‹ Les mormonsChapitre 82 sur 126 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

sa déposition reçue sous serment, il affirma que Joseph Smith était entré dans un complot pour f assassiner. Les poursuites intentées en conséquencîe contre le prophète ne pouvaient qu'entretenir la plus amère ammosité entre les saints et les gentils. Cependant, la doctrine de la femme spiritudle, imaginée par Sydney Rigdon , causa un plus grand scandale encore el finit par amener une catastrophe imprévue.

En attendant, la richesse et la puissance des Mormons croissaient à vue d*œil. Leur nombre s'aug^ mentait aussi de temps en temps par Timmigration anglaise de LiverpooL Le Times and Seasons du 15 mai, annonçait aux saints que Nauvoo devenait une grande ville ; qu'on y avait bâti beaucoup di^ magnifiques maisons; que trois vaisseaux , chargés d'émigrants mormons, étaient arrivés d'Angleterre au printemps, ^et que le prophète continuait d'être en bonne santé. En 1844, les Mormons dressèrent plus haut la tête. Us portèrent Joseph Smith pour candidat à la présidence des États-Unis, et Sydney Rigdon pour vice-président.

Le Times and Seasons. publia à cette occasion une adresse au peuple sunéricain. On y lisait ; « La question qui se présente est celle-ci : Pour qui vor teront les Mormons? — R. Pour le général Joseph Smith ; pour un homme d'un mérite et d'une hâtégrité reconnus; pour un homme aux vues larges,

qui, des plus humbles rangs de la vie, a su s'élever à la tête d'une société nombreuse, intelligente, l'espectable , dont Fimportance grandit tous les jours , non-seulement dans ce pays, mais parmi les nations lointaines ; un homme dont les talents et le génie sont de la nature la plus éminente, et que son expérience rend apte, sous tous les rapports, à ces fonctions difficiles. Honorable, intrépide, énergique, il administrerait la justice d'une main impartiale ; il donnerait une élévation et une dignité nouvelles à la première magistrature du pays.

« Nous sommes convaincus qu'il n'y a pas dans tous les États-Unis un homme plus compétent pour cette tâche, et , quelles que soient les opinions du public en général sur M. Smith, nous savons qu'il suffit de le -connaître pour l'admirer. Notre devise électorale sera donc désormais : Le général Smith !»

Sans s'abuser de l'espoir du succès, Joseph laissa poser sa candidature. Il était évidemment fier d'occuper une position si haute dans- l'esprit des siens; c'était une réponse à ses ennemis en général, et à ses vieux persécuteurs du Missouri en particulier. Croyant devoir imiter en cette circonstance l'exemple des autres grands personnages politiques, il lança son manifeste au peuple américain. Ce sin* gulier document est, par malheur, trop volumineux pour entrer dans notre cadre ; nous en donnerons

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les passages les plus saillants ; et d'abord Texorde, qui ne manque pas de verve. Le tout est Intitulé : « Vues du général Smith sur le gouvernement et la politique des États-Unis. » Le prophète débute par une période d'une dimension cicéronienne :

« Né sur une terre de liberté, respirant un air que n'a pas corrompu le siroco des climats barbares, j'ai toujours éprouvé une double anxiété pour le bonheur de tous les hommes , dans le temps et dans l'éternité ; mes pensées , comme celles de Daniel, m'ont bien des fois agité, lorsque je contemplais la condition des hommes dans le monde , et plus spécialement dans cette république tant vantée , où la déclaration d'indépendance tient pour vérités évidentes que tous les hommes sont créés égaux ; qu'ils sont doués par leur créateur de certains droits inaliénables; que, parmi ces droits, sont la vie , la liberté , la poursuite du bien-être ; mais où, en même temps, deux ou trois millions d'hommes restent esclaves toute leur vie, parce que l'esprit qui vit en eux est couvert d'une peau plusnoire que la nôtre, et où des centaines d'hommes de notre CQuleur, pour l'une ou l'autre infraction, réelle ou supposée, à quelque statut par trop sage, incarcérés dans de sombres prisons , subissent la terrible miséricorde du moral système pénitentiaire, enfermés dans une coquille de noix, tandis que le duelliste, le débauché, l'houmie qui a fait faillite

pour des millions, et d'autres criminels, occupent la place d'honneur dans les fêtes , ou ; comme les oiseaux de passage, vont chercher par la fuite un climat plus doux.

« La sagesse, qui naturellement caractérise la plus libre, la plus sage, la plus noble nation du XIX* siècle, devrait, comme le soleil dans la splendeur de son midi , échauffer tous les objets placés sous ses rayons , et tous les grands efforts des fonctionnaires publics, qui ne sont ni plus ni moins que les serviteurs du peuple, devraient tendre à améliorer la condition de tous les hommes, noirs ou blancs, esclaves ou libres ; car il est écrit dans le meilleur des livres : ^ Dieu a fait d'un même sang • toutes lés nations destinées à habiter la surface « de la terre. »

Joseph Smith entre ensuite dans un long historique de la préisidence et des présidents des Étals- Unis. Il a des éloges pourtous, depuis le fondateur de la république, Washington, jusques et y compris le général Jackson, qui, à son avènement au fauteuil de la magistrature suprême, prononça, dit-il, les paroles suivantes : « Aussi longtemps que notre «i gouvernement sera administré pour le bien du « peuple et réglé par sa volonté , aussi longtemps « qu'il assurera les droits des personnes et des « propriétés, la liberté de la conscience et de la « presse, il vaudra la peine d'être défendu; et

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