CHAPITRE XIII
Définition de D en.
11 n'est pas un mortel qui puisse^ sans outrager et méconnaître la plus précieuse essence de son être, la raison, nier l'existence d'un Dieu. Le nier est impossible ; mais la définition prête d'autant plus à la contradiction que notre faible intelligence ne peut arriver jusqu'au foyer où se trouve l'image visible de cet être primitif, au souffle duquel l'univers entier obéit et doit l'existence.
De toutes les définitions avancées jusqu'ici touchant le Crcalciir, il n'en existe penir-être pas de plus curieuse , nous pourrions même dire in-
génieuse^ que celle dpnnée par le dogme mormon. Ce dogme admet une trinité, mais c'est plutôt par respect pour le christianisme , à la plus pure source duquel il prétend ayoir puisé ses doctrines y que par analogie orthodoxe au culte chrétien.
La trinité chrétienne fait un Dieu complexe sans le diviser. Les Mormons , par leur trinité, entendent trois êtres distincts. Selon les livres théologiques de la secte , Dieu le Père est considéré comme un homme perfectionné, mais doué, maintenant , d\me perfection si avancée dans Tordre de ses attributs , de sa foi , de son intelligence et de son pouvoir, que, comparativement à nous , on peut le nommer V Infini.
Le Fils, Jésus-€hrist, est la postérité directe du Père par l'intermédiaire de la Vierge Marie. LePère vint sur terre y choisir Marie pour épouse divine. 11 fit annoncer cet union céleste par Fange Gabriel , et la solennité matrimoniale eut lieu ^ans les plaines de la Palestme. \J Enfant divin, provenant de cette union, était le tabernacle (corps humain) , que TEsprit-Fils s'était préparé et approprié dans le but d'effectuer la transition qui le devait conduire au rang de Dieu luimême.
|S2 LE^ 5ÎORMONâ.
Le Saint-Esprit est la volonté concomitante du Père et du Fils. Cet Esprit, possédé en commun, agissant au même degré chez chacun d'eux , produit une constante harmonie de pensées,. de sagesse, qui remplissent Punivers. Le Saint-Esprit diffère du Père et du Fils en ce qu^ilnW simplement qu'une âme spirituelle, une existence qui tfa jamais eu de tabernacle, c*cst-à-dire d*enveloppe matérielle ^ conmie en tnt les dieux secondaires. Le Saint-Esprit n*est pas un dieu par lui-même, n'ayant jamais revêtu de tabernacle , formalité absolument ïiecessaire pour subir le temps d'épreuve auquel succèdent la résurrection et la perfection divine des dieux éternels doués de la toute-puissance.
Ces doctrines que nous venons d'exposer aussi littéralement que possible sont tirées , en grande partie , du dernier sermon de Joseph , déjà mentionné plus haut.
Dans ce sermon, il est dit : Dieu lui-même qui siège sur son trône céleste, est un homme ^mblable à nous-mêmes. VoÛà le grand secret qui inquiète et embarrasse tant le genre humain. Si , aujourd'hui , le voile qui dissimule le Dieu tout-puissant, qui fait mouvoir et retient les mondes dans leurs orbites respectifs, si ce voiîe
était déchiré pendant une minute , nous verrions Dieu dans toute la majesté de sa personne et de sa pompe, s'oifrant à nos yeux éblouis avec la forme et Timage de l'homme sa créature. Car Adam fut créé à l'image parfaite de Dieu, avec qui il se promenait et conversait, comme le peuvent faire deux êtres intelligents au suprême degré, dont l'un fut créé par l'autre.
Je puis vous dire , continue le prophète dans ce fameux sermoti, comment Dieu parvint à être Dieu. Dieu, le père de nous tous, habitait une planète , comme le fit Jésus-Christ lui-même en venant parmi nous, et je pliis, au besoin, vous le prouver par la Bible.
Dieu le Père a le pouvoir suprême en luimême, et le Fils est doué du même attribut.
