CHAPITRE XV
queurs , et nous n'aurions jamais à constater le moindre désordre sans l'extrême facilité avec laquelle nous permettons à tous de venir à Nauvoo, d'y trafiquer et de jouir de notre société, comme ils disent. Trop fréquemment ces prétendus amis, comme les filles du vieux Balaam introduites parmi les jeunes lévites d'Israël , trouvent des ad* mirateurs et violent les ordonnances de la ville; mais alors le javelot de Phinéas va frapper les cœurs coupables.
«< Le temple, élevé jusqu'aux chapiteaux des pilas* très, paraît déjà majestueux, surtout pour moi qui sais que ce sont les dîmes des fidèles et l'obole de la veuve qui publient ainsi la gloire de Dieu. Ce splendide modèle de l'architecture mormone reposera sur trente pilastres de pierre sculptée, dont chacune coûtera environ trois mille dollars. La base a k forme d'un croissant de la nouvelle lune; les chapiteaux , élevés de près de cinquante pieds , représentent le soleil avec une face humaine , d'un hardi relief et d'environ deux [pieds et demi de large. Cette tète, ornée d'un diadème de rayons lumi^ neux, est surmontée de deux mains tenant des trompettes. Il est toujours difficile de décrire un édifice machevé. Le travail intérieur marche aussi vite qu'il est possible. Quand le temple sera achevé , il coûtera de cmq à six cent mille dollars, et, comme dit le capitaine Brown de Tabasco, près Palenque,
rien de ce qu'il a vu jusqu'ici ne ressemblera davantage aux splendides ruines de TAinérique centrale, quoique sur une échelle moitié moins grande. »
Parmi les plus zélés Mormons , la mode s'établit à cette époque de substituer au nom de Nauvoo, non -seulement le nom de Cité Sainte et de Cité Belle, mais encore .celui de Cité de Joseph. Quand le temple fut presque achevé, la joie, et, il faut le dire aussi , l'orgueil des saints des derniers jours ne connurent plus de bornes. « Les prophéties s'accomplissaient; » hélas! les contrées voisines se rappelèrent que ces prophéties promettaient un jour l'empire du monde, et, en attendant, celui de l'État d'Illinois, aux sectateurs de Joseph Smith. Les haines assoupies se réveiDèrent*
Ce fut une crise dans laquelle les saints des derniers jours eurent besoin de toute leur confiance aux promesses du prophète, car la persécution s'organisa systématiquement contre la secte en général, et l'animosité de leurs ennemis rechercha individuellement tous ceux qu'ils croyaient susceptibles d'être inquiétés dans leur conscience et dans leurs affections comme dans leurs intérêts matériels. Sous prétexte que la secte avaiî pu réellement recevoir dans ses rangs un repris de justice, un homme taré, un pécheur chassé des