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CHAPITRE IX

L'expolsion de Naavoo.

Après l'élection du chef suprême et l'éloignement volontaire des apôtres et des sectaires qui étaient hostiles à son pouvoir, le reste de la secte était plus que jamais disposé à jouir en paix du délicieux séjour de Nauvoo , sans cesser néanmoins de travailler au triomphe de l'Église et à la prospérité commune ; mais cette sage résolution venait trop tard. 11 y avait parmi les Gentils une populace qui trouvait que ce n'était pas assez de deux victimes pour assouvir la soif de vengeance qu'eUe nourrissait depuis si longtemps contre les Saints. D'un autre côté, les citoyens paisibles, sans vouloir prendre part à

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rexpulsion \iolente des sectaires, n'étaient peutêtre pas fâchés de voir éloigner d'eux des gens si contraires à leur indépendance politique. Il était bien évident qu'en restant à Nauvoo, les Mormons devaient sous peu réussir, par voie d'élection, à s'emparer des plus hautes fonctions de rÉtat. Or, c'était un motif plus que suffisant pour inspirer aux Gentils des sentiments de crainte, sinon de haine, contre de tels voisins. Malheureusement, les Saints ne pouvaient guère offrir leur conduite passée en garantie de celle qu'ils se proposaient d'observer à l'avenir. Joseph s'était montré injuste, tyrannique envers les Gentils , chaque fois qu'il s'était cru assez redoutable pour le faire impunément, et son successeur étant inconnu des infidèles, ceux-ci avaient bien le droit de révoquer en doute sa tolérance et son équité.

En dépit de leur calme et de leur rés^ation, les Saints étaient menacés chaque jour par une populace exaspérée. Le volcan de la guerre civile mugissait à Nauvoo comme il avait déjà mugi dans le Missouri. Ceux qui, parmi les sectaires , avaient été victimes de ces terribles et premières luttes, frémissaient d'horreur en pensant qu'elle pouvaient se renouveler.

Gependtint, les Saints comprirent tpus, em ce moment critique, qu'une attitude ferme était nécessaire pour éditer ou retarder, du moins ^ les malheur» dont ils étaient menacés. ǧtte fgrmeté réussit, en effet, à tepir pendant quelques mois les asBaillants h distance. Mais 1% foudre ^ grondant de plus fort en plus fort, finit par éclater. Un terrible incendie eut lieu dans Green- Plain, et en peu d'heures il dévora la plus grande partie de la fortune des sectaire^. Cette ruineuse conflagration était l'œuvre de Ifi populace qui avait juré de ne rentrer dans l'ordre qu^après çivoir forcé les Mormons à s'exiler une fois encore d'un séjour qu'ils chérissaient comme une tendre mère chérit l'enfant qu'elle a conçu.

Les persécutés opposaient avec justice la constitution fédérale aux persécuteur. Cette puissante égide américaine veut, il est vrai, que tout homme qu'elle couvre jouisse de la liberté personnelle et collective dans toute l'acception rationnelle du mot. Chacun peut, aux Etat^ Unis , adorer Djeu à sa manière , en restant dans les bornes presci^ites par la décence publique. Les Mormons étaient soupçonnés de se livrer à des pratiques immorales dans l'accomplisse-

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ment de leurs devoif^ reHgiei|x, Si ces soupçopii étaient fondés, les çidepte§ seuls pauyaient l^ savoir, puisque les cbo^eg se passaient sous le Yoilq du plus profond spcret pour le rest^ deii pro-^ fanes. Mais lorsque les seç^airei invoquaient l'appui de la Constitution çqntra leuj-s impla^ cables ennemis 4 ceu3t-c;i leur demaudf^ient si c'était aussi en vertu de cette rpême Constitution qu'ils avaient empêqhq Iqs Misspupqus de voter, et les avaient ensuite dépQuilIé§ et chassés dans les forets comme un troupeau de \Mes féroces. Cette réponse restait sans réplique. Celui qui viole les lois sacrées de la jusfe doit s'attendre à voir son iniquité rejaillir un jour contre luimênie, pour lui infliger h châtiment qu'elle mérite,