Que doit faire le Fils de ce pouvoir? 11 en doit faire l'usage que le Père fit du sien , c'est la réponse que dicte naturellement cette question." Or, quand Dieu le Père était sur une planète, et que la mort le frappa, c'est par ce pouvoir suprême, conquis dans ce séjour d'épreuve , qu'il a pu abandonner son tabernacle mortel, et le reprendre ensuite. C'est encore par ce même pouvoir que Jésus-Christ a pu quitter aussi le sien , et le reprendre comme Dieu le Père. Car
Tun et Tautre étaient tenus de subir la même épreuve avant de pouvoir atteindre leur état actuel de puissance et de perfection.,
Parley P. Pratt , un des plus célèbres apôtres de la secte, vient à l'appui de cette doctrine sur la formation de Dieu, en déclarant, dans un de ses écrits, que l'Etre suprême a des yeux, une bouche , dés oreilles , tous les traits enfin d'un simple mortel, et qu'il parle quand bon lui semble et à qui lui convient ; qu'il est aussi sage, juste, que capable d'inventer toute espèce de machines et d'effectuer tous genres de travaux. 11 n'est pas néqpssaire d'être grand théologien pour accorder ces facultés et ces traits physiques à Dieu, puisque nous/ qui les possédons, nous lui en sommes redevables. Celui qui peut créer l'homme , est bien capable de l'égaler dans ses capacités individuelles.
Les théologiens de la secte interviennent, dans cette partie fondamentale du dogme, en s'emparant de l'Apocalypse à l'endroit où le Sauveur fait dire à saint Jean : c Et il nous a faits rois et prêtres à Dieu et à son Père (Père de Jésus). » Puis ils ajoutent, encore ce passage : « Il y a plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, » paroles citées pour justifier la hiérarchie céleste
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établie par Joseph. De celle manière > ils croient prouver que le Père de Jésus a aussi son Père. Ils parlent avec une assurance imperturkible du Père, de X Aïeul et Trisaïeul Aq Jésus-Christ; et remontent ainsi jusqu'au Dieu chef qui convoqua le grand conseil des dieux, lorsépe le monde fut créé. Mais les Saints aes derniers jours déclarent devoir limiter leur culte au Père et au Fils célestes que V Esprit-Saint leur a révélé. Lorsque l'homme sait aller vers FEsprit- Saint, celui-ci sait aller à l'homme, afin de lui déchirer le voile qui lui cache les mystères du ciel.
Le Fils , quand il était à l'état d'esprit primitif, prit de la matière informe du chaos, élément datant de l'existence de Dieu même , auquel élér ment est inhérente toute la gloire divine ; puis il fit de cet élément fondamental , notre terre , tout le système planétaire duquel elle fait partie, le peupla et racheta ses créatures égarées de son sang.
Conséquemment, Jésus-Christ doit être adoré comme le Seigneur de tous les peuples de notre système planétaire et l'héritier de la puissance créatrice et de I'ëmpire de son père. En agissant ainsi , dit encore le prophète dans son der-
nier sermon , que fait Jésus ? Il fait simplement ce qu'il a vu faire à son Père lorsque le monde prit son essor primitif. Je vis mon Père créer son royaume avec crainte et en tremblant ; je dois faire de même. » Il n'y a pas un passage de V Écriture ^ui ne soit gravé daïis la mémoire d'un ministre.mormon. .
En résumé, cette doctrine établit que chaque homme, ayant un esprit de la même origine que celui de Dieu, peut, en pratiquant à la lettre le cultQ de Joseph, atteindre à un état de perfection et de puissance capables de lui permettre un jour à' venir de créer des planètes , de les peupler, de les rafcheter par une transition expiatoire et d'y régner en$|pl^e à jamais. Mais tous ceuj^ qui refuseront obéissance complète aux révélations émanant des chefs de l'EgUse mormone, n'obtiendront qu'une gloire inférieure , ne leur permettant de remplir d'autre fonction que celle de serviteurs , tels que scieurs de bois , porteur^ d'eau , etc. , dans le royaume des Rois-Saints. Cette abjecte condition est^le châtiment réservé à. l'homme vicieux, criminel et incrédule. Les moins coupables pourront obtenir d'être sommeliers , boulangers et même cochers de la reine dans une royale solennité. Car les Momaons pré-
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tendent que Içs coutumes et cérémonies de cç. monde sont copiées sur celles du ciel , et qu*iU les pratiqueront avec la pureté et la pompe célestes dans le séjour spirituel.
