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TOILETTE

Julie était venue voir Auguste dans un costume dont l'indécence offensait les yeux de son père, qui

302 LA MORALE LATIXE

néanmoins garda le silence. Le lendemain, elle changea de tenue, et elle vint embrasser son père, joyeux de la voir dans un costume d'une sévérité remarquable. Celui-ci, qui la veille avait comprimé sa douleur, ne put retenir sa joie, et dit : « Combien ce costume est plus convenable à la fille d'Auguste ! s Mais Julie, sans se déconcerter, répliqua : a En effet, je me suis parée aujourd'hui pour les yeux de mon père, et hier pour ceux de mon mari. » (Macrobe, Saturnales, i, 5)

Toujours de la toilette, Basilissa, toujours des parures, toujours tes cheveux arrangés méthodiquement, toujours des apprêts d'élégance, toujours des parfums ! Je n'aime pas cela, je hais de voir tout si soigné : l'amie qui pour moi se pare négligemment me plaît par son abandon et sa simplicité. N'aie pas souci d'un bandeau dénoué sur ton front, ne pense pas à te mettre du blanc sur la joue : elle est savoureuse à mes lèvres. Toujours s'attifer est de la défiance contre l'amour. Oui, bien souvent, l'absence de parure est une parure. (Pétrone, Fragments)

Dans l'ancienne Rome, l'usage du vin était interdit aux femmes romaines ; on craignait qu'elles ne fussent ainsi entraînées dans de honteux désordres, car il n'y a souvent qu'un pas de l'intempérance à l'impudicité. Mais, pour que leur vertu ne fût ni triste ni sauvage,

et s'embellit, au contraire, de tous les agréments compati blés avec la décence, l'indulgence des maris leur avait permis sans restriction l'usage de la pourpre et de l'or. Joignez à cela le soin extrême qu'elles prenaient de rehausser leur beauté naturelle en donnant à leurs cheveux, au moyen de la poudre, une couleur éclatante. Alors la fidélité conjugale n'avait à craindre aucun regard suborneur ; on voyait les autres, on était vu soi-même avec un respect religieux, et une mutuelle pudeur protégeait les deux sexes. (Yalère Maxime, ii, 1)

Je n'aime pas que tu boucles tes cheveux, mais je n'aime pas non plus que tu les mêles. Je ne veux pas que ta peau brille, je ne veux pas qu'elle soit crasseuse. N'aie la barbe ni d'un Phrygien mitre, ni d'un coupable sur la sellette. Je n'aime pas qu'on soit plus qu'un homme, Pannicus, ni moins qu'un homme. Tes jambes, ta poitrine sont horriblement velues; mais ton âme, Pannicus, est efféminée. (Martial, Épi g ranimes, n, 36)

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