CHAPITRE VII. i
renégats , dont l'arabition désappointée ou les passions honteuses démasquées engendrent de si mortelles inimitiés. Le grand schisme dont nous avons déjà fait mention éclata en 1838, époque où Joseph crut nécessaire de dénoncer quelques-uns de ses plus anciens associés, entre autres- Oliver Cowdery, l'un de^ trois premiers témoins de l'authenticité du livre de Mormon et de l'existence des fameuses lames d'or; Martin Harris, autre témoin; Sydney Rigdon, son collègue et son égal dans le gouvernement de l'Église ; plusieurs autres disciples ou apôtres.
Sydney Rigdon obtint quelque temps après son pardon du prophète. C'était un personnage que Joseph Smith ménageait, avons-nous dit, ne se brouillant avec lui que pour se réconcilier bientôt. Au milieu de ces querelles intestines, les planteurs du comté de Jackson, joints à ceux du comté de Clay, du comté de Caldwell et d'autres districts, faisaient les plus opiniâtres efforts pour l'expulsion de la secte. Dans un des nombreux procès intentés aux Mormons , Hiram Smith , frère de Joseph , raconte d'une manière fort touchante , sous la foi du serment et avec un caractère incontestable de vérité, les tribulations de ses coreligionnaires, à l'occasion d'une élection populaire qui eut lieu en 1838 à Galatin , dans le comté de David. Les haines, plus ou moins contenues jusqu'alors, firent tout à fait explosion. La populace voulut interdire aux Mor- 103 y
mons Texercice de leur droit électoral ; il s'ensuivit une rixe dans laquelle deux hommes furent tués et un grand nombre dangereusement blessés. Les deux partis coururent aux armes et se firent, durant plusieurs semaines, une véritable guerre de guérillas. Les anti-mormons déclaraient qu'on n'aurait pas la paix dans le pays tant qu'il y resterait un seul Mormon. Par une matinée de septembre, la populace se rassembla dans un lieu nommé Millporl , près d'Adam-on-Diahmam , ville fondée par les Mormons , comme on l'a vu plus haut, sur l'emplacement même « où Adam avait béni ses enfants, >» ainsi qu'il avait été révélé à Joseph Smith. Les Mormons devinrent l'objet de toutes sortes d'agressions. On leur prit leurs cochons et leurs vaches; on les menaça de les exterminer eux-mêmes. Les agresseurs se vantaient d'avoir un canon , et ils ne voulaient plus, disaient-ils, employer d'autre argument. Us prirent des hommes isolés, des femmes , des enfants , déchirèrent leurs corps avec des verges d^épines, et, les attachant à des arbres, ils les réduisirent à la nécessité de se nourrir de leur écorce. « Aussitôt que ces faits furent connus , dit toujours Hiram Smith , on envoya de Far-West un message à Austin A. King, juge du district, au major général Atkiuson , commandant en chef de cette division , et au brigadier général Doniphan , pour réclamer leur assistance immédiate. Le gêné-