FORTUNE
A la vue des biens de la fortune, arrêtez-vous méfiant
et craintif. Il faut un appât pour prendre les poissons et le gibier; les présents de la fortune ne sont que cet appât. Qui veut vivre tranquille doit éviter autant que possible ces prétendus biens et la glu qui les enveloppe. Hélas ! c'est là notre erreur ; nons croyons les prendre et c'est nous qui sommes pris. (Sénèque, Lettres)
De tous les excès, le plus dangereux est celui de la prospérité ; c'est une ivresse qui atteint le cerveau, le l'emplit de vains fantômes, et y verse un épais brouillard qui ne permet plus de distinguer l'erreur de la vérité. (Le même, de la Providence)
Quand la fortune nous caresse, c'est qu'elle veut nous tromper. (Publics Syrus)
La fortune est comme le verre ; elle en a l'éclat et la fragilité. (Le même)
L:i Fortune est aveugle, et presque toujours ceux qu'elle embrasse, deviennent aveugles comme elle. (Cicéron, de l'Amitié)
La fortune ne peut nous ravir ce qu'elle ne nous a pas donné. (Sénèque, Lettres)
La Fortune n'a point les mains si longues qu'on le suppose ; elle n'a de prise que sur ceux qui s'attachent à elle. (Le même)
Chacun est l'artisan de sa fortune. (Appius Cl.u dius, cité far Salluste, Lettres à César)