Sermonjur les jugements liumains
nos indiscrètes comparaisons : « Laissez votre Sénèque avec ses superbes opinions.... Ce philosophe insultait aux misères du genre humain^ par une raillerie arrogante ^ » Avec quel éloquent dédain il adresse ces apostrophes aux chimériques maximes sur l'invulnérabilité da sage : « C'est le prendre d'un ton bien haut pour des hommes faibles et mortels. Mais, ô maximes vraiment pompeuses ! ô insensibilité affectée ! ô fausse et imaginaire sagesse, qui croit être forte parce qu'elle est dure, et généreuse parce qu'elle est enflée! Que ces principes sont opposés à la modeste simplicité du Sauveur des âmes, qui, considérant dans notre Evangile ses fidèles dans l'afQiction, confesse qu'ils en seront attristés : Vos autem contristabiminiK » Ailleurs il écarte de son discours « ces maîtres délicats quilouenl la pauvreté parmi les richesses ou qui prêchent la patience dans la mollesse et la volupté ^. » Sou amère raillerie ne recule pas même devant un jeu de mots quand il peint les satisfactions intérieures de la sagesse stoïque, qui ne sont, selon lui, que les contentements profonds de l'orgueil : a N'est-ce pas. l'orgueil qui a retiré tant de philosophes du miheu de la multitude? Nous voulons, disaient-ils, vaquer à nous-mêmes : et, certes, ils disaient vrai; c'était en eux-mêmes qu'ils voulaient s'occuper à contempler leurs belles idées, à se contenter de leurs beaux et agréables raisonnements, à se former à leur fantaisie une image de vertu de laquelle ils faisaient leur idole*. » Admirons les beaux emportements de cette éloquence sans souscrire à tous les arrêts de cette justice irritée. Que la direction morale de Sénèque n'ait pas