Le prophète disait à ses ûdèles adeptes : Yous^ devez apprendre ici-bas à devenir dieux vousmêmes, à être rois et prêtres de Dieu , ainsi qu^ l'ont appris tous les dieux degré par degré, eu s'élevant de grâce ea grâce^ d'exaltation en exaltation , avant de pouvoir recueillir la g^ûc^ suprême de la puissance éternelle.
Nous passons à un jpoint secondaire du dogme, celui qui traite des sacrements, l^e Book çf Covenants (Livre des Conyentioii^) enseigne quç le baptême n'est dûment administré que par une, complète immersion de la personne à laquelle on l'administre, que tout autre manière de baptiser n^est qu'une vaine cérémonie. L'efficacité du baptême e$t d'effacer les péchés qui ne peu«vent être pardonnes que par ce sacrement. Les Mormons prétendent que les personnes mortes, sans avoir reçu ce sacrement peuvent se le faire administrer par procuration, c'est-à-dire qu'une personne vivante peut recevoir le baptême au. nom et pour le profit d'un mort qyi a franchi le seuil de la tombe sans avoir reçu cçiite ablutioa
régénératrice, soit par négligence ou manque de foi dans cette solennité chrétienne. Ce genre de baptême se nomme le baptême des morts.
Ces sectaires croient que^ dans le ciel, il existe un temps d^épreuve comme il en existe un sur la terre. Ils pensent qu'un vivant d'ici-bas peut se substituer à un mort pour accomplir tous les devoirs religieux les plus impérieux que le défunt aurait omis ou négligé d'accomplir. De tous ce& devoirs religieux, le baptême est considéré comme le plus important. Les Mormons admettent aussi, d'après leur dogme, que les morts , étant tous repentants de leurs péchés , désirent ardemment obtenir !e pardon final du créateur. Dieu, disent-Us, nous commande d'avoir la plus grande vénération pour les morts ; par ce motif seul, nous sommes autorisés h intervenir pour les morts, ceux surtout qui nojs sont chers, dans l'accomplissement des devoirs que notre Siilut nous impose. Tous les morts au profit desquels des vivants se seront fait baptiser, seront sauvés et se trouveront dans les rangs des élus le jour de la résurrection. Dans cette sublime solennité, les pkis dignes fidèles du prcH phète se distingueront par le cortège qui les accompagnera. Cet entourage-, sous le rapport
LES MORMONS. iS^
du noiribre et de la splendeur, sera en harmonie avec le rang et le pouvoir accordé par Dieu à ces élus des élus.
Joseph proclame , dans son dernier sermon , que tout homme qui possède un ami dans le monde éternel peut le sauver, à moins d'avoir commis le péché inefifaçable. Quel est ce péché ineffaçable? En omettant de nous le dire, le prophète a laissé une brèche à sa pensée.
En s' exprimant ainsi , le but de Joseph était de convaincre ses adeptes que chacun d'eux pouvait, non-seulement trouver ici-bas le chemin du ciel pour soi , mais encore le faire franchir à ceux de leurs amis, parents ou connaissances qui auraient méconnu la mission que Dieu leur avait imposée en ce monde d'épreuve.
