‹ Les moralistes sous l'empire romainChapitre 129 sur 149 · Delphis oracjla cessant. VI · texte numérisé non relu

Delphis oracjla cessant. VI

par crainte des réponses indiscrètes, avaient tout simplement fait taire les dieux :

Et superos vetuere loqui.

Il est plus naturel de penser que le peuple, rendu moins crédule, avait découvert la fraude. Quoi qu'il en soit, les Chaldéens héritèrent de toute la confiance que les oracles avaient perdue. On avait beau les chasser de Rome, ils revenaient toujours* ;les plus influents d'entre eux étaient précisément ceux qui avaient été exilés, qui sortaient de prison et qui avaient vu la mort de près. On se passionnait pour eux , on les regardait comme des martyrs, et la persécution ajoutait à leur autorité. Il serait sans intérêt d'énumérer ici et de décrire toutes les pratiques bizarres, puériles, ou inhumaines des cultes asiatiques, par lesquelles le monde romain donnait le change à ses besoins religieux. Ces prêtres, ces aruspices, ces astrologues, ces médecins exploitant une science mystérieuse, règlent dans le dernier détail la vie des dames romaines. Ils leur promettent ou un amant fidèle ou un héritage, et, quand elles sont malades, ils leur mettent entre les mains un obscur grimoire, un livre de nombres que celles-ci consultent pour peu qu'un œil les démange, ou pour savoir à quelle heure il faut prendre de la nourriture. Il y a des superstitions dispendieuses pour les classes aisées, il en est pour les pauvres, à la portée de toutes les bourses. Tandis que la femme du peuple va consulter les diseurs de bonne aventure qui stationnent dans le cirque et qu'elle expose sa main et son visage à des devins de carrefour, auxquels elle soumet des affaires de cœur et demande, par exemple, « si elle ne ferait pas bien de planter là

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