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CHAPITRE X

Les débats de la colonie daas la grande vallée»

Nous venons de le dire, ce fut le. 24 juillet 1847 que le président et sa suite arrivèrent dans la vallée. Au mois d'octobre suivant, la colonie comptait quatre mille habitants, tous unis comme une seule famille par les liens du dévouement et de la foi. Un lot de terre d'environ cinquante .arpents fut choisi pour- y élever un fort destiné à servir de retraite à la secte, si les Indiens venaient les attaquer.

Chaque année , l'importance des récoltes dépasse de plus en plus les besoins de la population , quoiqu'elle s'y augmente aussi avec une grande rapidité. Les émigrants qui se rendent

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en Californie par cette route, trouvent, chez les sectaires, à s'approyisionner à des prix trèsmodérés, et tous les égards qu'on peut attendre d'un peuple laborieux et philanthrope.

L'étranger qui débmiche du sein de ces montagnes désertes et sauvages après avoir franchi une distance de sept à huit cents lieues , est frappé d'étonuement en sq trouvant tout à coup en présence d'un ()ay8/lonl l'aspect offre toutes les traces des plus précieuses merveilles de la civilisation. Il ne peut s'expliquer comment une telle métamorphose a pu s'opérer en si peu de temps par un si petit nombre d'habitants. Ces prodiges sont dus à l'accord volontaire qBi permet aux sectaires d'accomplir d'immenses travaux agricoles avec une grande économie de fatigues, et d'obtenir des résultats matériels qui dépassent l'espérance la plus exagérée*

La nouvelle viÛe que les Saints ont tracée dès les premiers jours de leur arrivée, porte le nom de Cité du Grand Lac salé, bien qu'elle soit située à une distance d'environ huit lieues de ce fatneut lac. Le plan de cette ville est régulier ; les rue» se croisent à angles droits; elles ont 172 pieds anglais de largeur y compris les trottoirs , qui sont de 20 pkds chacun. Tous les trottoirs

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sont ombragé» d'une rangée d'arlM^s, Chaque maison est éloignée de 20 pieds de la rue, et cet espace forme un jardin qui ajoute un charme de plus à Tensemble de la ville.

Il y a quatre grands squares plantés' d'arbres provenant de toutes les parties du glob^ , et dé^ corés de fontaines alimentées par une crique qui se trouve à une des extrémités de la ville. Cette rivière ou crique procure une grande propreté à la ville et féconde toute la eontrée voisine à l'aide d'irrigations entretenues avec soîn.JLe site de cette nouvelle métropole des Mormons forme une pente presque imperceptible , à l'exception de la partie nord, qui se trouve bornée par l'angle d'une chaîne de montagnes décrivant plusieurs contours jusqu'à la rivière Jourdain {/ordan river), où elle se termine. Le square où doit s'élever le temple formera un jardin planté d^s plis rares et des plus précieux arbres fruitiers susceptibles de s'acclimater. Par sa splendeur^ sa magnificence , le temple doit éclipser tout ce qu'on a fait dans ce genre jusqu'à ce jour. Cette ville, qui fut frmdéc vers la fin de 1847 par une colonie épuisée de fatigue, de misère et de privations, n'ayant d'autres ressources que le travail, compte maintenant plus de dix

mille maisons toutes confortables , sinon élégantes.

A quarante nulles au nord de la yallée , se trouve une autre, ville nommée Ogden City, admirablement située près de la jonction des rivières Ogden et Weber. Il y a un plateau à soixante milles au sud, sur les bords du Timpanoyosy ou les Saints se trouveront bientôt aussi en très-grand noiid>re» A portée de ce lieu, à cent trente mUles dans la même direction, est la ville de Manti et la colonie de San Pete Valley. Dans ces mêmes parages se trouve aussi F/ron City (Qté de Fer), ainsi appelée à cause des mines de ce métal qu^on trouve là en abondance. Cette source de richesse minérale ne restera pas longtemps sans être exploitée avec autant d'activité que d'intelligence par les Saints.

A trente milles à Touest de la métropole, existe encore une florissante colonie de sectaires. Il s'y trouve un grand nombre de moulins à scie qui donnent des bénéfices considérables.

C'est de cette contrée que les Saints tirent les matériaux avec lesquels on érige le temple dont nous avons déjà fait mention. Si Ton en croit les fidèles, cet édifice, si splendide qu'il puisse être, ^ra encore surpassé par celui qu'ils élèveront

im jour dans la nouvelle' Sien , dont le site se trouve déjà consacré dans FÉtat du Missouri, d'où ils ont été contraints de s'éloigner.