Toutefois, nous nous permettrons de dire que cette doctrine n'est pas nouvelle ; elle ne fait que proclamer sous une autre forme le purgatoire des catholiques. Tout ce qui prête à calmer les peines morales, à faire filtrer dans le cœur humain un baume consolateur, doit faire partie de la religion. Les réformateurs du catholicisme ont eu tort d'éloigner le purgatoire, de refuser une station expiatoire aux âmes , car ce temps d'épreuve est logique avec notre imperfection
morale y et la faculté que bous a\'ons en nous de nous repentir du mal que nous avons commis et d'effacer le passé par l'avenir. Comme personne ne peut déchirer le voile qui sépare les morts des vivants, nous qe voyons pas d'inconvénient à leur laisser la douce consolation qu'ils peuvent encore s'aimer et s'entr'aider en deçà et au delà de la tombe.
Les enfants sont responsables de leurs actions à l'âge de huit ans. Jusque-là, ce sont les parents qui en doivent compte à Dieu, Ce n''est qu'au moment où la responsabilité morale des parents cesse, qu'ils doivent faire administrer le baptême à leurs enfants. Cette cérémonie est considérée comme une violation abominable de ce sacre-r ment , si on l'accomplit ay^nt que Tenfanl n^en puisse apprécier l'importance.
La régénération commence au baptême, et devient complète par l'imposition des mains sur la personne baptisée , par le prêtre de l'ordre de Melchisédech; car les ministres de cet ordre peuvent seuls servir d'intermédiaire au Saintr Esprit, qui préside à la solennité du sacrement du baptême.
Le sacrement de la communion est institué et reçu en souvenir de l'expiation de Jésus-Christ,
ainsi ([uc de ses commandement^. En pratiquant ce sacrement , les Saints disent qu'ils peuvent attirer et retenir en eux TEsprit du Seigneur. Le pain et le vin sont les symboles du sacrement de la communion ; mais une révélation du prophète défend aux adeptes de pratiquer ce sacrement avec du pain et du vin provenant des Gentils. Comme jusqu'ici les Saints n'ont du , faute de temps, produire eux-mêmes le précieux .liquide, ils sont autorisés par une révélation à y substituer Peau. Pour justifier cette substitution,' ils disent que ce n'est pas la nature de Pobjet qu'on prend qui constitue le sacrement de la communion, mais seulement 1^ foi sincère avec laquelle on le pratique. Par cette divine solennité, on n'a d'autre but que celui de prouver au Sauveur que le souvenir de cette expiation est profondément gravé dans le cœur de l'humanité pour laquelle il s'est sacrifié. Ce sont les évoques qui, le jour du Seigneur, administrent le sacrement de la communion. Chaque fidèle accomplit cette solennité sans quitter sa place : on lui reniet là le pain et le breuvage qu'il doit consommer, conformément à la cérémonie.
Lorsque le temps aura permis d'ériger un temple àB.nsSion ou autre succursale désignée
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pour occuper provisoirement le rang d'église métropole , le sacrement du baptême des morts ne pourra être administré ailleurs , excepté à l^ancienne Jérusalem , où l'on doit ériger un temple favorisé du même privilège que celui de la Sion de l'Etat du Missouri. Des fonts spéciaux seront Construits dans ces temples métropolitains, avec une magnificence qui égalera celle de l'édifice. Suivant les Mormons, le baptême des morts fut institué avant la formation du monde y et ne doit être reçu que dans les temples où sont les clés du sacré sacerdoce, et la source de la gloire divine.
La sixième Êpître générale ordonne aux Saints qui se trouvent répandus sur toute la terre, de se réunir au siège de la secte, d'y payer exactement la dîme ; afin qu'on puisse, avec ces ressources, élever aussitôt que possible un temple où le baptême des morts et des vivants pouiTa être administré. La même épilre ajoute : 11 faut, pour obtenir une place au ciel, posséder un temple terrestre. Si les adeptes contreviennent aux ordonnances du temple, négligent d'acquitter ponctuellement la dime en sa favmir, Jésus les proclamera brigands, voleurs, pour avoir ainsi abandonné le chemin du
ciel qu'on leur avait indiqué. Une stricte obscryation des ordonnances du temple est aussi indispensable au fidèle pour se régénérer complètement y que le baptême lui est nécessaire pour obtenir un salut partiel. La voix du pasteur de Dieu, ajoute Tépitre citée plus haut, crie : Que tous les saints de la terre se hâtent de rejoindre mon troupeau.
