‹ Les moralistes latinsChapitre 31 sur 253 · BONTÉ · texte numérisé non relu

BONTÉ

Un dieu ne peut être méchant. Si c'est une signe de faiblesse que d'éprouver du mal, c'en est un d'en faire. (Sénèque, Lettres)

Pourquoi haïr ceux qui font mal? C'est par erreur qu'ils s'abandonnent au vice. Est-il d'un homme sage de haïr ceux qui se trompent? A ce compte, on devrait se haïr soi-même. Songez combien de fois vous vous êtes écarté du bien, combien vos propres actions ont besoin d'indulgence, et vous vous irriterez contre vous-même. Un juge équitable n'a pas deux mesures : l'une pour lui, l'autre pour autrui ; non, il n'est personne qui ait le droit de s'absoudre. Qui se proclame innocent, songe aux témoins (1), et non à sa conscience. (Le même, de la Colère)

Calme et indulgent pour les erreurs, le sage n'est point l'ennemi des vicieux ; il ne voit que la réforme de

(1) C'est-a-dire que nul ne peut le convaincre; ce qui ne prouve pas qu'il ne soit pas coupable.

leur conduite. Chaque jour, en sortant de chez lui, il se dit : « Je vais rencontrer bien des ivrognes, bien des débauchés, bien des ingrats, bien des avares, bien des homnies dévoués aux furies de l'ambition. » Et il regarde tout cela avec la bonté compatissante du médecin pour les malades. (Sénèque, de la Colère)

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