‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 11 sur 277 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

notabilité politique, écrit le professeur BrouardeP, l'imagination est portée à exagérer les choses et à trouver extraordinaire ce qui eût été naturel chez un bourgeois. Parcourez l'histoire de France : vous serez souvent arrêtés par des faits pareils et bon nombre de princes et de princesses, qu'on a cru empoisonnées, sont morts d'affections fort naturelles. » Rien n'est plus juste, et l'homme de science se trouve — alliance inattendue ! — d'accord avec le poète sur ce point : « Il y a deux choses, a dit Alfred de Vigny, que l'on conteste bien souvent aux rois : leur naissance et leur mort. On ne veut pas que l'une soit légitime ni l'autre naturelle. »

Le temps n'est plus toutefois où Ton considérait les rois comme d'essence divine; où l'on matérialisait, pour ainsi dire, leur immortalité en assignant à leur existence l'éternité de leur gloire. La science détruit brutalement les légendes et si les amateurs de merveilleux y perdent, les amis de la vérité n'ont qu'à y gagner.

Est-il bien opportun, nous objectera-t-on peutêtre, de surprendre les grandes figures en posture vulgaire et quasi grotesque? En nous révélant leurs infirmités, en écartant les rideaux de l'alcôve où ils agonisent, ne craignez-vous pas de nous les montrer sous leur aspect le plus répugnant? L'objection est de peu de poids, les prétendus incon-

La mon et la mort subite, par P. Brouardel. Paris, 1895.

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