‹ Les moralistes sous l'empire romainChapitre 28 sur 149 · Bossuet, Serm. sur la Nativité · texte numérisé non relu

Bossuet, Serm. sur la Nativité

nous, il voit dos plus secrètes pensées*. Il nous traite comme nous le traitons. Sans lui on ne peut arriver à la vertu, ni surmonter la fortune. G*est lui qui nous envoie les bonnes résolutions, qui nous garde, nous soutient, et quelquefois nous abandonne. Il n'est pas d'honnête homme sans le secours de Dieu. On voit que Sénèque a presque rencontré la grâce chrétienne. Dieu nous donne la main pour nous élever; bien plus, il descend jusqu'à nous^; ou, pour résumer les idées du philosophe, disons avec le docteur chrétien : Encore que Dieu soit éloigné de nous par ses divins attributs^ il descend quand il lui plaît par sa bonté j ou plutôt il nous élève '.

Sur la prière, le langage du philosophe est encore celui d'un chrétien*. Il ne laut pas adorer Dieu de la posture du corps et du mouvement des lèvres^ ; on doit prier Dieu en esprit et avec confiance, et ne lui demander que la santé de l'âme et puis celle du corps^ : Viens demandera Dieu la conversion de ton cœur, expose-lui toutefois avec confiance tes nécessités même corporelles^ , Ces paroles de Bossuet sont aussi de Sénèque. Enfin, le philosophe fait une vive sortie contre ceux qui adressent à

1. Prope est a te deus, tecum est, intus est.... hic prout a nobis tractatus est, ita nos ipse tractât. Bonus vir sine deo nemo est. Lettre XLL

'Z. Nihil deo clusum est : interest animis nostris et cogitationibus mediis iniervenit. Lettre LXXXIII.

beus ad homines venit, imo quod propius est, in homines venit. Nulla sine deo mens bona est. Lettre LXXllL

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