‹ Les moralistes latinsChapitre 161 sur 253 · MODÉRATION CIVIQUE · texte numérisé non relu

MODÉRATION CIVIQUE

Quel consul que Lucius Quinctius Cincinnatus! Les sénateurs voulaient le maintenir dans cette dignité, autant à cause de ses éminents services que parce que le peuple s'efforçait de laisser encore une année leur charge aux mêmes tribuns. Cincinnatus fit renoncer les

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deux partis à leur projet, en retenant le zèle des sénateurs et en forçant les tribuns à suivre l'exemple de sa modération. Ainsi un seul homme préserva cet auguste corps et le peuple du tort d'agir contre les lois. (Valère Maxime, iv, 1)

Nos ancêtres, dans leur reconnaissance pour le premier Africain, tâchèrent d'égaler les récompenses et les honneurs à l'éclat de son mérite. Ils voulurent lui ériger des statues dans la place des Comices, au forum, au sénat, dans le temple même du grand Jupiter ; ils voulurent placer son image, en costume de triomphateur, à la table des dieux, dans les festins du Capitole; ils voulurent lui déférer le consulat à vie et la dictature perpétuelle. Mais il ne souffrit pas que de pareilles distinctions lui fussent accordées par un plébiscite ni décernées par un scnatus-consulte, et il se montra presque aussi grand par le refus de ces honneurs que par les exploits qui les lui avaient mérités.

La même grandeur dame lui fit prendre, dans le sénat, la défense d'Annibal, que les députés de sa nation étaient venus accuser de souffler parmi eux un esprit de révolte. Il ajouta que les sénateurs ne devaient pas s'immiscer dans les affaires de Carthage, et, par cette modération sublime, il protégeait la vie de l'un et l'honneur des autres, ne se croyant plus leur ennem après la victoire. (Le même)

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