CHAPITRE II
La veuve de Salomon Spaulding, remariée à M. Davison, publia, en mai 1839, dans un journal de Boston, une longue lettre dont nous nous bornerons à citer les deux derniers paragraphes :
« De New-Salem, dit-elle, nous -allâmes habiter Pittsbourg, en Pensylvanie. Là, M. Spaulding retrouva une ancienne connaissance et un ami dans M. Patterson, directeur d'un journal. Il lui montra son manuscrit, dont M. Patterson fut si charmé, qu'il remprunta pour le lire en entier. Après l'avoir gardé quelque temps, il dit à M. Spaulding que s'il voulait faire un titre et une préface, il le publierait, et que ce serait une bonne affaire. M. Spaulding n'accepta pas cette proposition. Sydney Rigdon, qui a joué depuis un si grand rôle dans l'histoire des Mormons , était alors en relations avec l'imprimeur de M. Patterson , comme on le sait bien dans le pays, et comme Rigdon luimême l'a souvent déclaré. Sydney Rigdon eut connaissance du manuscrit de M. Spaulding, et le copia. La chose est notoire pour toutes les personnes en relations avec l'imprimeur dont il s'agit. A la fin, le manuscrit fut rendu à son auteur, et bientôt après nous allâmes habiter Amity, dans le comté de Washington, où M. Spaulding mourut en 1816. Le manusorit restant alors entre mes mains, je le gardai soigneusement. Je l'ai souvent montré
à ma fille , mistress M'Kenstry de Mondon , dans le Massachussets, avec laquelle je réside actuellement, et à d'autres amis.
. « Après la publication du Livre de Mormon , il en arriva un exemplaire à New-Salem, lieu de l'ancienne résidence de M. Spaulding, et l'endroit même où avait été composé le Manuscrit trouvé. Ce ne fut pas tout : une femme, qui faisait métier de prêcher, convoqua un meeting à Salem, et récita de longs extraits du fameux livre. La partie historique fut inmiédiatement reconnue par tous les anciens habitants pour l'œuvre même de M. Spaulding, CBUvre qui les avait tant intéressés bien des années auparavant. H. John Spaulding assistait au meeting; îl reconnut parfaitement le travail de son frère , et ne fut pas moins étonné qu'affligé de voir qu'on l'eût fait servir à un si pervers dessein. Sa douleur éclata dans un flot de larmes; il se leva sur-lechamp, et exprima au meeting son indignation et son amère douleur. L'excitation produite dans New- Salem par cet incident devint si grande , que les habitants députèrent vers moi le docteur Philastus Hurlbut , un des leurs , pour obtenir communication dq manuscrit original de M. Spaulding, afin de le comparer avec la Bible des Mormons , et de confondre ainsi l'imposture. Ceci se passait en l'année 1834. Le docteur Hurlbut m'apporta, en efifet, une lettre d'introduction et une requête signée par