‹ Les mormonsChapitre 100 sur 126 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

vaient pas quitté Tappiii de cette croisée, lorsqu'avançant un peu la lête malgré les balles qui sifflaient autour de mes oreilles, je le vis tomber sur le côté gauche : il était mort ! La populace entassée sur l'escalier et dans l'entrée de la porte n'entendit pas plutôt crier : « Il a sauté par la croisée ! » qu'elle se rua hors de la maison. Je urécartai alors moimême de la fenêtre , ne voyant pas à quoi pouvait me servir de sauter sur cent baïonnettes au moins qui entouraient le cadavre du général Smith. Bientôt cependant j'allongeai de nouveau la tête, et je regardai pendant quelques secondes pour voir s'il y avait encore quelques signes de vie, m'inquiétant peu de moi-même et résolu à savoir la fin de celui que j'aimais. Après m'être bien convaincu qu'il était mort , voyant plus de cent hommes autour du cadavre et un plus grand nombre tournant le coin de la prison, m'attendant en outre à leur retour dans la chambre, je courus près du palier pour voir si l'escalier était libre et les portes de la geôle ouvertes. J'étais près de l'entrée , quand M. Taylor me cria . « Prenez-moi avec vous. »» Je m'assurai d'abord que toutes les portes étaient ouvertes ; puis je revins en toute hâte, j'enlevai M. Taylor sous mon bras, je descendis rapidement l'escalier et je gagnai le donjon jou prison intérieure , où je t'étendis sur le sol et le cachai sous un lit; car je m'attendais au retour immédiat de la populace. Je dis à

%iX LES MORMONS.

M. Taylor : « C'est bien triste de vous laisser ainsi « étendu par terre ; mais, si vos blessures ne sont « pas mortelles, vous raconterez un jour cette triste « histoire. « Quant à moi , m*attendant à être fusillé d'un instant à l'autre , je m'étais placé devant la porte pour repousser le premier assaut. » Signé : ViUard Richard's.

Un autre témoin oculaire du meurtre, nommé Daniel, qui n'avait de liaisons ni avec les Mormons ni avec la populace, donna quelques particularités de plus sur ce tragique événement dans un petit ouvrage publié par lui dans l'Etat de l'Illinois, en 1844. Daniel, à ce qu'il paraît, avait été rencontré dans les prairies, dans l'après-dîner, par une bande de planteurs plus ou moins déguisés , et le visage noirci, qui lui avaient fait savoir que l'objet de leur réunion était de forcer la prison de Carthage et d'assassiner Smith et ses. compagnons de captivité. D'abord ils l'invitèrent à se joindre à eux ; puis, sur son refus, ils le forcèrent par menaces de les accompagner sur le théâtre du crime, de peur qu'il ne donnât l'alarme ou ne les découvrît aux autorités. D'après son opinion, Joseph Smith n'était pas mort en tombant de la fenêtre , mais il était seulement étourdi de sa chute. Il raconte cpi'un des hommes de la bande le dressa sur ses pieds et le plaça contre un mur. Dans cette position, quatre autres émeutiers s'avancèrent avec leurs fusils char-

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