CHAPITRE XV
Brigham Young succéda à la présidence de l'Église des saints. Sydney Rigdon, contrairement à ce qui arriva pour Orson Hyde, Oliver Cowdery, Martin Harris et plusieurs autres associés primitifs de Joseph Smith, qui firent scission, devini-ent des traîtres ou furent également excommuniés et chassés de l*Église , n'a jamais été réadmis et n'a jamais cherché à être réadmis dans la conu grégation mormone. Il s'est tenu, au contraire, - dans l'isolement; il a fondé une petite Église à » lui, et ce qui, sans doute, importait davantage 'i aux Mormons , il a su se taire. Ce fut un bonheur ]r pour les saints des derniers jours de n'avoir pas pris Sydney Rigdon pour guide ; car, sous Brigham Young et son habile direction , ils devaient bientôt mî acquérir une position plus brillante que jamais, li non - seulement comme secte religieuse , mais 019 comme citoyens des États-Unis. Ce ne fut pas, I. toutefois , sans avoir à traverser de nouvelles 1^ épreuves.
-d- Après la mort du prophète, les Missouriens et les lilf Anti-Mormons s'étaient un peu relâchés de leurs perjiJ sécutions, et durant douze mois les choses prirent un il< aspect plus calme dans la ville de Nauvoo. Brigham 06 Youn^, débarrassé de la rivalité de Sydney Rigdon, ni poussa avec vigueur la construction du temple et de es l'hôlel de ville de Nauvoo, afin d'accomplir larévélation et de prouver aux gentils , non-seulement la
divinité de la mission de Joseph Smith, mais la puissance, les ressources et la persévérance de ses disciples.
Le courage des saints était complètement ranimé. Il se faisait un nombre considérable de conversions; les Mormons qui avaient des fermes dans le Nevtr- York et la Pensylvanie les vendaient pour venir à Nauvoo , ou échangeaient les terres qu'ils possédaient dans d*autres États contre des terres dans nilinois. M. Phelps, dans une lettre écrite au petit journal de New-York dont nous avons parlé plus haut, fait une description de la ville et du peuple de Nauvoo et de la situation de l'Église à cette époque.
« Je ne décrirai pas, dit-il, les localités de Nauvoo, l'espace me manquerait. Quant aux commodités , à la tranquillité, aux vertus de la ville, elles sont sans égales dans le monde. Les saints, depuis que Sydney Rigdon, le grand Antéchrist des derniers jours, et ses filles dignes de lui, ont quitté Nauvoo, ainsi que plusieurs autres imitateurs de Simon le Magicien , avec plusieurs vierges folles et plusieurs hommes pervers qui s'étaient glissés parmi eux pour abuser des bénédictions de Jéhovah, les saints ont joui de la paix, de l'union et de l'harmonie.
« Je parle avec réflexion quand je dis que Nauvoo est la ville la plus mDrale du monde. On n'y tolère aucun vice; on n'y autorise aucun débit de li-