ï^es Mormons comprirent alors qu'ils ne devaient pas se bercçr plus longtemps de Tespoir de consen er le désert sauvfige qu'ils avaient pris tant de ppine et de soins à tran^forn^er en jardin délicieux. Le chef quQ Iwr avait donné le comité des Douze n'avait sans doute pas les capa-^cités nécessaires potir recommencer Tcpuvre de son prédécessetir; mais il possédait tout ce qu'il» fallait pQur la bien continuer. Par sfi sage^lQ, sa modération, sa modestie et sa simplicité de ma-

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nières, Brigham-Young a su rendre son titre de président presque aussi sacré aux yeux des sectaires que Joseph celui de prophète qu^il s^était si audacieusement arrogé. Loin de conseiller la résistance à ses adeptes, Brigham-Young fut le premier à leur faire envisager le danger qu'il y aurait à brayer plus longtemps la haine implacable de leurs persécuteurs. , Le nouveau patriarche, oncle de feu le prophète et vieillard vénérable, déclara aussi qu'il avait fait un songe qui ordonnait à la secte de se retirer dans le fond du désert de l'ouest, où elle pourrait croître et prospérer, se trouvant là à l'abri d'injustes persécutions.

Le président et son conseil, après y avoir mûrement réfléchi, résolurent donc d'abandonner Nauvoo dans le plus bref délai possible. Cette grave résolution fut communiquée aux Gentils, afin de les inviter à cesser leurs continuelles hostilités. Il fut décidé que ce départ s^effectuerait par fractions, pour rendre ce long voyage moins désastreux pour les bestiaux que les infortunés sectaires voulaient emmener dans le nouveau séjour à la recherche duquel ils allaient aller. On devait se fixer sur un territoire occupé par les Indiens, aux environs d'un lieu nommé Council

Bluffs. Pour s'y rendre, il fallait traverser l'État de riowa et celui du Missouri.

Dès que cette expatriation forcée fut connue dans le pays, on vit, fondre de toutes parts, à Nauvoo, ces vautours à face humaine désignés sous Fépithète de spéculateurs. Chacun d'eux voulait avoir part au festin que leur offrait l'adversité des Saints. Ces terres, qui avaient coûté tant de labeur et de soins pour les dépouiller des forêts dont elles étaient ombragées à l'arrivée des Mormons, devinrent la proie de ces hommes rapaces. Ils les obtinrent pour le prix qu'il leur plaisait d'en^offrir, et encore avaient-ils Tinfamie de dire bien haut à leurs victimes que c'était autant de profit pour elles, vu que leurs persécuteurs ne manqueraient pas de les déposséder sans^ aucune espèce de compensation, si elles refusaient de vendre en ce moment.

Les maisons, les terres et tous les objets de plus ou moins de valeur que les sectaires ne pouvaient transporter, furent donc ainsi sacri^ fiés. Puis, le premier détachement se mit en route à l'approche du printemps de l'année 1846. Les provisions et les meubles les plus indispensables étaient transportés par des attelages de bœufs et de mules. L'infortunée caravane se

composait de personnes de tout âge des deux sexes. Les vieillards, les enfants et les malades ajoutaient de grands obstacles à ceux qu^on rencontrait à chaque pas en franchissant cette sauvage contrée. îci, c'était une forêt impénétrable qu'on traversait et oil les bestiaux ne trouvaient rien à manger; p\\ïs loin, c'était une prairie sans fin, n'offrant pas la moindre parcelle de combustible pour y pouvoir combattre le froid glacial de la nuit et préparer les maigres repas du soir et du matin. Mais, loin de gémir sous les coups redoublés que leur portait l'adversité, nos voyageurs conservaient, au contraire, un courage invincible.

