Ànn., XV
tous les points du monde. Du fond de l'Asie, de l'Egypte, de la Gaule, de la Grèce, accouraient une foule de gens excerçantdes métiers suspects, faux témoins, cabare tiers, prostitueurs, trafiquant de toutes choses et apportant des vices inconnus. « C'est l'argent, dit Juvénal, l'infâme argent qui introduisit d'abord daus Rome les mœurs étrangères. »
Prima peregrmos onscena pecunia mores Intulit '.
Ce changement dans les mœurs et la physionomie extérieure de la ville humiliait et révoltait tous ceux qui vivaient more majorum, et surtout les écrivains dont Timagination était restée fidèle aux anciennes coutumes, et qui se faisaient à la fois un honneur et un devoir de célébrer la discipline romaine. Qu'on entende cet ami que Juvénal fait parler dans la troisième satire et qui s'expatrie parce que le séjour de Rome lui est insupportable : « Romains, je ne puis souffrir une ville devenue grecque. Que dis-je? de la foule d'étrangers qui nous infestent, cette lie achéenne ne forme que la moindre partie. Depuis longtemps, en effet, l'Oronte syrien paraît avoir mêlé ses ondes à celles du Tibre, et nous a porté la langue, les mœurs de l'Asie, les lyres triangulaires de ses musiciens, les tambours du pays et les courtisanes qui se vendent aux environs du cirque. Gourez à elles, vous à qui peut plaire une fille barbare coiffée d'une mitre brodée ^ » Parmi ces étrangers sortis de tous les coins de l'univers, il en est que Juvénal s'est amusé à peindre avec autant d'espri/; que de mauvaise humeur : ce sont ceux crui ont le plus de crédit à Rome,