‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 47 sur 143 · Voy. notre chapitre sur Sénèque, pages · texte numérisé non relu

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UN POËTK STOÏCIEN. 105

Ions le voir maintoDant aii milieu de sa famiUe, dans cette société de sages ou de leurs disciple^ dont il fut récho, et Ton pourra saisir les opinions et les sentiments d'une illustre maison patricienne sous le règne de Néron, et se faire une idée de ce qu*on nous permettra d'appeler un salon stoïcien. .

Une faxnUle patricienne sous Tempire.

Nous n'avons sur Perse qu'une courte notice attribuée à Suétone, mais qui paraît ^tre l'œuvre d'un ancien commentateur du poète. Ce sont de^ simples indications sur sa vie, sa famille, ses maîtres , ses amis. Toutefois, en suivant ces légers vestiges, en recueillant çk et là tout ce qu'on sait sur les personnages co;inus qui l'ont entouré, on peut non-seulement se représenter la société dans laquelle il a vécu, mais encore, par des chemins détournés et comme par des portes dérobées, pénétrer dans l'intimité du poëte et forcer par plus d'un côté le mystère qui recouvre sa vie et ses ouvrages. Sa vie embrasse les trois dernières années de Tibère, les règnes de Galigula, de Claude et les huit premières années du règne de Néron, c'est-à-dire une des plus tristes époques de l'empire où la tyrannie cruelle et fantasque des princes et de leurs affranchis ministres et l'horrible désordre des mœurs provoquaient le plus violemment les regrets républicains dans les grandes familles et les protestations silencieuses ou liardies des philosophes. Né à Yolaterre en Ëtrorie, ayant perdu de bonne heure

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soÊt pène,«fa«valfterToaiaym, il fut élevé Jivec liaaueotip ds sollkitede |Mr la laère^ Piil?k Siseomit, uutrone distinguée, fuî, peur adievor rédocatioii de fion ûh^ r«BBB&a à Berne et le vemii^ïàgeéd «baze ans entre les wamm d'aa célèhm gnopfflairiâa et profeisenr de belles-lettres, Yîrginius FijmmBf db&t Taâte mns epprend qu'il fut exilé plus tard pour avoir trop excité par son éloquence l'enthousiasme de la jeunesse. Nous verrons que les maîtres, les amis, les parents de Perse seront presque tous tôt ou tard condamnés à l'exil ou à la mort pour la fierté de leurs sentiments et de leur langage. Tous ceux qui l'entourent sont de futurs proscrits.

 seize ans, à l'âge où les jeunes Romains étaient émancipés at ne relevaient plue quB d'eux-jnémes, le S2|ge et timide adolesoenl; vmX s» placer sous la r^le et la jifuâpline d'un philosophe nenommé» Cornniua, donl il deidnt ie disciple et Tami, 4et qu'il ne ^quilta plus. On sait, que, selon un nsag^ antique, les jennes patriciens épris «des nobles études s'attachaitent à un homme distiingaé dent ia parole et la cexuluite pouvaient leur servir d'exemple. Soofi la république, quand l'éloquence éXaitpûBT tons la principale élude, le jeune Bomain dont le talent donnait des espérances était confié par ses paseats au pins grajud orateur : il le suivait partout, se modelait sur lui, amstait à tous ses disoerurs, se fanûliarisant aizuti avec les luttes du Forum et apprenant en «loelque sor&e à combattre sur le dzamp de bataiOe mème^ siais xa temps de l'empire, quand l'éloquence fitf pacifiée, que par la iorce des ehoses et des institutàoBS elle liégénéra en innocente et stérile rbétoriqnej on fat obligée de se renfermer dans les exercices péni- Ufis dsL baireaa, les plus graves equils se tonroèrent da£6té des {Moaopbes, leur demaoïdant la hus^ cnjU

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turo morale «t les principes de rhémièteté piîf ée. Le goût de Ja perfedion aooiale remplaça rambitiam ftdir tiqme, et on rêva de devenir un dsage «onmie on rêvait jadis de devenir nn grand orateur. Tontefoss, sekm les mâles habîtiides da caractère antigne, la vertn n'était pas seulement redierchée comme une satisfaction tranqmlla dn cœur, mais comme une arme propre à ane noizvelle eq>èce de lutte ot capable de servir de défense à la dignité de ?liomme et du dleyea. Perse ee doitiia donc tout «ntier â Gomutitt comme à un diredeiH* iqnritael et à un gardien de son âioo. Il demenmt avec lui, racueillaiit aans cesse ses paroles et ses eieiBpie&, essayant de ae former £ur le modèle/ d'un maître tendiement vénéré« C^était du reste une des premières et des pins délicates prescriptions de la morale pmtique à cette époqoe de choisir pour conrpagnoa et pour témoin de sa vie m homme irréprochable qui f4t à la fois un guide et un médecin de l'âme. Senèqne a fait nettement la idiéoria de cette direction morale : < Le chemin de la sagesse eet plus court par les exemples que par lés préceptes. — La voix vive profite jdaB que la lecture. — Personne n'est assez fort pour se tirer tout seul du vice, il est besoin que quelqu'un lui prête la main et l'en dégage. — Ghoississims un guide qui montra œ qu'il fant faire en le faisant lui-même et qu'on admiro plus à le voir qu'A l'entendre. — Le philosophe est comme le médecin, qui ne saurait prescrire de loin ce qui convient à un malade; il faut qu'il lui tftte le pouls *. > Ces prescriptions de la philosophie sur la nécessité d'avoir un directeur n'ont jamais trouvé une raison plus docile à les suivre que dans ce jemie chevalier élevé par jsa mèie, et dont l'adolescence timorée redoutait pour sa vertu naissante les pé«

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