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270 LA SOaËTÉ ROMAINJE.
en pleîâ sénat, dans un discoafs de remerctmeM, «n langage de cottr, n'imagine rien de plus flatteur qtfe d'immoler au nouvel empereur tous les règnes préoédents. Ge fin appréciateur des convenances sait bieuique réloge de la république sera bien aceueilli par Trajan, qui veut paraître avoir rétabli les anciennes institutione* Xi& discours de ï^line montre clairement quel était le courant de ropinion à Rome, quelle était la volonté du prince, quel langage lui faisait plaisir. Déclamer contre le despotisme et les sanglants abus du pouvoir, accumuler les invectives contre les Césars, c'est la flatterie la plus délicate qu'on puisse c^ir alors à un maître clément. Il ne messied pas à un courtisan de faire de la satire politique, et il se trouve que les panégyriques du prince régnant sont des pamphlets contre ses prédécesseurs. C'est donc commettre une étrange méprise et déposer inulilement son admiration que de se récrier sur la hardiesse de Juvénal. Loin d'être un ci- » toyen farouche qui fait aux princes une opposition éclatante, qui attaque le pouvoir, il ne lui coûte pas, dans la satire aur la misère des hommes de lettres, de chanter les bienfaits du prince régnant et de célébrer sa munificence : c Les lettres ne trouvent que dans César leur soutien et leur espérance; seul dans ce siècle il a jeté un regard favorable sur les muses affligées^ lorstpie déjà nos poètes les plus célèbres essayaient , pour vivre, de se faire baigneurs à Cabies et boulangers à Rome, lorsque d'autres ne voyaient ni honte ni abjection k prendre le métier de crieur, lorsque, chassée des valîons de l'Hélicon et des bords de l'Aganippe, Glio allait, mourante de faim, mendier à la porte des riches ^ > Dans un mouvement d'enthousiasme et de reconnai§-