‹ Les mormonsChapitre 22 sur 126 · CHAPITRE 11. 7 a · texte numérisé non relu

CHAPITRE 11. 7 a

et le peu d'instruction des ouvriers. Les fautes de grammaire et de syntaxe pullulent. Les anachronismes n'abondent pas moins; mais les erreurs grammaticales, les anachronismes et les contra-, dictions ne sont pas des pierres d'achoppement .pour les Mormons. «« L'Ancien et le Nouveau Testament, disent-ils, contiennent aussi des infractions à la grammaire, et n'en sont pas Moins d'origine divine, la parole indontestée de Dieu\ » Us admettent donc toutes les fautes que peut relever la critique, et n'attachent aucune importance aux objections des lettrés. Joseph Smith étant le vase d'élection de la grâce divine, peu importait aux desseins impénétrables du Seigneur qu'il sût lire et parler correctement Tanglais. On comprend que quelques personnes plus ou moins lettrées soient un peu de l'avis des Mormons, en fait du plus ou moins d'élégance et de correction du style, lorsqu'il s'agit de révélations surnaturelles et de livres inspirés. Les pêcheurs de la GaUlée, dont le divin Maître fit ses apôtres, n'étaient pas non plus des

1 . On rencontre fpéquemment dans la Bible des Mormons des phrases comme celles-ci, que nous citons pour les lecteurs initiés à la langue anglaise : « Ye are like unto they. » — a Do as ye hath hithôrto done. » — « I tbe Lord delighteth in the chastity of women. » — « I saith unto them. » — « i who ye call your King. » ■ — « Thèse thing had not ought to be. » — « Ye saith unto him, » et autres locutions analogues. Le th qui termine la troisième personne du singulier dans le style biblique est ici appliqué à tort et à travers.

professeui's de beau langage. Mais, après la descente des langues de feu, leur parole opéra des miracles. Nous verrons que ce fut aussi la prétention de Joseph Smith d'avoir reçu le don d'en faire.

Lorsqu'on soumettait un doute à Joseph Smith, il réduisait en général les ignorants au silence, et déconcertait les érudits par sa confiance infinie en lui-même et son imperturbable aplomb. Bien des fois , amis et ennemis lui demandèrent le sens du mot Mormon. La réponse suivante, publiée dans une lettre à l'éditeur du journal mormoniste, le Times and Seasom\ peut donner une idée de sa manière de répoudre :

«« Monsieur, par l'entremise de votre journal , je désire corriger une erreur commune chez les hommes qui se donnent pour instruits , libéraux et sages. Je le fais d'autant plus volontiers que les personnes d'un sens droit, d'un raisonnement sain, préfèrent écouter la voix de la vérité plutôt que de se laisser égarer par les vaines prétentions d'une demi-sagesse. L'erreur dont je parle est la définition du mot Mormon. On a prétendu que ce mot était dérivé du mot grec tnormo. 11 n'en est rien. Il n'y avait ni grec ni latin sur les lames de métal d'où, par la grâce de Dieu, j'ai traduit le

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