Unis par les liens du malheur et une foi commune, ils avaient les uns pour les autres une si vive sympathie, qu'ils oubliaient leurs souffrances personnelles en travaillant sans cesse au bonheur de tous avec iin dévouement au-dessus de tout éloge. Si tiné roué se cassait, si un wagon s' embourbait ou versait, on réparait ces accidents sans pousser une plainte ni récriminer contre l'injustice humaine qui en était la cause primitive. A toutes léè étapes qu'on faisait, le temps était employé de la plus profitable manière. Les femmes descendaient leurs rouets des wagons,

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s'armaient de leurs quenouilles, et se mettaient à filer le lin et la laine poUf les transformer pluâ tard en tissus de ménage et en vêtements confortables. De distance en distance, un hï de terre était défriché et cultivé. On y laissait une famille ou deux pour recueillir la récolte de Cette ferme improvisée, destinée à alimenter les frèreé qui devaient suivre cet itinéraire un peti pliis tard. A mesure que la belle feaisori avançait, l'herbe jaillissait du sol et les bestiaux donnaient du laitage proportionnellement à l'embohpoiill qu'ils prenaient. C'était une source pi*écieuse d'alimentation pour nos courageux pèlerins.

Leut-s repas devenaient plus fortifiants et réparateurs, ainsi arrosés de l'excellent liquide qu'on puisait chaque jour dans les fécondes fontaines de ces vaches voyageuses. La crème qu'où réseN vait, se transformant en beurre par les seuls Cahotements des wagons, évitait lô soiû de ïù. manipuler pour obtenir ce résultat.

Pendant que cette availt-garde li'àyalt si pé*nîblement le chemin d'une nôûvfeUe tét-re promise et inconnue, les fidèleé restés à Nauvoo travaillaient avec une pieuse ardeur à Fachèvement du temple. Pour eux, c était une tâche Sacrée 411'ilâ remplissaient, pUléqU^ellè était cdfti-

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mandée par une révélation du prophète. Avant de s'éloigner, pour jamais peut-être, de leur ville délicieuse, ils devaient célébrer la dédicace de son temple. 11 y avait à peine quatre années que cet édifice était commencé, et chacun des fidèles n'avait pas de plus grand désir que de le voir complété. Tous y avaient contribué, soit de leur propre main , soit du fruit de leur labeur individuel. Les fenunes y avaient même sacrifié leurs plus précieux bijoux. Malgré l'activité déployée par les Saints pour finir ce remarquable édifice, la populace trouvait ce délai trop long, et accusait la secte de vouloir ainsi éluder la promesse qu'elle avait faite d'abandonner ce séjour. Cette impatience ne se borna pas à se manifester par des paroles; on recourut encore à la violence armée. Les assaillants se réunirent, ditH)n, au nombre d'environ deux mille, et attaquèrent les Mormons en se dissimulant dans les champs de maïs. Durant trois jours, cette lutte se continua par intervalles, et les agresseurs eurent la honte de se voir repousser par trois cents antagonistes. Cette glorieuse victoire des Mormons leur valut une trêve jusqu'au printemps suivant. Les fidèles se remirent donc à l'œuvre avec un nouveau zèle : et, peu de temps après la stipulation

de cette trêve, le temple reçut les derniers ornements qu'il attendait du ciseau du sculpteur. Rien ne fut omis, ni les emblèmes sacrés do Tintérieur^ ni Tange du Jugement dernier dont la flèche de l'édifice devait être couronnée pour qu'il fût conforme à la révélation. Au moment où nous faisons ce récit, l'ange et sa trompe se trouvent à Nev*r-York, dans le Muséum du fameux Bamum.

Aussitôt cet édifice terminé, on s'occupa d'en faire la dédicace avec toute la pompe requise par le culte. On manda aux évêques, elders et prêtres de tous grades, qui se trouvaient dans les pays peu éloignés , de se rendre à cette importante solennité. Tous se hâtèrent d'obéir à cet ordre, et pendant plusieurs semaines, on les vit arriver à Nauvoo en foule dans toutes les directions. Ce jour, à jamais mémorable pour les adeptes du prophète , parut enfin. Le clergé se revêtit de ses plus riches ornements pour présider à cette consécration. La joie et la fierté qu'inspire l'accomplissement d'un devoir impérieux, animaient toutes les physionomies. Chaque fidèle portait ses regards avec un juste orgueil sur ce temple qui se dressait majestueusement sur un sol encore jalonné çà et là par les troncs

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d'une forêt primitive. L'intérieur de Fédifice était décoré avec le plus grand soin. Le maîtreautel était orné de guirlandes de fleurs et de verdure. Le vaste bassin dans lequel devait s'accomplir l'immersion du baptême était sup* porté par quatre bœufs parfaitement sculptés ; et décorés de symboles religieux.