D'après les théologiens mormons , il semblerait que la foi s'obtiendrait par les efforts de l'esprit, ainsi que le pouvoir d'accomplir des choses sacrées et surnaturelles. L'esprit et le corps, poursuivent-ils, resteraient inactifs, ou plutôt seraient condamnés à l'inactivité absolue, si le premier ne croyait pas aux choses invisibles et ne possédait un principe d'action sur tous les êtres intelligents. C'est par le travail de l'esprit que la foi s'opère en»vous , comme c'est par la foi que nous obtenons toutes les félicités temporales , spirituelles et le pouvoir d'agir. Ces nouveaux théologiens accordent un principe de vie à tout ce qui compose l'univers. La terre, les minéraux, le règne végétal possèdent un prfncipe de vie passible du contrôle des êtres intelligents. En résumé , la foi s'obtient par l'activité de notre esprit , et constitue le principe fonda-
mental à l'aide duquel nous pouYor^ atteinc^rç au rang des dieux ; car ce principe possède une puissance illimitée sur toute chose.
II n'est pas sans intérêt de dire comment les Mormons expliquent les lois morales en renioiytant à leur source commune.
On se rappelle que dans son dernier sermon , le prophète a déclaré que Dieu n'a pu se créer soi-même. La source de ce Dieu primitif est une . intellig^ince innée, préexistante, sans fin ni commencement. Suivant le dogme de l'Église mormone, la création de l'univers se fit ainsi : deux molécules de matière élémentaire se sont réunies, puis consultées. Dans ce premier entretien, elles ont comparé leur intelligence respective, après quoi elles 0£|t appelé un troisième atosne dans ce conseil. Ces trois parcelles, formant alors une seule volonté, devinrent le grand pouvoir primordial qui resta depuis sans rival, en raison de sa priorité. Ayant la liberté d'agir sur les autres molécules, ce premier pouvoir les attirait constamment à lui, et augmentait la puissance de sa volonté dans les proportions de l'accroissement de son volume. De sorte que, depuis ce moment, il n'a cessé de progresser et ne cessera jamais de le faire , puisque son pou-
Toîr est sc^s c.9ntrô.te et saps lioiitç. De, là riejftt cette essence divine qu'ojft nomme lois, morale^,^ qui se gouverueBt elles-mêmes en gouvernaat toute chose. De là émane, Téteruel évapgile qui constitue la loi naturelle. E!eJà aussi jaillit yi^ Dieu qui, à son tour, ep engendra d'autres par l'efifet de sa propre volonté. Ainsi procéda la création jusqu'ici , et continuera de le. fai^e éternellement de la même manière.
Les lois de l^harmonie et de la propagation exigeaient \a^ création de deux sexes chez to.us les êtres , et les deux sexes furent créés. Ces loi§ voulaient aussi qu'il existât plusieurs c|egrés de perfection parmi toutes les créatures, et cela fut étabU. Chaque système planétaire possède 4^s êtres d'une intelligence plus ou moins parfaite , et d'une perfection progressive. Mais con^mq l'intelligence du Dieu primitif progresse aussi sans cesse , celle des créature? et des dieux inférieurs ne pourra jamais l'égaler. \j^ Dieu père ou primordial est la source et l'origine de tons les ruissaux intellectuels qui alimentent et vivifient l'univers.
Il est des anges dont la mission est de parcourir tous les systèmes planétaires pour y transipettre les niessages des dieux. C'est aiqsi qug
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certains iportels sont informés ici-bas des volontés du ciel. Ce fut ainsi que Joseph reçut de Fange Moroni l'ordre de rétablir le vrai culte de Jésus-Christ , tel que les Mormons le pratiquent et tel qu'il est censé avoir été révélé à leur prophète dans toute sa pureté divine et originelle.
