‹ Les mormonsChapitre 57 sur 126 · CHAPITRE VII. 1 i I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 1 i I

gereux territoire. Joseph , ayant fait choix de vingt hommes pour ses gardes du corps, leur donna pour capitaine son frère Hiram Smîlh. Un autre de ses frères, Georges Smith, fut chargé de porter ses armes. Il nomma en outre, » un général, » qui passait tous les jours la revue, examinait si les armes étaient en bon état, et faisait faire Fexercice dans les prairies. Cependant le bruit de l'arrivée de Joseph Smith et de son armée, dont on ne manquait pas de grossir le nombre, se répandait dans le comté de Jackson. Une députation de Jacksoniens , qui se trouvait dans le comté de Clay pour faire une proposition relative à Tachât de toutes les terres des Mormons à Indépendance , n'eut pas plutôt appris l'entrée du prophète en campagne , qu'elle revint dans son comté pour lever des forces, marcher à la rencontre de Joseph et le châtier, disait-elle. Un des meneurs, nommé Campbell, jura , en ajustant ses pistolets dans leurs fontes, « que les aigles et les busards mangeraient sa propre chair avant deux jours, si d'ici là il n'avait pas haché comme chair à pâté Joseph Smith et son armée. «

Le prophète, qui raconte cette histoire, ajoute que Campbell et ses hommes amvèrent au bac, et voulurent traverser le Missouri après la tombée de la nuit; mais l'ange du Seigneur fit sombrer le bateau vers le miUeu du fleuve, et sept hommes sur douze se noyèrent. «« Ainsi , ajoutc-t-il avec un peu

trop de complaisance, ils s'en allèrent soudainement j et justement au véritable lieu de leur destination, j qu'ils gagnèrent par eau. Campbell fut au nombre des manquants. Son cadavre, après avoir flotté I quatre ou cinq milles sur la rivière , s'arrêta | dans des bois flottants où les aigles, les busards,. ^ les corbeaux et toutes sortes de bêtes sauvages j enlevèrent la cbair de ses os pour accomplir ses | propres paroles, et ne laissèrent de lui qu'un horri- | ble squelette, exemple des vengeances de Dieu, qui "j fut découvert trois semaines plus tard par M. Purtle. » j A cette occasion, Joseph, triomphant, eut une 1 nouvelle révélation pour réconforter et ranimer son monde. Malheureusement le choléra éclata dans son camp, le 24 juin. D'abord il essaya de le guérir par l'imposition des mains et par la prière, mais il réussit mal. Il explique cet échec en disant qu'il apprit bientôt par une pénible expérience que , si le grand Jéhovah décrète la destruction de l'homme, l'homme ne peut arrêter sa main. Pour conserver son influence sur l'esprit de ses compagnons, et les convaincre quand même de la nature miraculeuse de sa mission, il leur afiîrma du moins que les ennemis des Mormons souffriraient bien davantage de cette Visitation de Dieu. Il insista avec une force toute particulière sur la culpabilité d'une femme qui avait refusé de l'eau à un saint. « Une semaine n'était pas écoulée, dit-il, que le choléra entra dans-cette

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