AMOUR
L'âme d'un amant, c'est celle qu'il aime ; loin d'elle, il n'existe plus. (Plaute, les BaccMdes)
Nulle faveur plus douce que l'amour, nulle plus amère ; c'est miel et fiel tout à la fois. (Le même, la Cassette)
Celui qui n'a point aimé voit d'un œil chagrin les amours d'autrui. (Le même, le Militaire fanfaron)
On ne peut régler par la raison une passion comme l'amour, qui n'admet point de raison et ne reconnaît aucune règle. L'amour est sujet à toutes sortes de capricieuses variations, injures, soupçons, brouilles, et puis des trêves, et puis la guerre, et puis on refait la paix. Vouloir assujettir à un dessein suivi une chose aussi variable, c'est prétendre déraisonner raisonnablement. (Térence, V Eunuque)
L'amour est la folie de l'amitié. (Sénèque, Lettres)
Qui ne reconnaît point l'amour pour une divinité
puissante, est un fou ou ne sait rien des choses de ce monde. Notre destinée est dans sa main : folie, sagesse, santé, maladie, il donne tout à qui lui plaît; il peut faire qu'on nous aime, qu'on nous désire, qu'on nous recherche. (Cécilius, Fragments des comiques)
Presque toujours, aveuglés par la passion, les amants comptent les défauts de leur maîtresse pour des perfections... A-t-elle la peau noire, ils lui trouvent la couleur du miel. — Malpropre et repoussante, c'est une beauté négligée. — Est-elle louche, c'est le regard de Minerve. — Sèche comme le bois : élancée comme la biche. — Trop petite de taille, une naine devient pour eux l'une des Grâces ; c'est un grain de sel que toute sa personne. — Trop grande, trop forte : elle est pleine de majesté. — Elle bégaye, elle bredouille : aimable embarras. — Elle est muette, c'est une honnête pudeur. . . — Je n'en finirais pas si je voulais énumérer toutes les illusions du même genre. (Lucrèce)
Brouille d'amants n'est que renouvellement d'amour. (Térence, Andrienne)
Aimez demain, vous qui jamais n'avez aimé; vous qui avez aimé, aimez demain (Anonyme, Fête de Vénus)