CHAPITRE Vil
rai Alkinson revint avec les messagers. S*étant assuré de la vérité des faits, il partit aussitôt pour le comté de C!ïay, et envoya une force militaire suffisante pour dissiper la populace ; mais , dès que cette force s'en fut retournée , les rassemblements recommencèrent. De nouveau nous implorâmes Taide de l'autorité militaire, et le général Doniphan arriva avec soixante hommes armés à Far-West ; mais ces hommes étaient si indisciplinés qu'il n'en put rien faire. »
Après avoir été témoins de la triste situation du peuple de Diahmam, Joseph Smith senior et son frère Hiram retournèrent à Far-West, et ils envoyèrent immédiatement un message au général Atkinson pour lui exposer les faits et renouveler leur demande. Ils prièrent aussi le rédacteur du journal le Far-West de donner au public avis de leur détresse, mais il refusa de le faire. Les deux frères adressèrent alors une requête au gouverneur, et, dans l'intervalle, le juge de la cour du comté envoya l'ordre au shérif de commander à la milice de se tenir prête à marcher , de joui' et de nuit , pour empêcher le massacre des citoyens.
« Ce fut dans la soirée du 30 octobre, si ma mémoire n'est pas en défaut, poursuit Hiram Smith, que l'armée arriva à Far-West, une heure après le lever du soleil. Peu d'instants après, Cornélius Gillum opéra 3a jonction. Ce Gillum était stationné
i48 LES MORMONS.
avec sa troupe à Hunter's-Mills depuis deux mois environ, commettant toutes sortes de déprédations, capturant les homhies, les femmes, les enfants , les emmenant prisonniers, et déchirant leurs corps avec des verges d'épines. La troupe de Gillum était tatouée comme des Indiens ; quelques-uns de ses hommes se faisaient distinguer des autres par leurs enluminures, et on les appelait Taches-Rouges. Gillum, peint de la même manière, avec des plaques rouges sur le visage, se faisait nommer le chef Delaware. Ils imitaient *de leur mieux les cris des Indiens, et ils ne cessèrent de hurler toute la nuit. Le lendemain, de grand matin, le colonel de la milice envoya un messager au camp avec un drapeau blanc pour demander une autre entrevue avec le général Doniphan. A son retour, il nous informa • que les ordres du gouverneur étaient arrivés. Ces ordres étaient, au dire du général Doniphan, d'exterminer les Mormons; mais le général avait ajouté qu'il aimerait mieux être damné que d'exécuter cet ordre. Le général Lucas pouvait faire ce qui lui plaisait. Nous nous rendîmes aussitôt près du général Doniphan, et nous apprîmes de lui que l'ordre arrivé n'était qu'une copie dont l'original se trouvait entre les mains du major-général Clarke, qui marchait sur Far-West avec un renfort de six mille hommes. Cette entrevue avait à peine eu lieu, qu'on . reçut dans la ville, par un messager de Haun's-