Au nord de Ternple Block; près de la métropole, se trouve une montagne nommée Erisign Mound (boulevard de l'étendard). C'est un lieu qui domine toute la ville, et peut être aperçu dans toutes les directions. Sur le sommet de cette montagne flotte un drapeau unique dans le monde entier. Il est formé des drapeaux de tous les peuples de la terre. C'est le symbole de la fraternité universelle. Plus tard, cet étendard de paix et d'union sera placé à la pointe de la flèche du temple qu'on destine à être à son tour celui de toute la grande famille humaine. L'idée d'un tel drapeau est tirée sans doute du prophète Isaïe, qui dit au chapitre dix-huit : « Vous tous les « habitants du monde, et vous qui dt^meurez « dans le pays, sitôt que l'enseigne sera élevée « sur les montagnes, regardez; et sitôt que la « trompette aura sonné , écoutez. »

Collectivement parlant, les Mormons, en raison de leur nombre déjà si considérable , jouissent d'une prospérité sans égale. Leur systcmç ne permettant pas qu'il y ait parmi eux aucun membre privé des chosi^s rigoureusement né-i

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œss^ires ^ la vie, on propose^ donc derpièrement de fonder une maison de refuge pour ceux qui pouvaient avoir besoin de s'y mettre à l'abri de la misère provenant des infirmités et de la vieillesse. Une enquête fut ordonnée, afin de savoir si la fondation d'un tel établissement était déjà indispensable. Le résultat de cette enquête ayant révélé que deux sectaires seulemeqt paraissaient disposés à solliciter des seço\irs publics , Yér^cr tion de ce charitable établissement IVit ajournée.

Une des plus importantes solennités des Morii3|ons est l'anniversaire de leur arrivée dans la vallée qu'ils occupent. Cette fête est à la fois pivile, religieuse et militaire. La milice prend les armes; Iq canon mêle sa voix à celles qui chuintent les louanges du Tout-Puissant. Les grands dignitaires de l'Église, le président en tête , spnt revêtus des plus beaux -insignes de leurs fonctions, et forment l'âme de la cérémonie. On pror nonce des discours qui rappellent la cau^e et le but de cette fête à jamais mémorable pour les sectaires. On énumère avec soin les souffrances éprouvées par la secte durant ce long çt ter^*ible voyage , et l'héroïque courage qu'elle a déployé pour les combattre et les vaincre.

Le premier de ces anniverçaii^es a été célébré

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avec une poi^pe aqssj éclatante que le permeU taient les ressources de la secte ; mais une (lf.s pli\s imposçintes cérémonies de la fêle fut çelle^i ; Après le discours" qvie iiqu§ yepoiis de mmtionper, une députation^, composée de TJngtquatre sectaires les plys âgés, tous vieillçirds ^ cneveux blçinçs, fils ou descendants d'çipcêtres (juipnt joué un rôlç dans la guer^ç de l'indépendançç de l'IJuion awérics^ine^ présente m gmvernçur de ce pays la constitution des Et5^ts-Unis^ et celle delà colonie mormone. Le çjief de cette députation, dans un bref discours qu'il adresse au magistrs^t de Is^ colonie, lui dit que ces vénérables vieillards devaient hiei\tpt quitter la scène de cette yie d^inquiétude et de misère humain^ pour n'y plus revenir ; mais qu'avant d'effectuer ce nouveau voyage ils avaient voulu profiter de la présence du premier magistrat civil et de cette mémorable solennité pour confier en bonnes mains le legs qu'ils tenaient eux-mêmes des générations passées, afin que ce précieux héritage puisse arriver intact à toutes les génération^ futures composant la grande nation fédérale du Nouveau-Monde. Ce legs était la glorieuse constitution qui fut inspirée par Dieu aux hommes d'État qui fondèrent la république après avoir

brisé le jong de la royauté. Cette égide nationale^ disait l'orateur, devait être placée dans les archives de cette nouvelle famille du désert et y être à jamais considérée comme le palladium de la liberté de chaque citoyen d'une grande nation qui doit toute sa puissance et sa prospérité à la justice et à la sagesse de ses institutions.

La fête se termine par un festin qui a lieu généralement à la maison présidentielle. Ce banquet se prolonge jusqu'à la fin du jom-, et les convives se retirent joyeux et convaincus surtout qu'il n'existe pas sur la terre un peuple si heureux que les Saints des derniers jours. Le fait est que le lait et le miel coulent en abondance dans la vallée d'Utah, ou le royaume de Déseret, comme ils rappellent dans leur langage poétique.

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