‹ Les morphinomanesChapitre 24 sur 48 · C. — Troubles des fonctions génitales · texte numérisé non relu

C. — Troubles des fonctions génitales

- Nous avons vu que, si l'intoxicalion chronique par la morphine déterminait une frigidité souvent absolue et exploitée parfois par des maris désireux de détourner les soupçons de leurs épouses légitimes ou d'assurer la tranquillité de leurs nuits, l'abstinence s'accompagnait d'une excitation génésique assez vive se traduisant par des rêves, des érections et des impulsions éro tiques irrésistibles. Dans un roman un peu fantaisiste destiné à initier le grand public à la morphinomanie, l'auteur parle d'une habituée du Café Américain qui se privait volontairement de sa dose habituelle de morphine pour se montrer d'une amabilité particulière avec ceux de ses clients dont la bourse paraissait valoir un pareil sacrifice. Je doute que beaucoup de celles de ces dames qui sacrifient à la morphine poussent aussi loin le sentiment des devoirs professionnels; mais ce phénomène physio-pathologique n'en est pas moins indéniable.

A cela se borne, à peu près, ce que nous savons de l'influence de l'abstinence morphinique sur les phénomènes de la vie génitale. Là, comme sur la plupart des autres points de l'histoire de la morphinomanie, de grandes lacimes sont encore à combler : il serait, par exemple, intéressant de connaître l'influence que cet état tout spécial peut exercer sur la conception et de chercher si les enfants procréés sous son influence ne sont pas, comme ceux conçus sous l'influence de l'ivresse alcoolique, voués à une tare héréditaire fatale.

Page 1