‹ Les moralistes latinsChapitre 212 sur 253 · STOÏCISME · texte numérisé non relu

STOÏCISME

Je sais que la secte des stoïciens passe aux yeux des ignorants pour être trop dure... et pourtant nulle autre secte n'est plus bienveillante, plus douce ; nulle n'a plus de tendresse pour les hommes, plus de zèle pour le bien de tous, puisque le but qu'elle propose à ses adeptes, c'est d'être bienfaisants, secourables , et de tâcher d'être utiles, non point seulement à eux-mêmes, mais à l'humanité en général et à chaque homme en particulier. (Sénèque, de la Clémence)

Telles furent les mœurs de Caton, telle fut sa secte

rigide : garder la mesure en toutes choses, se proposer un but invariable (1), suivre la nature, consacrer toute sa vie à son pays, se croire créé non pour soi-même, mais pour le monde entier ; n'avoir, au lieu de festins, que l'aliment qui apaise la faim ; au lieu de palais magnifiques, qu'un abri contre les hivers ; au lieu de vêtements précieux, qu'une toge grossière à la façon des vieux Romains ; borner l'amour à l'espoir d'être père ; n'être père, n'être époux que pour la patrie; se faire un culte de la justice, une loi de l'inflexible honneur ; donner à la vertu pour fin le bien de tous. Jamais dans aucun des actes de Caton ne se glissa la volupté ; jamais elle ne fut son but ; jamais dans sa vie il ne lui fit sa part. (Lucain)

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