Ménippe
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356 LE SCEPTICISME REUGIEUX
nisme, lui donnerdes fondements nouveaux, ou du moins étayer son éir^'anle véiuslé. On peut juger de sa solidité par la résistauce que cet édifice ruineux opposa aux etïorls ttà l'héroïsme des premiers chrétiens. Cnmment se (ait-il que ces dieux, si souvent bafoués et. condamnés depuis lonfiienips par les philo>ophes et le bon sens po^iulaire, aient encore conservé des fidèles, et même qu'ils aient iuspin'' un fanatisme furieux? C'est que l'ancienne myiliolD^'ie avait été comme régénérée et consacrée de nouveau par l'iiitroduction des cultes étiangers venus de rOriei:i. Les mythes de la Syrie, de i'iude, de l'Kgypie, semblèrent confirmer la fable, et prêtèrent à des hctions usé* s un .-eus profond et mysléritux. Des philosophes et des érudits clierchèrenl à concilier les dugmes des différentes religions, les poètes et les artistes enconfondireut les images, La inytholo-:ie devint plus respectable quand el.e ne fut plus aussi claire, et l'obscurité dts symboles réveilla la curiosité des inJiliérenls. Le zèle des letii ts se ranima quand on put être à la lois crédule et savant. On peut constater dans Lucien luimême la trace de cts changements accomplis dans les idées religieuses. Dans une de ses plus libres fictions, il s!jpi)Ose que les dieux de la Grèce sont émus en voyant l'Olympe envahi par un si grand nombre de divinités étrangères. Dans une assemblée générale, Momus demande la parole, se fait accusateur public, et, après avoir signalé d'auiieus abus, déclamé contre les bâtards de Jupiter, auxquels la faiblesse paternelle a ouvert le ciel il prend à pariie Auubis et ses monstrueux compagnons, qu'il apostrophe en ces termes : « Mais toi làbas, la tè.e de chien, l'Ègyptien emmaillotié dans les linges, qui e^-tu, mou ami, et comment te mèies-tu d'eue dieu avec tes aboieiuentsï Que nous veut ce taureau bigarré de iVicmphis, qui se ia?t aiorer, qui rend
des oracles, qui a des prêtres? J'ai honte de vous parler des ibis, des singes, des l>oucs et de tant d autres plus ridicules encore qui, de TÉgyple, se sont glisses, je ne sais comment, dans le ciel. Et vous les supportez o Dieux, quand vous voyez qu'on leur rend autant et plus d'hommages qu'à vous mêmes? Toi, Jupiter commem peux -tu s^ufTrir ces cornes de bélier qu'on t'a pUmtoes au front*. » Le bon Jupiter n'est pas du tout fâche de porter ce nouvel ornement, qui a l'avantage de le rendre incompréhensible; il inierrompt Momus pour lui repondre d'un air important, et en fais mt entendre pu îu'il ne dit : « Ce sont là des symboles dont on ne doi nas se moquer, quand on n'y est pas initie » Pour fuett e Uniterme à tous ces abus, l'assemblée divine rend le décret suivant : « Attendu quVin grand lombre d'étrangers, non-seulement Grecs, mais b-bares ton à fait indignes de partager avec nous le droit de cite, se sont fait inscrire, on ne sait comment, sur nos registres et, dès lors passés à l'état de dieux, ont rempli le ciel à ce point que notre banqi:et n'est plus qu une
vulgWe cohue.... Attendu q-^^t, ^"?''' ^1^^^^^^ le pas sur les anciens et les véritables dieux qn ils se son^t adjugés les premières places en dépit de tons nos usages nationaux et que, sur la terre même, ils prétendent aux premiers honneurs».... - Le décret prononce Jupiter était sur le point de faire une grande bévue,
» K rocc«mht<5ft de voier par main levée, en proposant a 1 assemniee ae vu ci i^a
heu eulemeol il .e ravise en pendant que le Buflr ge
universel donnerait la majorité prec.ement k ceux
au'ii s'agit d'expulser. Il aime .uieux Lire un acte
rlritf et com.nande de procéder auss.tôt > 1 execu-