‹ Les mormonsChapitre 61 sur 126 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Mill, la nouvelle d'un horrible massacre des Mormons qui résidaient dans cette localité. Une force de deux à trois cents hommes, détachés du gros de l'armée, sous le commandement supérieur du colonel Ashley, mais sous le commandement immédiat du capitaine Nehemials-Compstock, avait promis la veille à ces malheureux paix et protection ; mais en recevant une copie de l'ordre du gouverneur : « Expulsez ou exterminez les Mormons, » ils revinrent le lendemain, surprirent et massacrèrent toute la population. »»

Le gros des Mormons, pour éviter le même sort, dut livrer ses armes, s'engager à quitter l'État de Missouri et se réfugier dans Tlllinois , alors trèsimparfaitement défriché et médiocrement peuplé.

Hiram Smith peut être suspect d'exagération, sans doute ; mais l'adresse suivante , curieuse pièce assurémenl dans les archives historiques de la grande république américaine , est une preuve irrécusable de la cruauté et de l'injustice avec laquelle furent traités les Mormons par le général Clarke, sous prétexte qu'ils tardaient à s'exiler eux-mêmes, conformément à la convention passée entre eux et l'une des autorités militaires du Missouri.

« Messieurs, cinq d'entre vous, dont les noms ne sont pas inscrits sur cette liste, auront maintenant la permission d'aller sur leurs terres, pour chercher du blé pour leurs familles, du bois, etc. Ceux qui

viennent d'être arrêtés seront conduits en prison pour être jugés et recevoir le juste châtiment de leurs crimes; quant à vous, vous êtes libres , sauf les accusations qui peuvent être intentées contre vous. Il vous reste maintenant à exécuter le traité que vous avez fait, et dont je remets sous vos yeux les principaux articles. Vous vous êtes déjà soumis au premier, qui consistait à livrer vos chefs pour être jugés conformément aux lois. Le second vous ordonne de livrer vos armes. Vous vous y êtes également conformés. Le troisième vous ordonne de faire abandon de vos propriétés pour payer les frais de la guerre. Vous Favez fait aussi. Il vous reste encore une clause à exécuter, celle de quitter rÉtat ; et , quels que soient vos sentiments concernant cette affaire, quelle que soit votre innocence, peu m'importe. Le général- Lucas, mon égal en autorité, a fait ce traité avec vous; je suis résolu à l'exécuter. Les ordres que m'avait donnés le gouverneur étaient de vous exterminer et de ne pas permettre à un seul de vous de demeurer plus longtemps dans l'Etat, et si votre chef n'avait pas été livré et le traité exécuté, à l'heure qu'il est vous seriez anéantis, vous et vos familles, et vos maisons en cendres.

« Je suis investi d'un pouvoir discrétionnaire que j'essayerai d'exercer durant une saison. Je ne dis pas que j'exigerai votre départ immédiat ; mais ne

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