CHAPITRE XV
« ordonné ces hommes dans un meeting la nuit « dernière? — Oui, je le suppose du moins, > me répondit-i). Je lui demandai alors en vertu de quelle autorité il ordonnait des prophètes , des prêtres et des rois. A cela il me répliqua d'un air significatif: « Oh ! je sais ce que j'ai à faire. »
L'Ancien Orson Hyde, un des Douze, fit une déposition semblable. Rigdon lui avait avoué qu'il voulait sonder l'esprit des diverses branches de la secte et celui des habitants de Nauvoo, parce que, s'il pouvait former un parti assez puissant pour diviser l'Église , il le ferait. Hyde et d'autres personnes lui ayant demandé d'où il avait reçu l'autorité nécessaire pour ordonner des prophètes, des prêtres et des rois, Sydney avait répondu : « Ce n'est pas de vous assurément , et je n'abdiquerai pas ce droit en votre faveur. » Il les avait menacés, en outre, de publier dans les journaux tout ce qui s'était fait et dit dans les meetings secrets, donnant à entendre que ce serait un moyen d'ameuter la populace contre les Mormons.
Amasa Lymon, autre apôtre, fut le troisième accusateur de Rigdon. « Il est évident , dit-il , que depuis quatre ou cinq mois l'Ancien Sydney Rigdon a un esprit aussi corrompu que l'enfer. Jamais nous n'avions entendu dire qu'il eût des révélations du ciel ; mais , dès que le frère Joseph n'a plus été là , il en a fabriqué une pour séduire le peuple et le per-
dre. Après avoir donné son témoignage au monde, à Tappui de Tautorité divine du livre de Mormon el de sa traduction miraculeuse par Joseph, il a trouvé Dieu même en faute , parce qu'il lui est arrivé (J'étre mis en prison dans le Missouri et parce qu'il était pauvre. Et voilà l'homme qui obtient de si merveilleuses révélations ! »
John Taylor corrobora ce sévère témoignage en ajoutant que l'esprit de Sydney Rigdon était enveloppé de ténèbres; ignorant, aveuglé par le diable et incapable d'accomplir l'œuvre qu'il avait entreprise. Il conclut en disant que les meurtriers de Joseph et de Hiram, si pervers qu'ils fussent, étaient, dans son opinion , cent fois moins pervers et moins coupables que ceux qui semaient des dissensions dans l'Église, les Poster, les Law, les Higbee et autres instigateurs, coopérateurs et fauteurs du meurtre. L'Ancien Heber Kimbal exposa encore que le martyr Joseph avait reconnu depuis plusieursannées que Rigdon n'était pas un homme sûr. Il rappela à l'assemblée que, l'année précédente, le prophète avait dit dans la conférence annuelle « qu'il ne porterait pas plus loin Rigdon, mais que l'Eglise pouvait le faire, si elle le voulait. >» Il l'avait en effet privé de tout pouvoir et de toute autorité, nommant l'Ancien Amasa Lyman à sa place.
Le second jour du procès, Brigham Young se leva de nouveau et accusa Rigdon dans les termes