‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 111 sur 277 · Berthevin, op, cit.j p. 6o · texte numérisé non relu

Berthevin, op, cit.j p. 6o

tiôi, une dame, logée près de la Bastille, avait vu en songe que Henri II avait été blessé et abattu parterre, d'un coup de lance dans l'œil, et que l'éclat en avait rejailli dans l'oreille du dauphin, qui eh avait été renversé mort auprès de son père : ce qui marquait que le dauphin François ne lui survivrait pas longtemps. Nous verrons que François 11 succomba— bizarre coïncidence* ! — à une affection qui commença par l'oreille.

Pour Henri II, le songe se réalisa pareillement.

A l'occasion du mariage de la fille du roi, Elisabeth de France, avec Philippe 11, qui eut lieu le 26 Juin 1559, des tournois avaient été organisés.

Une lice avait été dressée à l'extrémité de la rue Saint-Antoine, sur une place assez vaste qui s'étendait entre le palais des Tournelleset la Bastille. On sait en quoi consistaient alors les tournois. . Les deux champions entièrement revêtus d'une solide armure, se tenaient l'un à droite, l'autre à gauche d'une barrière haute d'un mètre et demi environ, le long de laquelle ils devaient courir sans jamais la toucher du genou. Au bruit des trom-

1. Etant dauphin, Henri 11 avait crevé un œil à son écuyer. Juste retour des choses d'ici-bas, il recevait à son tour, quelques années plus tard, une blessure mortelle d«ns la même région :

« Quand il pleuvait et qu'il ne pouvait sortir dehors, il fallait au dedans choisir force autres passe-temps dont il n'y en avait point manque, ou à jouer avec les dames ou avec les gentilshommes, tirer des armes, qu'il avait bien en main, et trop pour M. de Boucard, son écuyer, auquel il creva Pœil étant monsieur le Dauphin, dont il lui en demanda pardon, car c'était un fort honnête et brave gentilhomme, du depuis en nos guerres, il se fit huguenot. » Eudel du Gord, Fragm, bist. sur Us derniers yahis, p. 81.

pettes et des clairons, ils s'élançaient l'un sur l'autre la lance en arrêt et chacun deux cherchait à désarçonner son adversaire. Si les deux lances se rompaient sans que ni l'un ni l'autre eussent chancelé sur leurs montures, les applaudissements éclataient de toutes parts*.

11 y avait déjà quelques jours que duraient ces carrousels, lorsqu'il prit envie au roi, le 29 juin, de prendre part au tournoi.

Chacun des tenants du tournoi devait lutter successivement avec trois assaillants. Le duc de Savoie se présenta le premier contre le roi, le duc de Guise lui succéda, puis le jeune Gabriel de Montgomery, sieur de Lorges, et Henri montra dans ces trois rencontres sa vigueur accoutumée. 11 ne put se résoudre à abandonner si tôt la lice, et, contre l'usage, il voulut fournir encore une course avec Montgomery. Celui-ci dut obéir. Au signal donné, les deux champions se précipitèrent l'un contre l'autre.

I. Henri 11 y arriva ce jour-là, portant sur sa riche armure les couleurs de sa dame, de sa vieille maîtresse Diane, qui comptait alors près de soixante ans. (Cf. Franklin, Grandes scènes historiques de xvi« siècle.)

« Henri 11, voulant célébrer les noces de madame sa fille et de madame sa sœur avec toutes les somptuosités et magnificences qu'il pût, dressa un tournoi solennel contre tous venants, et lui, monsieur de Ferra re, monsieur de Guise et monsieur de Nemours furent les quatre venants.

« U portait pour livrée, blanc et noir, qui était la sienne ordinaire, cause de la belle veuve qu'il servait.

« Monsieur de Guise, son blanc et incarnat qu'il n'a jamais quitté, pour une dame que je dirais, qu'il servit étant fille à la cour.

« Monsieur de Ferrare, jaune et rouge. Et monsieur de Nemours, jaune et noir. » Cf. Fragment historiques sur les derniers yahis, par Armand Eudel du Gord, p. 74-75.

Leurs lances s'étant brisées, le roi, qui avait malheureusement la visière de son casque levée, lot blessé à Tœil d'un éclat de lance, il chancela sur son cheval, et soutenu par ses officiers, fut transporté »u château des Tournelles *.

Mézerai a fait 4e l'épisode un récit qui n'est pas seulement dramatique mais qui est d'une précision dans les détails qu'il importe ici de souligner, pour les considérations dont nous le

ferons suivre.

11 arriva, dit Mézerai, que ce seigneur (Montgomery), ayant rompu sa lance contre son plastron, l'atteignit encore du tronçon qui lui restoit à la rmin , aip-dessus du sourcil de Poil droit. Le coup fut si grand qu'il le renversa par terre et lui fit perdre la connaissance et la parole; il ne les recouvra jamais plus, d'où Ton peut convaincre de faux tous les différents discours que les uns et les autres lui mirent à la bouche ^ selon leurs intérêts et leurs passions. Toutefois il vécut encore près de on^e jours et ne rendit le dernier soupii que le dixième juillet. »

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