‹ Les moralistes latinsChapitre 80 sur 253 · ÉGOÏSME · texte numérisé non relu

ÉGOÏSME

Quand Jules César, au comble de la puissance et de la gloire, se rendait aux réunions des poètes, jamais Accius ne se levait devant lui ; non qu'il oubliât le respect dû à la majesté du dictateur, mais parce que, dans la comparaison des mêmes talents, il avait la conscience de sa supériorité. Aussi ne l'accusa-t-on point d'orgueil; car, dans ces réunions, les prétentions se fondaient sur les titres littéraires et non sur l'éclat des dignités. (Valère Maxime, m, 7)

Les plus belles, les plus salutaires découvertes cesseraient de me plaire, si je devais les garder pour moi. (Sénèque, Lettres)

Un bien n'est agréable que quand on le partage. (Le même)

On ne peut être heureux quand on ne vit que pour soi, quand on rapporte tout à son propre intérêt. On ne vit vraiment pour soi qu'en vivant pour un autre. (Le

même)

. . . Mes yeux se portèrent sur la villa qu'habitait jadis Servilius Vatia. Ancien prêteur, riche, il y vieillit sans rien faire, et ce fut là son seul titre à la célébrité ; on le trouvait heureux. Quand l'amitié d'Asinius Gallus coûtait la vie à plusieurs citoyens ; quand on voyait mourir les ennemis de Séjan, puis ses amis (car ce fut d'abord un danger d'avoir déplu, puis un danger d'avoir plu à Séjan (1), à chaque proscription nouvelle, on s'écriait en chœur : « Il n'y a que Vatia qui sache vivre (2) ! » Non, il ne savait pas vivre, il ne savait que se cacher. La lâcheté n'est pas le calme pour moi; au contraire, du vivant de Vatia, jamais je ne passai devant son palais sans dire : Ci-gît Vatia! (Sénèque)

Ne point empêcher le mal quand on le peut, c'est l'ordonner. (Le même)

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