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CHAPITRE XVI

succéda bientôt une cité bâtie en matériaux plus durables, avec un vaste fort pour la proléger en cas d'attaque. C'était un spectacle à enthousiasmer les plus indifférents , et Ton dit que quelques Indiens Utahs , attirés par le bruit de cette activité si bien dirigée , se laissèrent entraîner jusqu'à s'y associer, et réclamèrent leur adoption dans cette vaste famille.

Pendant la première année après Yexode^ les Mormons eurent un mélange de bonnes et de mauvaises chances. Plusieurs mois de suite le ciel d'automne resta pur et doux , favorisant ainsi la culture du sol et les semailles. Mais la terre, dans ses plus fertiles régions , a beau ouvrir son sein au fer qui la féconde et aux grains que la main de l'homme lui confie, le développement et la maturité de ses produits dépendent du retour gradué des saisons. Les provisions apportées par les Mormons s'épuisaient au milieu des plus belles promesses de la future récolte , et ils se voyaient menacés d'une disette. Pendant le dernier mois, ils furent réduits à manger les dépouilles des animaux tués à leur arrivée, et ces peaux devinrent même si rares qu'on allait à leur recherche , soit dans les fossés où elles avaient été jetées , soit dans les maisons où on les avait employées à des usages domestiques. On les faisait bouillir pour en extraire des sucs alimentaires. Les Moripons profitèrent aussi

de la bonne volonté des Indiens pour apprendre à connaître et à arracher les racines dont les tribus nomades de i'Oregon se nourrissent , quand elles ont épuisé le gibier autour d*un campement.

Cependant le soleil printanier continuait à répandre ses propices influences : tout prospérait dans les champs, lorsque tout à coup un ennemi formidable menaça d*anéantir cette moisson presque assurée et enfin prochaine : c'était une invasion de noirs scarabées qui, descendant de la montagne , rasaient et dévoraient toute la végétation qui se trouvait sur le passage de leurs colonnes. Ce fléau rappelait aux uns la plaie des sauterelles qui ravagèrent TÉgypte du temps de Holse, aux autres, les Phihstins déclarant la guerre à Israël dans la terre sainte. On ne savait comment détruire ou exorciser ces démon§-insectes ; un miracle seul pouvait sauver les Mormons d'une horrible famine.... Le miracle se fit, et celui-ci peut s'expliquer sans faire violence à l'ordre de la nature. Des bandes d'oiseaux au plumage blanc, de la taille et de la forme des mouettes, vinrent s'abattre sur la vallée ; en peu de temps ils eurent exterminé un ennemi qui est un régal pour eux'.

I . Ces espèces de pigeons sont très-friaitds de scarabées ; par une disposition particulière , quand ils en ont mangé trop abondamment, ils vont se dégorger et recommencent un nouveau repas, comme faisaient les épicuriens de Rome.

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