‹ Les mormonsChapitre 20 sur 126 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

MM. Henri Lake, Aaron Wright et plusieurs autres habitants, que je connaissais tous, car ils avaient été mes voisins pendant ma résidence à New-Salem. Rien, j'en suis certaine, n'aurait fait plus de peine à mon mari, s'il eût vécu, que Tabus fait de son œuvre. L'air d'antiquité jeté sur tt)ute la composition a pu suggérer l'idée de la convertir en document théologique. Ainsi, un roman historique , auquel on a ajouté quelques réflexions rebgieuses et des extraits des Écritures saintes, a été transformé en une Bible nouvelle, et donné pour un livré divin ^ de pauvres fanatiques. Je suis entrée .dans cet exposé des faits pour qu'on puisse remonter à la source d'une œuvre de fraude et de perversité profonde, et pour que ses auteurs soient livrés au mépris et à l'exécration qu'ils méritent.

« Matilda D a vison. »

Ce document isolé , tenniné par une malédiction, n'est pas absolument concluant. Matilda Davison peut fort bien n'avoir été eUe-même qu'un instrument de vengeance dans les mains du docteur Philastus Hurlbut, le délégué des habitants de Salem. Le docteur Philastus , dont nos lecteurs ne seront pas fâchés de connaître les antécédents, avait cni lui-môme au prophète Joseph Smith , et avait été l'un des membres de la nouvelle Église. D'après son dire, il se retira, parce que ses yeux s'ouvrirent à

rimposlure el à la fiaude dont il avait été l'innocente victime. D'après la version des Mormons, au contraire , il fut expulsé de leurs rangs pour adultère et pour d'autres actes d'immoralité. Sydney Rigdon , accusé d'être le principal agent de la fraude , ne pouvait guère se dispenser de répondre. Sa lettre fut adressée, le 27 mai 1839, aux éditeurs du Boston Journal, Le ton, l'esprit de celte épître, et même sa construction grammaticale , prouvent que l'auleur, bien qu'il exerçât la profession de compositeur, était loin d'être aussi instruit que la plupart de ses confrères. En revanche^ il ne manquait pas de verve, et le docteur Philastus Hurlbut n'eut pas tous les rieurs de son côté*

«t Si je vous disais, messieurs (MM. Bertelett el Sullivan, les rédacteurs du journal), que je n'avais jamais entendu parler du révérend Salomon Spaulding et de sa digne femme, jusqu'à ce que le docteur P. Hurlbut écrivit tous ses mensonges à mon sujet, je serais un menteur comme eux; mais pourquoi donc n'a-t-on pas obtenu le témoignage de M. Patlerson pour corroborer cette histoire mensongère? Par une seule raison, c'est que M. Patlerson n'était pas homme à leur servir d'instrument, à mentir pour leur plaisir; et s'il eût été appelé à faire sa déclaration, il aurait certifié tout ce que je viens de dire.

« Permettez-moi, messieurs, de vous raconter

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