La cérémonie commença vers midi et se prolongea jusqu'à la fin du jour. Le temple était resplendissant de lumière , et J'écho de ses voûtes ne cessa de répéter les hymnes que les fidèles chantaient pour remercier et glorifier Dieu. A la vue de cette pompeuse solennité religieuse et de la pieuse allégresse des sectaires, qui aurait deviné qu'on célébrait à la fois la dédicace et un éternel adieu à ce splendide édifice ? Rien n'était plus vrai, cependant; car à peine la cérémonie fut-elle terminée, que les Saints se mirent à enlever tous les syinboles de leur foi qu'ils pouvaient emporter avec eux. Ils ne laissèrent que le soleil, la lune et les étoiles qui étaient incrustés dans les murs. Ainsi dépouillé, cet édifice fût abandonné aux Gentils qui, si nous ne nous trompons, le livrèrent aux flanmies, en 1848, ppur mieux effacer les traces que le mormonisme avait laissées en ce pays.

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A partir de ce jour mémorable, les Mormons ne s'occupèrent plus que de s'éloigner d'un lieu dont le souvenir leur serait toujours doux et pénible à la fois. Ils emportèrent tout ce que leurs moyens de transport permettaient, et vendirent ou plutôt donnèrent le reste. En voyant ces tristes préparatifs de départ , les Gentils furent convaincus enfin que leurs incessantes persécutions avaient atteint leur but inique. Les sectaires formèrent plusieurs détachements qui prirent successivement la route déjà tracée par Tavant-garde dont nous avons parlé. Il y avait plus d'une année que cette première caravane de proscrits luttait héroïquement dans le grand désert de l'Ouest, lorsque le dernier Mormon quitta la belle et délicieuse cité de Nauvoo. Cette ville où, pendant quatre ans, régna la plus in** dustrieuse activité , devint tout à coup silencieuse et déserte. En perdant ses intrépides fondateurs^ elle perdit aussi la brillante destinée que l'avenir lui offrait.

Les premiers détachements séjournèrent dans ley vastes prairies du Missouri , pour y semer 1a récolte de maïs et y attendre l'arrivée de la dernière compagnie de pèlerins. Dans le cours de Tété il siu'vint^ dans cette sauvage région, une

affreuse épidémie qui décima non-seulement les fidèles, mais encore les Indiens du voisinage. En sillonnant ce fertile mais pestilentiel sol, la charrue en avait peut-être fait surgir ce fléau destructeur, qui ne cessa ses ravages qu'à l'approche de l'hiver. Les proscrits s'occupent alors des moyens de défense qu'ils peuvent opposer à ce nouvel ennemi. On creuse dans les flancs des collines des caveaux pour remplacer les tentes du camp. On peut à peine, dans ces vastes prairies naturelles , se procm^er le combustible nécessaire pour préparer les plus maigres repas. C'est encore un terrible moment à passer pour ces malheureux exilés que celui où nous sommes arrivés. Le froid rigoureux et les dures privations qu'ils souffrent dans leurs terriers y engendrent bientôt des maladies qui complètent l'œuvre du fléau qui leur avait déjà fait tant de victimes. Il ne se passe pas un jour, en effet, sans que la mort ne saisisse une proie dans ces voûtes souterraines. Les restes de ces nouvelles victimes sont pieusement déposés sous le tapis de gazon qui entoure ces tristes refuges.

Tous ces malheurs , ces affreuses calamités étaient combattus néanmoins av^c un courage invincible. Ces meurtrières épreuves nous vien-

nent de Dieu, disaient les Saints, nous devons les accepter sans marmurer, car le Tout-Puissant est juste.

En vertu d'une révélation, les proscrits reçurent de lei{r chef la permission de chanter et de danser pour adoucir les souffrances qui les accablaient. L'excellente compagnie de musiciens qui se trouvait parmi eux se mit aussitôt à faire retentir les échos du désert de sons harnft)nieux; mais dès que le printemps reparut , les scènes horribles que nous venons d'esquisser cessèrent tout à coup pour faire place à un tableau d'une nature bien différente.

