‹ Les MoreauChapitre 31 sur 37 · E^. F". DUC DE CHOISEUL · texte numérisé non relu

E^. F". DUC DE CHOISEUL

Dessiné et grave par J. M. Moreau le Jeune, pour le Recueil d'Estampes

gavées d'après les Tableaux du Cabinet de Monseigneur le Duc de Clioisetil, par les soins

du S' Basan. MDCCLXXI.

de Prusse. Bientôt il signera modestement Moreau le Jeune, professeur aux Ecoles centrales, obéissant, en acceptant cette qualité nouvelle, aux mobiles les plus désintéressés.

Ses amis, M. de Bréquigny et l'abbé Barthélémy, pour lequel il avait entrepris rillustration d'Aiiacharsis, l'avaient déjà déterminé à faire partie de la Commission temporaire des Beaux-Arts, formée en 1791. Dans l'exercice de ces fonctions purement gratuites, il se prodigua, sans compter, pendant deux années, moins préoccupé de ménager son temps et sa peine que de préserver des œuvres intéressantes du vandalisme révolutionnaire.

En 1797, nous le voyons, se résignant à l'ingrate besogne de pédagogue, occuper une place de professeur aux Ecoles centrales de la Ville. Le voici donc retouchant, non plus les planches d'habiles graveurs interprètes de ses propres inspirations, mais les dessins de simples écoliers, s'efforçant en même temps de leur faire aimer l'art dont il leur enseignait les principes. Plus de deux mille élèves lui passèrent ainsi par les mains, et parmi eux, son petit-fils dont les précoces dispositions flattaient son amour-propre d'aïeul. Moreau montrait, non sans quelque complaisance, une miniature, témoignant chez Horace Vernct du goût. le plus vif. C'était un couvert de tabatière sur lequel l'enfant, alors âgé d'une douzaine d'années, avait peint un cavalier au galop tirant un coup de pistolet. Plus tard, quand ce même petit-fils dessinera des figures pour les recueils de la Mésangére, il fournira au vieil artiste, ignorant, dans sa réclusion, des changements de la mode, les croquis de costumes dont Moreau aura besoin pour ses dernières compositions.

Du reste, ne semble-t-il pas qu'Horace Vernet, dernier représentant de deux dynasties d'artistes, ait particulièrement hérité de son grandpère maternel? Ne pourrait-on signaler entre eux plusieurs similitudes de talents sinon de fortune? Ne retrouve-t-on point, chez l'un et l'autre, cette facilité brillante, cette aptitude à aborder tous les genres, ce don de la netteté et de la mesure, qualités bien françaises dont ils ont fait preuve dans deux carrières également fécondes mais diversement récompensées ?

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