CHAPITRE VIII. i
liens priant pour leurs bourreaux, et imitant en cela le divin maître ; mais nous ferions tort , du reste , à Joseph Smith , en nous arrêtant à cette citation.
Après avoir remercié les amis absents des captifs de leur avoir écrit des lettres qui ont, dit-il, rafraîchi leurs âmes, comme un air pur et une brise du printemps, il poursuit ainsi : « Cependant nos sentiments de joie sont mêlés de sentiments de peine et de tristesse, quand nous songeons aux souffrances des pauvres saints si iniquement traités. Nous n'avons pas besoin de vous dire que les écluses de nos cœurs se sont ouvertes et que nos yeux ont été changés en sources de larmes. Ceux qui n'ont jamais été enfermés dans les murs d'une prison, sans cause ni provocation, aucune , ne peuvent s'imaginer le charme de la voix d'un ami ou d'une marque d'amitié, de quelque part qu'elle vienne. Elle suffit pour réveiller et mettre en jeu tous les instincts sympathiques du cœur humain. Elle nous fait passer en revue le passé tout entier ; elle donne au présent la vélocité de l'éclair, et notre âme s'élance vers l'avenir avec une chaleureuse espérance. Cette âme est remplie de tendresse ; toutes les inimitiés , tous les griefs , toutes les haines , toutes les discordes passées, toutes les fautes, sont oubhés ou immolés comme des victimes aux pieds de l'amour. Et
quand le cœur est plein de contrition , la voix de l'inspiration pénètre jusqu'à votre oreille , et murmure : « Mon Qls, la paix soit avec ton âme. Ton « adversité et tes afflictions ne dureront qu'un in- «< stant; et, si tu es fidèle et patient, Dieu t'exaltera; « il te fera triomphei* de tous tes ennemis ; tes ami^ « t'entoureront de nouveau; ils t'accueilleront avec « des cœurs chauds. Tu n'es pas encore comme Job; « tes amis ne luttent pas contre toi; ils ne t'accusent « pas d'avoir transgressé les lois de Dieu; et quanta « ceux qui t'accusent, leur espérance sera détruite; « leurs projets s'évanouiront comme une gelée blan- « che se fond sous les rayons du ' soleil levant. » Dieu a dit qu'il se choisirait lin peuple et qu'il le purifierait comme l'or. Nous croyons qu'il a prisj son propre creuset pour nous éprouver , et si nous sommes assez heureux pour persévérer dans la foi et endurer cette épreuve, ce sera pour cette gênération un signe suffisant qui la laissera désormais sans, excuse. Notre foi aura été soumise à une épreuve égale à celle d'Abraham et des autres prophètes de Dieu, qui n'auront pas à s'élever beaucoup au-dessus de nous sous le rapport des persécutions qu'ils ont subies. Après avoir traversé tant de souffrances et de chagrins , nous ne tarderons pas à trouver aussi un bélier dans le buisson. Alors les fils et les filles d'Abraham seront délivrés de leur anxiété ; la joie et le salut rayonneront de nouveau