‹ Les mormonsChapitre 114 sur 126 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

autres communions religieuses, qui, plus ou moins sincère dans son repentir, était venu demander sa réhabilitation à une société nouvelle, et laver les souillures de son âme par le baptême mormon , on déclarait tous les Mormons ses complices , on les proclamait des voleurs ou des receleurs , des faux monnayeurs , des fraudeurs et des meurtriers, qu'on pouvait voler sans scrupule , tromper en leur vendant avec de faux poids de la marchandise avariée, rembourser avec de la fausse monnaie. D'après ce raisonnement, quelques-uns eurent leurs maisons pillées, d'autres leurs récoltes incendiées ; bref, on leur prouvait de toutes les manières qu'ils n'auraient ni paix ni trêve tant qu'ils resteraient à Nauvoo, ou môme sur le sol des États-Unis. Quelques magistrats voulurent rappeler le peuple au respect d'une constitution qui garantit là liberté de toutes les opinions religieuses. On répondait que par leur fanatisme, par l'immoralité de leurs doctrines moitié juives, moitié païennes, les Mormons s'étaient exclus euxmêmes du bénéfice de la tolérance américaine. La presse , d'accord avec' la chaire , les signala comme une secte antisociale en même temps qu'antichrétienne. Ils se voyaient de fait mis hors la loi par l'inexécution des sentences fendues en leur faveur; ils ne pouvaient plus invoquer ni le privilège des citoyens, ni celui des propriétaires, et

quand la populace s'ameutait contre eux, les milices locales que le tambour rassemblait pour protéger Tordre restaient Tarme au bras, ou encourageaient elles-mêmes de nouvelles provocations en paralysant la résistance personneDe et le droit de légitime défense.

Une convocation réunit les chefs des Mormons à Nauvoo, et, après une discussion assez vive , il fut reconnu que l'émigration était le dernier refuge du nouveau peuple de Dieu , comme elle avait été jadis celui des Juifs sous Moïse. Vn manifeste au nom du grand conseil de l'Église annonça donc que les saints se disposaient à aller défricher un terrain neuf sur le territoire de rOregon.

« Nous réservons nos droits d! Américains, disait ce document, sur le territoire contesté où nous allons nous établir. Nous y soutiendrons les prétentions de la république , si un gouvernement voisin élevait des prétentions rivales.

« Nous ne sommes pas insensibles aux outrages qui nous sont prodigués; mais, fidèles patriotos, si notre patrie était envahie , nous espérons imiter ce consciencieux quaker, qui voyageait sur un navire marchand lorsqu'il fut attaqué par des pirates. Au moment de l'abordage, un des pirates, étant tombé à la mer entre les deux bâtiments, avait saisi un câble , et se hissait à bord de Famé-

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