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I. Troubles de la sensibilité

a. AnestheSies et Analgésies. — Anesthésie et analgésie de ia peau et des muqueuses. — Amblyopie. — Anacousie.

p. Hyperesthésies. — Contractures douloureuses, — (^rampes musculaires.

Pseudesthésies. — Illusions et hallucinations de la vue. - Chancrement do grandeur des objets : micropsie et macropsie. — Ohan- ^cment de forme des objets. - Changement de couleur des obfcls • chromatopsie. - Vision d'ombres, d'animaux, de ûgurcs humaines. — Vision de corps en mouvement. — Illusions et hallucinalions de l'ouïe. — Hallucinations élémentaires. — Sons, bruits. — Hallucinations verbales, voix.

Illusions et hallucinations du toucher. — Sensations tactiles. — Sensations de corps étrangers à la surface et dans l'épaisseur de la peau et des muqueuses : vers, insectes, microbes, cristaux de cocaïne.

Illusions et hallucinations de la sensibilité musculaire. — Hyperesthésie musculaire. — Sensation de chocs et d'étincelles électriques.

-Illusions et hallucinations de la sensibilité générale (cœnesthesique). — Sensation d'absence, de déplacements, de chutes, d'obstruction d'organes.

n. Troubles de la motilité. — Hyperexcitabilité musculaire. — Convulsions. — Attaques convulsives hystériformes et épilcptiformes.

ni. Troubles de l'intelligence. — Affaibhssement des facultés intellectuelles et de la volonté. — Dépression mélancolique. — Préoccupations et conceptions débrantes, hypochondriaques ; idées de persécution ayant pour point de départ et pour thème les troubles de la sensibilité.

IV. Trou(>les de la vie organique. — Anorexie. — Amaigrissement. — Cachexie.

Il me reste, avant de clore ce paragraphe consacré à la complication la plus grave et peut-être la plus commune de la morpliinomanie, à examiner brièvement deux points de doctrine qui ont donné lieu, en 1889, au sein de la

Société médico-psychologique, à une discussion que des questions un peu oiseuses de priorité ont légèrement passionnée.

M. Pichon avait un instant pensé que les troubles psychosensoriels qui donnent aux observations de morphinococaïnomanie une pliysionomie si particulière dépendaient beaucoup moins, non seulement de l'intoxication morphinique, la chose est certaine, mais même de l'intoxication cocaïnique, que de l'existence d'un appoint alcoolique : « Ma conviction, disait-il, est que les hallucinations sont très rares aussi bien dans le morphinisme que dans le cocaïnisme et que, quand on les trouve, elles sont dues, le plus souvent, à un élément coexistant : l'alcoolisme, dans la grande majorité des cas. » Cette assertion me paraît, comme à M. Saury, un peu aventureuse. Pas plus que mon malade G..., le malade présenté par M. Saury n'avouait d'antécédents alcooliques et ne présentait de signes d'alcoolisme habituel. La symptomatologie du délire psychosensoriel cocaïnique est bien différente de celle du délire dû à l'alcool et, pour ne parler que des hallucinations, celles de la vue qui occupent le premier rang chez les alcooliques sont de beaucoup primées, chez les cocaïniques, par celles du toucher et de la sensibilité générale qui offrent, chez ces malades, une forme, une modalité constantes et caractéristiques. Il arrive môme' que ces dernières occupent presque seules la scène, comme le montre un fait très significatif de M. Magnan : Une dame de 35 ans; nerveuse, extrêmement impressionnable, mais nullement alcoolique, atteinte d'une longue et douloureuse maladie et traitée par des applications de compresses imbibées d'une solution de cocaïne sur des abcès qu'elle avait en diverses régions du corps, fut prise, au bout de six semaines, de troubles intellectuels pour lesquels on consulta cet éminént aliéniste. M. Magnan trouva la malade sombre, anxieuse, gémissante et se préoccupant vivement de petites taches noirâtres que présentait l'épiderme déchiré autour de ses ongles : elle les arrachait avec effroi et disait y voir des insectes qu'elle sentait aussi dans sa peau et qui la rongeaient. Elle en apercevait également sur ses vêtements et s'efforçait d'arracher tout brin de laine qui semblait un peu noir. Il serait cependant possible, mais c'est là une hypothèse à vérifier, que chez les alcooliques morphino-

COMPLICATIONS DE LA MORPHINOMANIE

cocaïnomanes, les troubles sensoriels présentassent une modalité particulière et une prédominance du côté des fonctions visuelles. ^

MM. Séglas etPichon, d'autre part, ont soutenu, en s appuyant sur l'autorité d'Erlenmeyer, que le morpliinisme et le èocaïnisme isolés étaient impuissants à déterminer les troubles psycho-sensoriels que l'on observe chez les morphino-cocaïnomanes et que la réunion de ces deux intoxications était une condition sine qiia non de l'existence de ces éléments pathologiques. Pour eux, en un mot, comme pour le médecin de Bendorf, la morphinomanie serait, non une affection composée résultant de la coexistence du morphinisme et du cocaïnisme, mais une affection hybride due à la combinaison de ces deux intoxications. Cette observation, cependant, paraît être une simple vue de l'esprit car, ainsi que l'a fait remarquer très justement M. Saury, l'administration exclusive de la cocaïne donne lieu à tous les phénomènes pathologiques observés chez les morphino-cocaïnomanes, comme le montrent un certain nombre d'observations cliniques, entre autres celles de Mattison et Heimann et les expériences bien connues de MM. Laborde, Lafond et Ch. Richet auxquelles, faute de place, je me borne à renvoyer le lecteur.

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