Juvénal, VII
nous frappent eocore aujourd'huiyilsdevaient, dans leur nouveauté hardie, aller bien plus avant dans les cœucs païens dignes de les comprendre. Le poëte découvre de plus en plus sa pensée, qui est de substituer à toutes les superstitions ineptes et trompeuses du paganisme un culte tout moral. Qu'importent aux dieux les riches sa^ orifices ? Ils n'ont que faire de notre or ; ni l'opulence^ ni les titres, ni les prodigalités de la dévotion ne les émeuvent en notre faveur. U y a quelque chose de plus rare, de plus Qgréable au ciel. < Que n'offrons-nous aux immortels ce que ne pourra jamais leur offrir, dans ses plats magnifiques^ la hideuse postérité de Tillustre Messala ? Une âme toute pénétrée des lois divines et humaines, la pureté jusque dans les derniers replis du cœur, un caractère tout imprégné de vertu et d'honneur, ^ue j'apporte au temple une pareille offrande et je n'aurai besoin que d'un simple gâteau pour faire agréer ma prière. »
Gompositum jus, fasque anîmo, sanctosque recessus Mentis, et incoctum generoso pectus honesto M...
dette satire est im véritable sermon sur la prière et pou- Tait passer pour un excellent manuel de la piété païenne. La philosophie, dégagée delà superstition, est arrivée de progrès en progrès jusqu'aux confins du christianisme. Ce sentiment si profond de la moralité religieuse chez un poète païen nous causerait plus de surprise, si ces hautes pensées n'avaient pas été mises depuis, par la foi nouvelle, à la portée de toutes les intelligences, et n'étaient devenues des vérités communes. Le plus pur esprit de la philosophie antique s'est concentré dans ces Penses maximes qu'il faut relire plus d'une £ois et mé*