Poursuivons la curieuse théorie de Joseph.
L'esprit ne fut pas créé , non , dit-il ; c'est un élément qui fut et sera de toute éternité. Supposez que Dieu a le pouvoir de créer l'esprit de l'homme, c'est dégrader l'humanité. 11 existe donc autant d'esprits distincts que d'êtres intelligents , puisque chacun de nous est complètement créé avant d'apparaître en ce monde. Ces esprits ont le choix de rester dans leur état primitif, ou de prendre une enveloppe matérielle et de se placer au-dessous de toute chose , afin de pouvoir ensuite s'élever au-dessus, de toute chose. C'est par ce moyen seul qu'ils peuvent se procurer une gloire bien supérieure à celle dont ils jouissaient dans le ciel avant de prendre cette forme humaine. Ces remarques expliquent la cause de notre présence sur terre. Si les esprits n'ambitionnaient pas une gloire -plus éclatante que celle qui est la conséquence de leur existence naturelle, ils reculeraient devant les tribulations
qui les attendent ici-bas. Mais les brillantes promesses que leur fait TaYenir, les déterminent tous à supporter ce rigoureux temps d'épreuve. En devenant simples mortels, ces esprits perdent le souvenir de leur état primitif; c'est pourquoi ils travaillent à reconquérir, par le salut, lA perfection , le bonheur et la puissance des dieux.
Lorsque Tesprit prend possession d'un tabernacle, l'homme est créé et devient à la fois un être matériel et spirituel. Selon le dogme des Mormons, cette union s'opère dès que Tembryoh se forme. Pour ce motif, l'homme est un être dithéisme ; il se compose de deux principes élémentaires, dont l'un est visible et palpable; et l'autre invisible et insaisissable. L'esprit est , comme le corps, une matière ; elle est seulement plus raSinée, plus subtile, plus élémentaire,* qualités qui lui permettent de vivifier et de contrôler le tabernacle qu'il a bien voulu se donner. L'esprit ne peut être visible aux mortels que par un miracle. 11 circule à travers le corps comme le fluide électrique le fait à travers la terre. Néanmoins, il est en réalité plus subtil, plus substantiel que le corps; car il ne peut subir aucun changement, ni être anéanti ou détruit. Il est même supérieur' à Dieu, puisque Dieu fut
créé par Tesprit, et qiie T^dsprU ne peut Votre par Dieu. La mort ne produit sur nous d'autre effet que la séparation du corps d'a\ec l'écrit ; mais l'esprit n'en garde pas mm& de vue Tenveloppe dont la mort Ta dépouillé; et au jour solennel de la résurrection , Tesprit saura bien réunir jusqu'au moindre atome de son précieux tabernajcle pour former avec lui une seconde et éternelle union.
La mort est l'œuvre de la désobéissance d'Adam, désigné dans la Bible mormone sous le nom de grand patriarche Michaël. Adam ne mangear'le fruit défendu qu'avec connaissance de cause; c'est-à-dire qu'il savait que sa chute serait la conséquence de sa transgression aux ordres du Créateur. Mais cette trangression était inévitaUe, puisqu'elle était inhérente à la nature indépendante de l'esprit éternel constituaut le pri{\cipe vital du grand patriarche, ainsi qu'il le CQi^titue çhe2& tous les Ares intelligents. Adam savait que l'esprit pouvait se pjrocurer un taberuaç^ mortel par l'intermédiaire de la femme. U sava.it qu'il ne dépea;Mkait que de lui de s'élever en gloire et en puissance en acceptant l'épreuve que l'avenir lui offrait dans ce genre d'existence. L'espçit qui çefuse de conquérir eu ce iu<»ide la
LES MOI^Ai-ONS. i9V>
ppissapçe céleste en i:çpjoy5sai3.t les. doctçîpes qui peuyentseules effectiiej.'sa régénération, retombe, après sa mort, ou plutôt après 1^ mort de sou corps, dans une condition plus dçgéné^ eucore que celle qu'il a quittée en subissant l'ijafluence mortelle ; s'il persiste à suivre la nçiauvaise voie,; il tombe de dégradation en dégradation, jusqu'au jour où la honte et le repentir opèrent sa conversion au bien , en lui montrant la vérité dans son éclat irrécusable. Dès que cet esprit dégradé et abject s'est repenti^ il reprend §on essor dans h sphère de la perfection , çt ne s'arrête que dans les régions célestes.
