversité sera d'être homme de bien^ ». Mais, quand ils sont en contradiction, quel choix faut-il faire? L'honnête doit l'emporter, « sauf peut-être quelque exception bien rare, et avec grande circonspection, et aux affaires publiques seulement » *; exception qu'il n'est pas facile d'ériger d'avance en théorie et qui dépend de la pratique '. Entre deux vices on prendra le moindre ; mais il n'est pas toujours facile de discerner le bien et le mal, le plus et le moins. Le principe stoïcien va tirer Charron d'embarras,

* Liy. II, cli VII, 11. — « Cf. liv. I, ch it, G. a L'on est contraint souvent de se servir et user de mauvais moyens pour év.ti'r et sortir d'un plus grand mal, ou pour parvenir à une bonne lin ; tellement qu'il faut quelquefois légitimer et autoriser, nonseulement les choses qui ne sont point bonnes, mais encore les mauvaises, comme si pour être bon il falloit être un peu méchant. C'est ainsi qu'en politique on fait une guerre étrangère pour prévenir une gueiTe civile, en débarrassant la république des gens trop bouillants, que les Spartiates enivroient les Ilotes, que les combats de gladiateurs apprenoient aux hommes à mépriser la mort, etc.., » — s Liv. II, ch. ui, 5

sauf à y laisser ses lecteurs : on suivra la nature*.

Page 1