‹ Les moralistes latinsChapitre 29 sur 253 · BIENFAITS · texte numérisé non relu

BIENFAITS

Un voleur adroit forcera votre caisse et enlèvera votre argent; la flamme impie consumera votre toit paternel; un débiteur vous niera sa dette, principal et intérêts ; vos champs, frappés de stérilité, ne vous rendront pas les fruits dont vous leur aurez confié la semence; une maîtresse trompeuse dépouillera votre intendant ; les flots engloutiront vos vaisseaux chargés de marchandises : ce qu'on donne à ses amis est seul à l'abri de la fortune. Le bien que vous aurez fait sera toujours votre seule richesse. (Martial, Épigrammes, v, 42)

Il n'est personne qui ne s'attache en proportion de ses bienfaits, qui ne se plaise à voir celui qu'il en a comblé, qui ne trouve dans ce service rendu un nouveau motif d'en rendre d'autres. (Sénèque, des Bienfaits)

Pour être le bienfaiteur d'un homme, il ne suffit pas de lui être utile, il faut le vouloir. (Le même)

Donner à qui le mérite, c'est recevoir en donnant.

(PUBLIUS SyRUS)

BIENFAITS DIVULGUES

Je nie souviens, Posthumus, et je me souviendrai toujours des services que tu m'as rendus. Pourquoi donc n'en dis-je rien? Parce que tu as soin d'en parler toi-même. Lorsque je me mets à raconter quelquesuns de tes bienfaits : « Il me l'a déjà dit ! » s'écrie-t-on aussitôt. Certaines choses se font mal à deux, mais une seule personne suffit pour celle-ci : si tu veux que je parle, tais toi. Crois-moi, Posthumus, les services les plus signalés perdent leur prix par l'indiscrétion de celui qui les a rendus. (Martial, É ingrammes , v, 52)

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