Une fois encore , les Mormons prouvèrent les merveilles que l'homme peut improviser à l'aide du courage , de la persévérance et d'une association sagement dirigée. Ils tracèrent une ville dans ce lieu où ils avaient été décimés; presque aussitôt on vit paraître les premières lueurs de la prospérité que le travail et l'économie ne manquent jamais de faire naître. Un journal y fut établi en même temps que la première maison ; caç la presse est un aliment indispensable pour rhabitant du Nouveau-Monde. Cette feuille prit le titre de Frontier gardmn (gardien de la frontière), organe qui, encore aujourd'hui, est

un do» plus yigilatits et habiles défenseurs des doctrines mormones* Cette nouvelle \ille fut nommée Kane, en souvenir d'un de leurs plus dévoués et éloquents défenseur^ en ces temps de terribles et iniques vicissitudci^.

Ce fut au mois de juillet de cette même année que le gouvernement fédéral leur demanda de (contribuer à la guerre du Mexique dans la mesure de leur force , leur promettant , à titre de récompense, de payer une partie des frais occa- Mmiés par leur émigration en Californie* C^était moins par liécessité peut-être que le gouvernement demandait ce contingent aux Mormons ^ que pour savoir si, somme les en accusait la ru- Bdeur pubMque ^ ils étaient hostiles à FUnion et finmaaient contre elle une ligue avec les Indiens. Qdtte réquisition militaire parut aux Saints une persécution d'une nouvelle forme; mais ils ne s'empreslèreat pas moins d'y souscrire.

Dans kur présente position , c'était leur imposer ^i effet un tribut ruineux que de les priver de leurs plus vigoureux compagnons , dont les br&s étaieni réclaiiiés impérieusement par la commune et naissante prospérité. Les eldets réunirent la congrégation pour l'informer officiellement de l'c^rdre ta'ansmis par le gouvernement

fédéral, et l'inviter à choisir parmi elle un bataillon de cinq cents hommes. Trois jours après, ce contingent était formé et prêt à se mettre en marche pour rejoindre Tarmée fédérale au lieu indiqué.

Les elders eux-mêmes déclarèrent qu'ils pren^ draient part à cette guerre, si le salut ou Thonûeur de la patrie l'exigeait.

Un grand bal fut donné en l'honneur du bataillon sacré , la veille de son départ. Toute la secte prit part à cette fête d'adieu, sans exception des membres du clergé. Au moment de s'éloigner, les guerriers reçurent la bénédiction du grand chef, qui leur prédit qu'ils cônquer-^ raient le pays ennemi sans vers^ une goutte de sang humain. Là-dessus, le bataillon sô mit eu route en invoquant la divine protection du Sei-^ gneur.

Le lieu où séjourne la secte n'étant pas celui qu'elle Veut adopter pour y établir son siège principal , leé chefs forment alors une autre compagnie pour l'envoyer explorer le fond de cette vaste région, dans le but d'y trouver une nouvelle terre promise. Les explorateurs s'acquittèrent de cette pénible et dangereuse mission avec zèle et sagacité. A leur retour, ils firent un

rapport si avantageux de k vallée du Grand Lac $alé, que cette contrée fut choisie.

Ce fut le 24 juUiet 1847, que le président, dief de la secte et de FÉglise, arriva avec sa suite dans la vallée où les Saints devaient se fixer à jamais.

Par là position géographique de leur nouveau séjour, jointe à leur force numérique, les Mormons n*ont rien à craindre maintenant de la violence des Gentils ; et, bien qu'ils aient conscience de la double ^ide qui les garde de Finjustice humaine, ils ont maintenant le bon esprit de n*en pas faire parade, afin de ne pas réveiller contre eux des sentiments de haine ou de jalousie. Le passé leur a donné une leçon de sagesse. Ils goûtent en paix leur prospérité et travaillent de même à Taugmenler et à répandre la croyance à laquelle ils Tattribuent. Leur plus grande préoccupation depuis quelque temps, c'est d'obtenir du gouvernement fédéral le droit de se gouverner eux-mêmes sans le secours des Gentils; de choisir leurs magistrats et les autorités locales administratives parmi les membres de leur culte.

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