On raçontç que l'un des plus célèbres apôtres des Mormons, aujourd'hui pxésident d'uj?e succursale, homnie d'un talent remarquable comme publiciste et théologien, senjj^ait révoquer çfi doute certaines parties du dognçie , et maïuÇçstait même, l'inteutiou d'abaudoftueç le çylte, lorsqu'un ange lui apparut pour dissiper se^ toutes et raffermir sa foii. Le céleste messager lui dit ^ue s'il rejetai^ 1^ çvUte di^ pro^ phète, il serait contraint, à sa mort, de prendre, le tabernacle d\m nègre. Cettet menace sufftt pour remplacer cbez l'apôtre chancelant le doute par la plus fervente çoftvictioBf,.
tW LES MORMONS.
Le nègre est fort mal traité par le culte de Joseph. C'est un être mau^t , condamné à la plus vile servitude en ce monde et dans l'autre. Le nègre le plus favorisé du destin ne peut compter que sur un faible reflet de gloire dans le séjour éternel. En un mot, selon le dogme mormon, le ûègre est le paria du ciel et de la terre.
L'indien est de même un être abject ; mais les peaux rouges n'ont été maudites que pour leur teint et leur indolence. Le repentir, l'obéissance, la conversion sincère au culte du prophète suffisent à l'Indien pour pouvoir retrouver sa gloire et sa beauté primitives, et se rendre digne des Juifs delU Palestine , ses ancêtres.
Le tabernacle d'un Indien n'inflige qu'un châtiment temporaire au Mormon, qui est condamné à l'accepter après sa mort pour prix de ses transgressions aux préceptes de Joseph.
Aussi dégradant que soit considér^jlc tabernacle d'un nègre aux yeux des sectaires, il ne l'est cependant pas assez pour infliger les plus rigoureuses punitions méritées par leis plus endurcis des adeptes. Pour ces derniers, il est un châtiment plus vil encore que celui de leur donner le tabernacle d'un Africain; on leur impose
LES MORJlOiNS, , ÎOl
celui d'une brute, alin de les dompter en leur inspirant la honte et le repentir : c'est en les traftant ainsi qu'on les remet sur le chemin de la gloire céleste.
Les animaux domestiques pleins de vices et de méchanceté, se plaisant à abreuver leurs maîtres de vicissitudes, de tels animaux, disonsnous, sont considérés, par les Mormons comme étant possédés de l'esprit d'un mauvais sectaire qui, par son incrédulité et ses méfaits, a été obligé de prendre à sa mort le tabernacle de cette bête brute.
Dans ce travail, notre tâche doit se borner à la reproduction des doctrines de cette secte^ laissant au lecteur la liberté de les commenter comme bon lui semblera et de faire ressortir les contradictions qui se peuvent rencontrer dans ce dogme. En pareille matière, la discussion est facile, puisque chacun peut récuser les preuves de son antagoniste. Il est bien aisé de repousser un dogme comme étant mensonger |aux yeux de la raison; mais on ne peut se permettre de le rectifier avec pleine connaissance de cause. D'ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que le culte de Joseph est basé sur des doctrines progressives. Il s'épure chaque jour, et ne i>eut manauer, par
^Oà ' LES MORMOîfs.
la suite, de se dépouiller des erreurs grossières qu'on lui peut reprocher aujourd'hui. C'est dans la sagesse des successeurs du prophète que réside le succès définitif de son œuvre téméraire.