CHAPITRE XV. 2c
suivants, termes curieux en ce qu'ils semblent établir la complicité de Rigdon dans la fraude primitive du livre de Mormon. « Frère Sydney dit qviMl divulguera tous mes secrets. Oh ! n'en faites rien, frère Sydney ! Ne divulguez pas nos secrets. Mais s'il les révèle, nous dirons les siens; ce sera un prêté rendu. Il a eu, dit-il, de longues visions dans Pîttsburg, qui lui révélaient de prodigieuses iniquités parmi les saints. S'il connaît de telles iniquités, et s*il a un si merveilleux pouvoir, pourquoi n'épure-t-il pas l'Église T II se vante d'avoir les clefs de David. Merveilleux pouvoir! Merveilleuse révélation, en effet ! Il veut donc publier nos iniquités ! Je le prie d'y prendre bien garde. Om, s'il y a tant d'iniquités dans l'Église, Ancien Rigdon, et si vous les connaissez depuis si longtemps, vous êtes le dernier des misérables de ne pas les avoir révélées plus tôt , et si cette iniquité n'existe pas, vous êtes le dernier des misérables encore, vous qui vous efforcez- d'ameuter la populace pour qu'elle égorge des hommes innocents, des femmes et des enfants ! Quiconque ose dire que les Douze sont des imposteurs, des adultères ou des méchants , est un menteur, et tous ceux qui disent de telles choses auront le sort des menteurs ; ils seront jetés là où il y a des pleurs et des grincements de dents. Qui a jaraais vu de telles choses parmi nous? Personne ! Je foule aux pieds de si criminelles calomnies. »
Brigham Young termina en exprimant sa ferme conviction que Rigdon était la première cause àe toutes les persécutions subies par les saints dans le Missouri et rillinois. Le souffrir plus longtemps dans l'Église, c'était courir à une destruction certaine.
Cependant un petit nombre de voix 'S'élevèrent en faveur de Rigdon, mais elles n'avaient presque rien à dire. Le sentiment général des Mormons était contre lui. Quand les dépositions furent achevées, M. Phelps, le rédacteur du Times and Seasons, proposa une motion tendant à ce que Sydney Rigdon fût retranché de l'Église et « livré aux soufflets de Satan , » jusqu'à ce qu'il se repentît. Dix mains seulement environ , sur plusieurs centaines, s'étant alors levées en faveur de Rigdon , Brigham Young l'excommunia solennellement, et le livra, selon la formule consacrée, «« aux soufflets de Satan, au nom du Seigneur. » Tout le peuple répondit : u Amen ! »» On décida ensuite avec la même unanimité que les dix personnes qui avaient levé la main pour Sydney Rigdon seraient privées de toute confraternité avec l'Eglise jusqu'à leur jugement par le grand conseil. Par un amendement immédiatement ajouté à cette motion, et voté par acclamation, la même suspension fut prononcée contre tous ceux qui se feraient plus tard les avocats des principes de Rigdon.