‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 14 sur 143 · Lettre XXXVI · texte numérisé non relu

Lettre XXXVI

phytes. L'un est un jeune homme, honteux quand il fait la mal et dont il faut, dit Sénèque, entretenir là pudeur; l'autre est un vieux pécheur, veterànusy qu'on doit corriger avec discrétion pour qu'il ne désespère p«s de luimôme. Le maître reconnaît qu'il aura de la peine à te*nîr en tutelle un homme de quarante ans, mais il aime mieux échouer que de manquer à ce devoir^.

Il semble que Lucilius, fidèle en cek aux prescriptions de Sénèque, cherche à recruter des âmes à la philosophie et qu'il envoie tour à tour à son maître tons ses amis pour les soumettre à ses investigations murales «t les confier à son habile direction, Souyent Sénèque les juge dès la première entrevue ou après quelques entretiens. Celui-ci est perfectible malgré son excessive timidité, cet autre ne laisse plus d'espoir. Il est trop endum dans le mal/ ou plutôt il est trop amolli; il manque de ressort, bien qu'il ait de la bonne volonté et qu'il ppétende être dégoûté de ses dérèglements; mais il n'a pas rompu avec les passions, il n'est que brouillé avec eUeB et prêt à se réconcilier*.

Il faut voir ce que, dans ces tentatives de conversion philosophique, Sénèque déploie de sagacité et de dâicatesse, pour comprendre qu'il n'est pas seulement un professeur de morale spéculative, qu'il a la prétention de former les cœurs à la sagesse, puisqu'il refuse de se charger d'un homme incaps^le de pratiquer la doctrine, et si, dans cette dernière occasion, il perdit sa peine et ses sermons, il a eu cela de commun avec bien des prédicateurs de morale.

A l'appui de ces exemples tirés des lettres à Ludlius,

1. Quod ad duos amicos nostros pertinet diversa via eundum est : alterius enim vitia emendanda, alteriusMDgenda.,.. tmpoidam huic rei dies. Lettre. XXV.

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