Dion Ghrysostome , discours
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6 LA MORALE PRATIQUE
les consola, puis se laissa mourir de faim, disant à ses derniers moments que celte mort n'était pas sans douceur*.^
Des proscrits, qui craignaient de vivre et qui n'osaient mourir, recevaient quelquefois de la philosophie un secours inespéré. A cette époque de violences et de meurtres, elle mettait son honneur à aiguillonner les courages, elle excitait les malheureux non pas seulement à braver la mort, mais à courir au-devant d'elle, se faisant comme un devoir de dérober une proie à la tyrann^Ainsi, un célèbre général, à la tête des légions d'Asie, Plautus, menacé par lessicaires de Néron, voit venir auprès de lui deux philosophes qui l'engagent à préférer la gloire d'une mort volontaire aux angoisses d'une vie précaire ^}\
Souvent le philosophe, comme le prêtre chrétien assistait les mourants et les condamnés, et leur apportait non plus des exhortations viriles, mais les espérances suprêmes. Gaton, résolu de mettre son âme en liberté, après avoir lu deux fois un livre de Platon sur l'immortalité, fait sortir de sa chambre ses amis et son fils éploré pour échapper à l'importune surveillance de leur tendresse, et ne souffre près de lui que deux philosophes; et s'il finit aussi par les éconduire, c'est que ce rude et fier courage, si sûr de lui-même, se croyait au-dessus des consolations. Thraséas, condamné par arrêt du sénat, quitte la noble compagnie des hommes et desfemmes qui l'entourent pour s'entretenir à l'écart avec le philosophe Démétrius de la séparation de l'âme et du corps ; et quand il se fait ouvrir les veines, il garde ce sage à ses côtés, et, tout défaillant, tourne vers lui ses derniers