‹ Les mormonsChapitre 97 sur 126 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

la ville fît sortir de Nauvoo le constable qui l'avait apporté. Les autorités judiciaires ne pouvant tolérer cet affront à la loi , la milice reçut l'ordre de prêter main-forte à l'officier du comté pour l'arrestation des deux Smith et de leurs seize confédérés. A cette nouvelle, les Morrnons fortifièrent la ville et résolurent de combattre jusqu'à la dernière extrémité pour défendre le prophète. De tous les points du pays, les frèiies accoururent pour prêter leùi' assistance. L'IUinois, comme le Missouri, se partagea en deux camps , les Mormons et les Anti- Mormons, et l'aspect des choses devint si menaçant que M. Ford, le gouverneur, se mit lui-môme en campagne. Dans une proclamàtien au peuple dé rniinois, il déclara que, dans sa conviction, l'entière destruction de la ville de Nauvoo pourrait seule satisfaire les milices et les troupes placées sous son commandement, et que, s'il entrait dans la ville, les prétextes ne manqueraient pas pour commencer 'e carnage. Désireux de prévenir l'effusion du sang, il conjurait les deux Smith de se soumettre pacifiquement à la loi ; il leur promettait , sur sa parole et sur l'honneur de TÉtat, qu'il ne leur serait fait aucune violence. Il demandait aussi aux Moitnôns de rendre les armes que l'État leur avait données et de soumettre la légion de Nauvoo au commandement d'un officier nommé par l'Étal. Les Mormons finirent par accepter ces propositions, et Jo-

seph et son frère consentirent à eourir les chances d'un jugement pour le sac du bureau de YExpositer et l'espèce d'émeute qui l'avait accompagné. Ce. ne fut pas sans de noirs pressentiments de la part du prophète ; car il dit en se rendant prisonnier: « Je. m'en vais comme un agneau à la boucherie ; mais je suis calme comme un beau jour d'été. Ma conscience ne me reproche rien; je mourrai innocent. »> Tandis qu'il était en prison à Carthage, un autre acte d'accusation fut lancé contre lui et contre Hiram Smith pour crime de haute trahison contre l'État de l'Illinois ; et cela à la suite d'une enquête où le principal témoin entendu était ce même Higbee que nous avons vu chassé de l'Église des Mormons pour mauvaises mœurs, et condamné plus tard par la Qour municipale de Nauvoo La populace ne respirait que vengeance contre les prisonniers : vengeance , car c'est le mot consacré parles émeutiers de tous les temps et de tous les pays , lors même qu'ils ont tous les torts. Or la milice penchait ostensiblement du côté de la populace ; en sorte qu'on ne pouvait compter sur elle pour protéger les deux Smith. En présence d'une pareille situation, les citoyens de Nauvoo et les autres Mormons requirent le gouverneur de faire garder la prison par des forces suffisantes. Dans, la matinée * du 26 juin 1844, le gouverneur visita les prisonniers et donna de nouveau sa parole de les proté-

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